Vuemba décèle le piège du nouveau dialogue de Joseph Kabila

L’une des voix les plus écoutées de l’opposition. En tout cas, qui suit les traces de Jean-Claude Vuemba s’assure de ce que la vraie opposition pense ou envisage d’entreprendre. Il avait été parmi les premiers à boycotter les Concertations nationales.

Les faits lui ont donné raison. Encore le premier aujourd’hui à mettre en garde, à appeler à la prudence quant à l’annonce d’un nouveau dialogue sortie de la bouche de Lambert Mende. Il n’y voit pas la moindre bonne foi mais plutôt un piège tendu à l’opposition de la part d’un Kabila dos au mur. Un piège monté sur l’alléchante offre d’un partage de pouvoir, quitte à permettre à Joseph Kabila de prolonger. En fait, obtenir de la vraie opposition ce que le très impopulaire Léon Kengo n’a pas réussi à offrir à Kabila. A Bruno Mavungu et Vital Kamerhe d’être avertis.

 

L’opposition a tant réclamé un vrai Dialogue. Maintenant là, le pouvoir vous l’accorde. Etes-vous satisfaits?

Ce n’est pas au pouvoir d’accorder un Dialogue. Un Dialogue se fait entre deux parties, l’opposition et la majorité. La majorité de Kabila a déjà fait son Dialogue lors des concertations nationales. Les participants à ces assises ont venté l’opposition républicaine d’alors des vrais patriotes et démocrates. Nous autres, les Vuemba, Diongo, Bussa, l’UDPS et consorts avons été traités d’extrémistes. Le pouvoir de Kabila se retrouve simplement dos au mur et cherche une issue. Ce n’est pas de bonne foi que ce dialogue est envisagé.

Etes-vous prêt à participer à ce dialogue?

ça dépend de quel Dialogue. Au nom du MPRC, nous sommes contre tout dialogue qui viendrait distraire le peuple. Le MPRC propose une rencontre formelle, un face à face entre les gouvernants et la véritable opposition pour que nous puissions parler de quatre questions.

Lequelles?

La première des choses, c’est non à la révision Constitutionnelle, non à un troisième mandat pour Kabila. Nous exigeons également le départ de l’expert du gouvernement en matière de paix et sécurité. Souvenez-vous de l’initiateur d’Amani 1 et 2. C’est le même expert qui a conduit la délégation Rd-Congolaise à Kampala. C’est maintenant lui qu’on retrouve à la tête de la CENI.

Vous parlez de Malumalu?

Curé de son état. Il doit partir pour laisser la place à la véritable société civile. Il sera aussi question de réhabiliter le second tour de l’élection présidentielle. Il y a aussi le vote de la diaspora pour que nos compatriotes de l’extérieur se sentent impliqués dans le processus électoral.

Vous voulez élargir le vote à la diaspora alors que le gouvernement se plaint qu’il n’y a pas assez de moyens?

Mettre en avant cet argument, c’est faire fi de tous les Congolais de la diaspora. La démocratie coûte et il faut mettre les moyens. Nous proposons de discuter également de la question de la double nationalité. Il faut favoriser le retour de la toute crème intellectuelle expatriée partout dans le monde.

Certains pensent que demander le départ de Malumalu, c’est faire le jeu de Kabila parce que ça va retarder le processus électoral. Il faudra du temps pour désigner un autre à la tête de la CENI?

Vous savez que Malumalu est membre fondateur du PPRD. Aujourd’hui, ce PPRD est en contradiction avec le MSR, deuxième partie phare de la majorité kabiliste après le PPRD. C’est clair que le MSR est en désaccord avec le PPRD. Malumalu est en mauvaise posture par rapport au PPRD qui vient de se rendre compte qu’on leur fait un bébé dans le dos.

S’il y a un nouveau dialogue, quelle place réservée à vos collègues de l’opposition qui ont pris part aux Concertations nationales?

Nous étions surpris de voir ces collègues qui ont participé aux concertations revenir dans nos réunions depuis un certain temps. Je poserai la question aux présidents des forces politiques et sociales pour l’unité d’action, où est-ce que nous allons avec les ex-opposants qui sont encore dans l’anti-chambre de Kabila.

Vous les appelez ex-opposants?

Est-ce que vous les avaient entendus décrier la révision de la Constitution ou un troisième mandat pour Joseph Kabila, pas du tout. Leur autorité morale, Léon Kengo avait été très clair. Il allait soutenir la révision Constitutionnelle enfin que Kabila soit maintenue au pouvoir au delà de 2016. Il avait annoncé les couleurs à la dernière rentrée parlementaire. Mes ex-amis néanmoins frères se sont livrés à un jeu hasardeux jusqu’à ce qu’ils se sont rendus compte que Kabila les a roulés dans la farine. Maintenant, ils veulent redevenir opposants. Soyons sérieux.

Quelle perspective vous offre le meeting de N’Djili à la place Saint Thérèse

Les trente cinq mille personnes qui étaient là…

Mais le pouvoir parle de cinq mille?

Ils peuvent parler de deux personnes dans leurs chambres à coucher. La communion est désormais là avec le peuple. Le peuple Rd-Congolais a suivi à travers les médias ce meeting. Le message est bien passé. Nous avions voulu communier avec ce peuple.

C’est pour cela que nous l’avions fait un lundi, un jour ouvrable pour prouver notre capacité de mobilisation. A partir de ce moment nous disons que c’est la première communion. La prochaine fois, nous irons à Matadi, Bandundu-ville, Mbandaka, Goma, Bukavu, dans toutes les capitales des provinces pour que le peuple se mobilise contre la révision. Nous terminerons à Lubumbashi.

L’arrestation d’Ewanga accusée d’avoir eu des propos offensants à l’endroit du chef de l’Etat. C’est quand même grave de votre part à vous opposants de ne pas avoir des égards vis-à-vis du président de la République?

J’étais au meeting, je n’ai pas entendu les propos mis à charge de Bertrand Ewanga. Son arrestation montre que l’ANR reste une police politique au service d’un camp politique. Comment expliquez-vous des agents de l’ANR débarquent chez un député à six heures du matin pour l’amener manu militari dans leurs installations. Quand Kalev a compris la bavure, il a vite fait de transférer Ewanga au Parquet général de la République. De là une résidence surveillée qui a conduit Ewanga plutôt à Makala sans tenir compte de l’immunité parlementaire.

On parle d’une crise à la CENI, qu’est-ce vous en savez?

Ce n’est même plus une crise. C’est une affaire grave de déstabilisation de la CENI par l’expert du gouvernement.

Comment il déstabilise sa propre institution?

Malumalu a commencé par récupérer tous ses amis et copains en commençant par Misoni. Une tentative Dans les nominations des chefs d’antennes, il n’y a que des personnes proches, sinon des membres du MSR. Une sorte de tentative de noyauter le processus électoral au profit du MSR. Si Boshab, Shadari, Minaku n’y prennent pas garde, ils se réveilleront en retard.

 

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