Hollande préfère l’Etat islamique à Bachar

Décidément, François Hollande ne nous aura épargné aucune humiliation, tant sa méconnaissance de la géopolitique se révèle dévastatrice. Comme je l’écrivais récemment, sa position irréaliste sur le dossier syrien ne pouvait durer bien longtemps. Si en politique intérieure son “art du compromis” se résume à un immobilisme coupable, en politique étrangère il est impératif de savoir trancher entre deux choix, le grand écart et la politique du ni-ni n’étant pas concevables.

En s’obstinant à faire du départ de Bachar el-Assad un préalable non négociable avant toute discussion avec Moscou, notre loser national a obtenu ce qu’il méritait. Nos alliés, lassés par son manque de réalisme, ont fini par écarter la France du débat sur la Syrie. Le sommet de Vienne du 23 octobre s’est déroulé entre les Etats Unis, l’Arabie Saoudite, la Russie et la Turquie, mais sans la France qui a pourtant beaucoup gesticulé ces dernières semaines pour peser dans le dossier syrien. C’est donc un désaveu cinglant infligé à notre président, que les médias serviles se gardent bien d’évoquer.

François Hollande a cru naïvement que deux modestes bombardements sur la Syrie les 27 septembre et 9 octobre, suffiraient à le ramener au centre des décisions concernant le conflit syrien. Mauvaise pioche ! Un soupçon de bons sens et une pincée de jugement auraient mieux fait l’affaire, mais le mot “realpolitik” ne fait pas partie de son vocabulaire.

Le résultat est que l’Europe, pourtant engagée militairement dans la coalition occidentale et principale région à encaisser le choc des flux migratoires syriens, n’avait aucun représentant au sommet de Vienne ! Hollande n’a même pas eu droit à un strapontin de médiateur. En termes d’image et de politique extérieure de la France, difficile de faire pire.

Rappelons que les Russes mènent plus de 120 frappes par semaine avec un indéniable succès comparé au maigre bilan de la coalition occidentale engagée depuis un an. C’est donc le rusé Poutine qui mène le bal, que François Hollande le veuille ou non. Quand Poutine vient débattre accompagné de ses Sukhoï  24 et ses Sukhoï 30, Hollande arrive avec ses droits de l’homme sous le bras. Y a pas photo !

Si Hollande n’a pas été convié, c’est tout simplement parce qu’il n’a rien compris aux priorités du moment. Pour les quatre pays réunis à Vienne, qui ont pourtant des intérêts bien différents, la priorité est de mettre un terme au conflit syrien qui déstabilise tout le Moyen Orient et de détruire l’Etat islamique pourvoyeur de terroristes.

Mais pour François Hollande il n’y a qu’une priorité incontournable, c’est le renversement d’Assad au nom des droits de l’homme, en refusant toute phase de transition qui maintiendrait Assad au pouvoir temporairement. Un tel aveuglement et un tel défaut de bons sens chez notre président dépassent l’entendement. Quant on est le président d’une puissance nucléaire ayant son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, on se doit d’avoir un peu plus de hauteur de vue pour peser sur l’échiquier international. L’étroitesse d’esprit de François Hollande et son jugement étriqué, ne font que rabaisser la France. Une fois de plus il a tout faux et se retrouve sur la touche. C’est pitoyable.

Jacques Guillemain

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