En Inde, le procès de l’assassin présumé de Yann Mbuye, un Congolais (de RDC) abattu fin août 2013 de 3 balles, se poursuit à New Delhi.

La seule témoin occulaire comparaissait, hier, lundi 12 janvier. Cette Congolaise, proche de Yann, avait clairement identifié le meurtrier au lendemain du crime, ce qui avait permis son arrestation. Ce matin, à la barre, elle est revenue sur toutes ses déclarations, à la stupeur générale.

 

Avec le correspondant  RFI à New Delhi, Sebastien Farcis

Passy Lokema avait décrit avec précision à la police et à RFI l’altercation qui avait précédé les coups de feu. Il avait reconnu le visage de l’accusé parmi plusieurs photos puis l’avait désigné, devant la cour, après son arrestation. Ce lundi matin, au bord des larmes, elle a tout nié à la barre : « Le gars qui a tué mon frère, je ne sais plus l’identifier, ça s’est passé y a une année, donc je ne sais pas s’il a changé. Mais dans la salle, il n’était pas là ».

C’était pourtant le même homme, Praveen Rana, qui se trouvait face à elle dans la salle d’audience. Ces derniers jours, les proches de cet accusé sont venus rencontrer le père de Yann à l’ambassade du Congo. Ils auraient avoué la culpabilité de Praveen et demandé à négocier un accord. Il se peut qu’ils aient réussi.

Pierre Mbuye, le père de la victime, assure lui vouloir connaître la vérité sur la mort de son fils mais il estime que ce procès a été truqué : « Les pièces convaincantes ont été trafiquées, les vidéos sans date, sans heure, ca ne reprsénte rien. On ne voit même pas les contours. Tout a été flouté pour les besoins de la cause». Le procureur va maintenant essayer d’incriminer Praveen grâce au pistolet retrouvé chez lui, mais, dit-il, cela s’avèrera difficile.