Faute de preuves, la justice sud-africaine, a acquitté 15 des 20 Congolais accusés de « complot visant à assassiner Joseph Kabila » : « « Il vaut mieux vivre en enfer qu’être en prison en Afrique du Sud. J’ai passé 21 mois, 23 heures par jour, enfermé dans une cellule d’un mètre carré. J’ai aussi fait partie des gens qui ont été torturés et envoyés à l’hôpital », s’est plaint David Muyembe Bakajika, dans une déclaration à la presse. Un autre ancien prévenu a dit être « très en colère » parce qu’il se savait « innocent » durant toute sa détention.

« Depuis le début, je savais que ce jour arriverait, car j’étais innocent. Mais, je suis très en colère car on a décidé de nous mettre en prison pendant deux ans pour rien! », a regretté James Jacob Mapima. « Dès leur sortie, les prévenus ont aussi affirmé avoir subi des mauvais traitements durant leur incarcération. A leur sortie du tribunal, les anciens détenus, qui avaient comparu les chaînes au pied, ont été accueillis par une cinquantaine de soutiens qui ont lancé des slogans anti-Kabila », rapporte l’AFP.

La justice sud-africaine, qui a acquitté « faute de preuves » 15 des 20 Congolais accusés de « complot visant à assassiner leur président Joseph Kabila », a accordé vendredi 28 novembre 2014 à Pretoria la « liberté surveillée » contre une caution de 10 000 rands (720 euros) à Etienne Kabila, leader présumé due groupe, tous emprisonnés après leur arrestation le 5 février 2013.

Restent en détention, James Kazongo (Américain d’origine congolaise), Lundula Masikini, Jeef Kilele Mukuti et Adrien Kilele qui sont poursuivis pour « activités mercenaires et conspiration en vue d’assassinat ».

Le juge du Tribunal régional  de Pretoria ayant levé l’ensemble des charges suivant les recommandations du procureur, leur avocat a expliqué à la presse que « les nombreux témoins, qui ont été entendus, ont clairement montré que les charges contre ces quinze accusés n’étaient pas aussi lourdes que ce que pensait l’accusation ».

« Je suis ravi pour les quinze acquittés mais je demeure inquiet pour ceux qui restent incarcérés », a déclaré Me Thesigan Pillay.

« Torturés et envoyés à l’hôpital »

« « Il vaut mieux vivre en enfer qu’être en prison en Afrique du Sud. J’ai passé 21 mois, 23 heures par jour, enfermé dans une cellule d’un mètre carré. J’ai aussi fait partie des gens qui ont été torturés et envoyés à l’hôpital », s’est plaint David Muyembe Bakajika, dans une déclaration à la presse.

Un autre ancien prévenu a dit être « très en colère » parce qu’il se savait « innocent » durant toute sa détention. « Depuis le début, je savais que ce jour arriverait, car j’étais innocent. Mais, je suis très en colère car on a décidé de nous mettre en prison pendant deux ans pour rien! », a regretté James Jacob Mapima.

« Dès leur sortie, les prévenus ont aussi affirmé avoir subi des mauvais traitements durant leur incarcération. A leur sortie du tribunal, les anciens détenus, qui avaient comparu les chaînes au pied, ont été accueillis par une cinquantaine de soutiens qui ont lancé des slogans anti-Kabila », rapporte l’AFP.

« Tentative de coup d’Etat visant à renverser le gouvernement de la RDC »

Etienne Kabila et 19 « conspirateurs » présumés, étaient poursuivis pour « tentative de coup d’Etat visant à renverser le gouvernement de la RDC » devant le Tribunal régional de Pretoria (Afrique du Sud) depuis le 27 février 2013.

A l’issue d’une audience « sous haute surveillance policière » au cours de laquelle les prévenus avaient sollicité la liberté provisoire , le procès avait été reporté au 6 mars 2013.

« C’est la défense qui a demandé le report. L’avocat d’Etienne Kabila, l’accusé numéro 20, pour prendre connaissance de ce dossier et mieux préparer sa défense. Et l’avocat des 19 autres accusés, parce qu’il lui semble qu’il pourrait exister un conflit d’intérêt entre ses clients », avait rapporté RFI.

« Tous les accusés n’auraient semble-t-il pas joué le même rôle dans cette affaire. Les accusés numéro 1 et 4, James Kazongo et Kabuka Lugaba Adrien Kilele pourraient avoir besoin d’un avocat pour mieux les représenter. La question doit être tranchée d’ici la semaine prochaine avant une reprise des débats prévue le 6 mars », avait-elle précisé.

En dévoilant les noms de « 19 conspirateurs » congolais arrêtés en Afrique du Sud et inculpés la veille de « tentative de coup d’Etat visant à renverser le gouvernement de la RDC » par un tribunal régional de Pretoria, le porte-parole du gouvernement congolais et ministre des Médias Lambert Mende Omalanga avait affirmé le 8 février 2013 à Kinshasa que ce groupe possédait « de quoi équiper toute une brigade ».

« A partir de novembre 2012, nos services et ceux de Pretoria ont commencé à échanger des informations sur ce groupe avant que 19 d’entre eux ne soient appréhendés en possession de 5.000 fusils AK-47, 50 roquettes TKM, des missiles sol-air, 50 valises satellitaires et 1 000 grenades offensives. De quoi équiper toute une brigade », avait-il expliqué au cours d’une conférence de presse en son cabinet.

Il avait déclaré que « la justice sud-africaine, en jugeant sur son sol les 19 conspirateurs congolais, n’a fait qu’appliquer une loi du pays sur l’assistance militaire étrangère qui interdit les activités de mercenaires non autorisées et permet de les juger en Afrique du Sud ».  Ainsi, a-t-il souligné, « il ne s’agit pas d’une machination ourdie de Kinshasa comme l’a prétendu quelqu’un (non autrement identifié) ».

« Il ressort des minutes de la procédure que ces 19 conspirateurs appartiennent à un groupe appelé l’Union des nationalistes pour le renouveau (UNR) dont l’objectif est subversif. La police sud-africaine était informée depuis novembre 2012 des préparatifs d’actes de subversion et de terrorisme par ce groupe (qui) promettait des concessions minières en échange des soutiens qu’il sollicitait. L’enquête menée à ce sujet a permis de réunir des preuves vidéo, audio ainsi que des documents et photos où l’on peut voir certains conspirateurs poser avec des fusils AK-47 », avait encore affirmé le ministre Lambert Mende.

Il avait aussi indiqué que, « dans ce groupe, se trouve un certain Etienne Kabila, devenu célèbre pour ses activités anti-Kabila, le même qui déjà à Sun City à la faveur du Dialogue intercongolais en 2002, s’évertuait à convaincre que le président Joseph Kabila Kabange n’était pas le fils de son père Mzee Laurent-Désiré Kabila ».

La défense dénonce une « procédure destinée à les piéger »

En attendant la décision du juge du Tribunal régional  de Pretoria (Afrique du Sud) d’« accorder ou non la liberté provisoire » à Etienne Kabila et ses 19 coaccusés, les avocats de la défense avaient dénoncé à l’audience du mercredi 6 mars 2013 « une procédure destinée à les piéger ».

« La plupart de ces accusés sont en Afrique du Sud avec un statut de réfugiés et,  à la lumière des débats, on voit bien que c’est une procédure destinée à les piéger. Et la thèse de la défense, c’est que c’est très facile d’aller dans une communauté de réfugiés et de monter ce type d’opération que vous pourriez difficilement monter ailleurs », avait déclaré l’un d’eux à RFI.

Selon la radio française, « 19 de ces hommes ont été arrêtés début février (2013) dans le Limpopo, dans le nord de l’Afrique du Sud, où, d’après l’accusation, ils se préparaient à recevoir un entraînement militaire en vue de renverser le régime de Kinshasa ».

Déposition du lieutenant-colonel Noel Graem Zeeman

A l’audience du mercredi 06 mars 2013, le procureur sud-africain avait justifié son refus d’accorder la liberté provisoire sollicitée par les 20 accusés, en lisant « longuement » la déposition du lieutenant-colonel Noel Graem Zeeman, membre des Hawks, la  force d’élite de la police sud-africaine, qui a infiltré les présumés comploteurs.

Le policier y racontait « comment, en septembre dernier, la police a été informée que des Congolais s’apprêtaient à recruter des mercenaires en Afrique du Sud pour préparer un coup d’Etat contre le régime de Kinshasa ».

« Deux policiers ont alors infiltré le groupe de comploteurs présumés. Ils leur auraient promis un entraînement militaires, des AK-47 mais aussi des missiles et de l’argent. En échange, les accusés se seraient engagés à payer en concessions minières, rapportant même quelques pépites d’or lors des rendez-vous. Toutes les rencontres entre le mois de septembre et de février ont été enregistrées, des courriels ont été saisis. Autant de preuves qui seront examinées plus tard lors du procès », avait-il affirmé.

Cette déclaration était contenue dans un dossier d’environ 150 pages que le procureur avait dit « prêt » à l’audience du 27 février 2013, « pour s’opposer à la remise en liberté provisoire » des 20 accusés.

« Tous les accusés n’auraient, semble-t-il, pas joué le même rôle dans cette affaire. Les accusés numéro 1 et 4, James Kazongo et Kabuka Lugaba Adrien Kilele pourraient avoir besoin d’un avocat pour mieux les représenter. La question doit être tranchée d’ici la semaine prochaine avant une reprise des débats prévue le 6 mars », avait rapporté RFI.

Les 15 prévenus libérés

Les 15 prévenus sont respectivement :

  1. Amuli Safari
  2. David Muyembe Bakajika
  3. Nelka Tenda
  4. James Jacob Mapima
  5. Joe Nginzi
  6. Félix Basila
  7. Apollinaire Ilonga Manya Mayele
  8. Alain Yoka Maniema
  9. Jean-Paul Kayembe Tambue
  10. Musasa Tshibangu
  11. Erick Zabinga Mubuto
  12. Jean-Pierre Lerulwabo
  13. John Malako
  14. Simon Mbuyi Mukuna
  15. Etienne Tshisekedi (liberté surveillée)

Les 4 prévenus restés en prison

  1. James Kazongo (Américain d’origine congolaise)
  2. Lundula Masikini
  3. Jeef Kilele Mukuti
  4. Adrien Kilele