Nouveau rapport mettant en cause les FARDC: Kinshasa parle d’une forfaiture du bureau Conjoint

Le bureau conjoint de l’ONU aux droits humains, BCNUDH, a accusé mardi dernier les forces de sécurité Congolaises d’être responsables de 58% de violations de droits humains et d’avoir creusé 42 sur les 90 fosses communes découvertes au Kasai. Pour Kinshasa, ces chiffres sont sans fondement et mettent en cause la crédibilité du BCNUDH.

Un jour après la publication du rapport semestriel du bureau conjoint de Nations Unies aux droits de l’homme à Kinshasa, le gouvernement Congolais a qualifié de forfaiture les accusations contenues dans ce rapport selon lesquelles les forces de sécurité Congolaises sont responsables de 58% de violations de droits humains et que les Forces Armées de la RDC sont auteurs de 42 fosses communes sur plus de 80 découvertes au Kasaï.

Lambert Mende Omalanga, ministre Congolais de médias et de la communication, également porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo parle d’une fuite en avant du bureau conjoint de Nations unies aux droits humains. « Ce n’est que le mardi dernier que le gouvernement Congolais a été notifié de la nomination de trois experts internationaux par le Haut commissariat de l’ONU aux droits humains  afin de se joindre à l’équipe Congolaise pour la conduite des enquêtes conjointes. Nous sommes très surpris d’apprendre que le bureau conjoint de l’ONU aux droits humains, qui fait partie du dispositif pour la conduite de cet enquête conjointe, a déjà des conclusions sur ces enquêtes sans même n’avoir déployé des gens sur terrain. Le bureau conjoint indique avoir déjà le nombre total de fosses communes et désigne déjà les Forces Armées de la RDC en tant que responsables, ce qui est déplorable » s’est indigné Lambert Mende Omalanga, qui précise que la justice militaire Congolaise qui  mène les enquêtes préliminaires n’est pas habilitée à avancer des conclusions avant que les deux parties prenantes dans l’enquête conjointe (la RDC et le Haut commissariat de l’ONU aux droits humains) ne soient déployées sur terrain.
Pour Lambert Mende la publication de ces chiffres mettant en cause les forces de l’ordre et de sécurité de la République démocratique du Congo par le bureau Conjoint  est contraire au protocole mis en place à Genève sur l’enquête conjointe sur les violences au Kasaï qui doit être menée par l’ONU et la République démocratique du Congo. « Les équipes du Bureau Conjoint de l’ONU aux droits de l’homme sont à Kananga, à Tshikapa avec leurs homologues de la justice militaire Congolaise pour mener des travaux préliminaires en prélude du lancement de l’enquête par les deux parties de la commission mixte. Pourquoi avancer des chiffres alors que l’enquête n’est encore entreprise. Même les dix fosses communes découvertes avec sept corps par les deux équipes mixtes (bureau conjoint de l’ONU et la justice militaire Congolaise) qui sont sur terrain, n’ont pas été examinés car ce travail doit être fait par les membres de la commission mixte. Comment le bureau Conjoint a eu des informations sur ces fosses communes et à quel moment a-t-il mené des investigations sur ce site? » s’est interrogé le porte-parole du gouvernement Congolais, soulevant le problème de la crédibilité de rapports produits par le bureau conjoint aux droits de l’homme basé à Kinshasa.

« La publication de ce rapport est une tentative de polarisation d’une question sécuritaire et n’affectera pas le déroulement de l’enquête mixte  qui va s’ouvrir au lendemain de l’arrivée de l’équipe de trois experts internationaux nommés par le Haut commissaire de Nations unies aux droits humains qui seront en RDC à partir du 3 septembre prochain » a renchéri Lambert Mende.

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