Les signataires de l’Accord du 31 décembre reprennent, ce mercredi 18 janvier au Centre Interdiocésain, les travaux de conciliation et d’adoption de l’arrangement particulier qui doit régler dans le détail le compromis de la Saint Sylvestre. Après une trêve relativement longue (un week-end prolongé de deux jours fériés), les négociateurs reprendront les discussions là où elles s’étaient arrêtées, à savoir la composition du Gouvernement.

Selon différentes sources concordantes, les débats sur ce sujet vont être torrides. Si, pour la taille du Gouvernement, Majorité et Rassemblement sont tombés assez facilement d’accord, 46 membres, des divergences persisteraient sur le partage des postes ministériels. Le Rassemblement exigerait la répartition à parts égales non seulement des portefeuilles dits de souveraineté mais aussi des 6 autres importants ministères notamment Plan, Budget, Finances, Infrastructures, Économie, PTNTIC. En face, la Majorité présidentielle ne l’entend pas de cette oreille.


Selon des sources généralement bien informées, la MP aurait déposé en début de weekend dernier auprès du bureau de la CENCO, en marge des discussions sur l’arrangement particulier, un document représentatif des poids des partis politiques à l’Assemblée Nationale pour justifier ses exigences d’occuper 65% des postes à pourvoir au sein du futur gouvernement. Ce document reprendrait avec des détails chiffrés le nombre des députés au Parlement.
La médiation avait suggéré que les parties prenantes aux discussions mettent à profit ces derniers jours pour poursuivre en informel ces échanges. Mais renseignement pris, rien n’aurait évolué. Aucune avancée. Cependant, ici et là, les négociateurs sondés affirment sans conviction que les choses marchent, sans dire exactement sur quels points.


Avant la fin de la semaine dernière, Vital Kamerhe et le groupe d’opposants signataires avaient déposé leurs propositions au bureau de la CENCO sur la répartition des portefeuilles ministériels. Des sources qui ont eu accès à ce document font état de 15 ministères pour Kamerhe et son groupe, 15 pour la MP, 11 pour le Rassemblement, 2 pour la Société civile signataire de l’Accord du 18 octobre et 2 pour celle non signataire.


L’autre sujet qui divise la Majorité présidentielle et le Rassemblement, c’est le mode de désignation du futur chef du Gouvernement. La MP demandait au Rassemblement de proposer au chef de l’Etat, Joseph Kabila, d’abord 7 noms avant de s’arrêter à 3. Quitte au président de la République de nommer l’un d’entre eux Premier ministre selon son pouvoir discrétionnaire. Proposition rejetée par le Rassemblement, qui entend soumettre son candidat Premier ministre au chef de l’Etat conformément à l’accord du 31 décembre. A ce niveau la machine sembler grippée.
Pour éviter toute crise, et ce, dans l’intérêt supérieur du pays, des voix s’élèvent dans l’opinion pour demander à la plateforme chère à Etienne Tshisekedi, de proposer 3 noms au président de la République. Cela épargnerait le pays de la perte inutile de temps, car le compte à rebours a déjà commencé.


Le président de la CENCO, Mgr Marcel Utembi, en lançant les travaux sur l’arrangement particulier, le mercredi 11 janvier courant, avait estimé que quatre jours (du 11 au 14) suffiraient amplement pour qu’ils soient achevés. Mais on en est encore à discuter.
Mgr Utembi avait rappelé que “l’accord politique global et inclusif du Centre interdiocésain prévoit l’élaboration et l’adoption par les parties prenantes d’un arrangement particulier faisant partie intégrante dudit accord”.
Il avait également souligné que cette convention est indispensable dans la mesure où il explicite et règle les points relatifs au timing de la mise en application de l’accord ainsi qu’à la formation du gouvernement. Sans oublier, la mise en place du Conseil national de suivi de l’accord, le planning de la redynamisation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le renouvellement des membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC).


L’épiscopat catholique devra taper du poing sur la table et donner un ultimatum aux négociateurs pour qu’ils n’abusent pas de la patience de la population qui attend l’application de l’Accord du 31 décembre. Car, 18 jours après que l’Accord de la Saint Sylvestre a été signé, les discussions sur l’arrangement particulier piétinent. Pas d’avancées significatives. La gestion des portefeuilles, notamment les ministères de souveraineté, et la procédure de nomination du Premier ministre risquent de bloquer pour plusieurs jours ces discussions. Mais l’épiscopat catholique, doté d’une foi à déplacer les montagnes, a d’autres tours dans ses manches. Didier KEBONGO