Incostance de la l’UDPS: les affaires de la CENI 2013 et des provinciales 2015

Avril 2013. L’Assemblée nationale débat sur la composition de la nouvelle CENI. Deuxième parti à l’issue des élections législatives de 2011, l’UDPS risque de n’y être pas représentée car elle ne reconnaît pas l’Assemblée nationale, son président Etienne Tshisekedi ayant même annulé ...

Devant ce risque, Samy Badibanga et les députés issus de ce parti et qui ont fait le pari de siéger, exigèrent et obtinrent que les délégués à la CENI soient présentés par les groupes parlementaires. De nombreux députés du groupe UDPS et Alliés avaient l’ambition d’intégrer la CENI, mais Samy Badibanga les convainquit qu’il serait sans doute mieux de confier ce poste à Félix Tshisekedi, car il pourrait ainsi représenter une caution pour l’UDPS, et ne pourrait jamais être accusé d’avoir trahi son propre père pour les élections à venir. Tous remisèrent leurs ambitions.

Ainsi dit, ainsi fait, Samy Badibanga appela son ami Félix Tshisekedi et lui expliqua toute l’affaire. Ce dernier le remercia et accepta la proposition, sous réserve de convaincre son président de père comme il l’appelle. Félix Tshisekedi descendit donc à Kin, et fut soutenu par sa mère, Mme Marthe Kasalu. Mais le «vieux» fut intraitable: «J’ai annulé les élections, je ne reconnais donc pas l’Assemblée, et donc je ne reconnaîtrais pas la CENI qui va en découler». L’insistance de mama Marthe n’y fit rien. Devant ce refus, Félix Tshisekedi s’en alla déclarer aux médias qu’il n’avait jamais été question pour lui d’occuper un tel poste. Samy Badibanga, lui, se tut, comme souvent …

Le groupe UDPS et Alliés organisa alors une élection en interne, et Jean-Pierre Kalamba l’emporta sur Rémy Masamba.

Le 21 avril 2015, le même Félix Tshisekedi, revenu de Bruxelles, tient meeting à Goma. Il y annonce que l’UDPS participera bel et bien aux élections provinciales ! Au siège du parti, c’est la stupeur. Le lendemain 22 avril, c’est Bruno Tshibala, SG adjoint de l’UDPS, qui le dément. Mal lui en prit : il apprendra que le vieux en a décidé ainsi, et lui comme Mavungu, son titulaire, ne sont même pas au courant ! Et le parti déposera ses candidatures à la CENI. Laquelle ? La même que l’on ne reconnaît pas, celle-là même issue d’une Assemblée qu’on ne reconnaît pas.

Mais au-delà de tous les bruits des braillards et des parlementaires-débout, les dépôts des candidatures de l’UDPS permirent de voir ce que vaut réellement ce parti après tous les vents d’exclusion, ou bien d’auto-exclusion comme on aime à le dire ici. Le parti n’existe plus sur de nombreuses provinces. A preuve, le nombre de ses candidats pour ces provinces :

– ITURI : 3 candidats pour 33 sièges à pourvoir ;

– HAUT UELE : 4 candidats pour 22 sièges ;

– MANIEMA : 3 candidats sur 22 sièges ;

– NORD UBANGI : 0 candidat sur 22 sièges ;

– TSHUAPA : 0 candidat sur 22 sièges ;

– SUD UBANGI : 0 candidat sur 22 sièges ;

– MONGALA : 0 candidat pour 22 sièges ;

– EQUATEUR : 0 candidat pour 22 sièges.

Facile de toujours chasser les gens quand on ne sait même pas les remplacer.

Aujourd’hui, l’UDPS veut obtenir la primature, mais devant qui son Premier ministre ira-t-il demander l’investiture ? Devant l’Assemblée qu’on ne reconnaît pas, mieux, qui n’existe pas car on avait annulé les élections ?

Dommage que le pays n’a plus de chroniqueurs et d’éditorialistes à l’esprit libre pour le relever.

En décembre 1980, 13 courageux parlementaires écrivaient une lettre au président Mobutu. Ils la commençaient avec cette belle citation de Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau :

«Celui qui a la conscience d’avoir mérité de son pays et surtout de lui être encore utile, celui que ne rassasie pas une vaine célébrité et qui dédaigne les succès d’un jour pour une véritable gloire, celui qui veut dire la vérité, qui veut faire le bien public indépendamment des mobiles mouvants de l’opinion populaire, cet homme porte en lui la récompense de ses services, le charme de ses peines et le prix de ses dangers ; il ne doit attendre sa moisson, la destinée de son nom que du temps, ce juge incorruptible qui fait justice à tous».

 

Belhar Mbuyi

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