La RD-Congo est à l’ère des consultations. Le chaos redouté si proche que le malade Congo est bon, à présent, pour tous les examens et diagnostiques. Kabila, Kodjo ont eu à consulter. Maintenant, c’est Samy Badibanga, le nouveau Premier ministre, la CENCO, une fois de plus et, enfin, Louis Michel, à présent, qui consultent. Malheureusement, les violons sont loin de s’accorder.

En effet, les indications qui ressortent de la scène politique font état de large divergences, contradictions et même unanimités entre les parties au conflit en RDC. De manière concrète, il y a bipolarisation de la scène politique au Congo-Kinshasa. D’un coté, il sied de noter ceux qui adhèrent aux dispositions de l’Accord du dialogue présidé par Kodjo et de l’autre, ceux qui le conteste et exigent, avec force, la chute du régime en place le 19 décembre à 23 heures 59’.  Malgré le temps qui passe et les énergies investis par divers acteurs et organisations nationales, régionales ainsi qu’internationales, les désaccords persistent. Les appels à une solution consensuelle et pacifique sont loin de faire école pour le moment. La Conférence Episcopale Nationale du Congo qui a entamé des consultations pour trouver un consensus large sur les préoccupations du moment est loin de récolter un franc succès. Les appels lancés par les Etats-Unis, l’Union Européenne et d’autres partenaires de la République tant au pouvoir qu’à l’Opposition semblent ne point produire d’effets.

Dans une correspondance à la CENCO restée officieuse, Tshisekedi et ses compères tordent le cou à tout espoir de voir le Rassemblement prendre part au Gouvernement Badibanga. Et, la visite le vendredi 25 novembre dernier de Louis Michel risque de ne point changer cette prise de position.

Dans ce tableau assez particulier, il faut aujourd’hui ajouter l’intransigeance des organisations telles que la Lucha, Filimbi, compte à rebours et Cie qui lancent l’opération ‘’bye bye Kabila ‘’. Dans les précieuses colonnes de Jeune Afrique, un des responsables de la Lucha a déclaré que le départ du Raïs était non-négociable le 19 décembre. Pourtant, le Chef de l’Etat mise son maintient sur la base de deux choses. Le premier c’est l’arrêt de la cour constitutionnelle qui a, sans ambigüité, relevé que le président en place au pays ne pourrait céder le bâton de commandement qu’à un nouveau président élu. Le deuxième, c’est les résolutions de l’Accord Politique conclu le 18 octobre 2016 à la cité de l’Union Africaine entre une partie de l’Opposition et de la Société Civile d’avec sa famille politique ; la Majorité Présidentielle. Depuis le 17 novembre, Joseph Kabila a foncé dans l’application de ce compromis en nommant un premier ministre du Gouvernement d’union nationale.

Dans la logique de ce texte, le peuple doit attendre des élections au mois d’avril 2018. Le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, le Front pour le Respect de la Constitution, la Lucha, Filimbi, et d’autres comptent court-circuiter le processus d’exécution d’un  Accord qu’ils jugent acquis à la pérennisation du Président Kabila.  Et, la date du 19 décembre 2016 est le Jour-j de ce travail de sape. Vont-ils réussir ? Seul Dieu sait. Mais, réussite ou pas, pour une cohabitation pacifique, une transition apaisée et au finish, des élections non-conflictogènes, un minimum de consensus est rationnellement exigé. Ce casse-tête doit, absolument, être résolu aujourd’hui ou demain. Qui dit mieux ?

Danny Ngubaa