Cette Organisation non gouvernementale soutient avoir adressé, le lundi 21 novembre, une correspondance à l’ex-Président des USA, Barack Obama, pour lui demander d’imposer des sanctions supplémentaires, avant de quitter ses fonctions, à certains responsables politiques et sécuritaires en RD Congo, qui « empêchent d’avancer vers une transition démocratique pacifique par des élections crédibles qui respectent la volonté du peuple ».

Cette organisation des droits de l’homme a indiqué avoir déjà établi une liste, sur base des recherches menées par ses limiers, reprenant les noms de plusieurs hautes personnalités du régime de Kinshasa fortement impliquées dans la répression des manifestations publiques, et qui devraient faire l’objet de ces sanctions ciblées.

Bien que des sanctions ciblées imposées par les Etats-Unis à certains responsables de l’armée, de la police et des services de sécurité impliqués au premier plan dans les violences contre les manifestants, aient eu un effet dissuasif sur les personnes concernées, Human Rights Watch estime que l’impact pourrait être plus important s’ils ciblaient davantage de hauts responsables du gouvernement et des services de renseignements. Le même message s’adresse à l’Union européenne et au Conseil de Sécurité de l’ONU, qu’elle encourage de cheminer dans la voie d’une plus grande fermeté contre les commanditaires des violations des droits de l’homme en RDC.

Human Rights Watch a rappelé qu’en octobre dernier, [Union Européenne avait annoncé qu’elle utiliserait tous les moyens à sa disposition contre les personnes responsables de graves violations des droits humains, qui incitent à la violence ou qui font obstacle à une sortie de crise consensuelle, pacifique. Selon elle, l’Europe devrait maintenant passer de menaces aux’ actes et imposer des sanctions précises, notamment des interdictions de voyager et dès gels d’avoirs .à l’encontre de hauts fonctionnaires congolais, responsables de graves atteintes aux droits de l’homme.

« L’UE, les Etats-Unis et les Nations Unies devraient signifier clairement à Kinshasa que la violation des droits du peuple congolais a un prix élevé – avant qu’il n’y ait d’autres effusions de sang et qu’il ne soit trop tard pour changer de cap… », souligne ce communiqué.

Par ailleurs, cette Organisation internationale indique que si le président Kabila reste au pouvoir après le 19 décembre sans annonce publique claire d’une date pour son retrait du pouvoir et sans un large consensus sur l’organisation d’une période de transition jusqu’aux élections, il y a un grand risque que des manifestations de colère des masses éclatent et que les forces de sécurité répondent avec une force excessive, comme lors des journées des 19 et 20 novembre 206. D’où, le pays pourrait sombrer dans une violence généralisée et un chaos difficile à gérer.

« Moins d’un mois avant la date butoir du 19 décembre marquant la fin de la’ limite de deux mandats du président Joseph Kabila autorisés par la Constitution, celui-ci n’a toujours pas clairement déclaré si et quand il quittera ses fonctions. Parallèlement, la répression du gouvernement contre les activistes pro-démocratie, l’opposition, les manifestants et les médias s’est intensifiée à une vitesse alarmante. L’accord issu du dialogue national qui a reporté les élections au moins jusqu’en avril 2018, la nomination de Samy Badibanga, issu de l’opposition ‘comme Premier ministre, n’ont pas permis d’apaiser les tensions. L’Eglise catholique poursuit ses efforts de médiation pour atteindre un, accord politique plus inclusif, mais le temps commence à manquer ».

Pour éviter une nouvelle effusion de sang, Human Right Watch demande aux partenaires régionaux et internationaux de la RD Congo de se mobiliser au plus haut niveau pour éviter un scénario apocalyptique.

Par Perside Diawaku