La ministre provinciale de l’Information et Porte-parole du Gouvernement, Thérèse Olenga, a invité le Rassemblement à surseoir à l’organisation du meeting qu’il a prévu ce samedi 5 novembre, rappelant la décision du Gouverneur prise le 22 septembre.

La ministre Olenga était l’invitée du 20 heures de la RTNC, la radiotélévision officielle. La Porte-parole du Gouvernement provincial est revenue sur les dégâts matériels et humains enregistrés en septembre dernier. Thérèse Olenga a insisté sur le fait que « les organisateurs ne donnent aucune garantie quant à leur capacité de conduire, sans débordement, une manifestation sur la place publique ». Le gouvernement provincial a ainsi réitéré les termes de son communiqué du 31 octobre, postposant jusqu’à nouvel ordre et ce, à titre provisoire, toutes les manifestations à caractère politique sur les voies publiques.

Privilégier l’intérêt supérieur de la RDC
Au Rassemblement cependant, ce discours ne semble pas passer. Dans une interview, le Secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, a dit maintenir cette activité. « Nous sommes dans un Etat de droit, aucune autorité n’a le droit de violer la constitution. Nous ne sommes pas prêts à respecter une décision qui viole la constitution… »


Si l’activité est maintenue, les organisateurs pourront trouver sur leur chemin les forces. Des jours plus tôt, la police via son porte-parole, le colonel Pierrot Mwanamputu a promis de prendre les mesures nécessaires pour exécuter la dernière décision du Gouverneur de la Ville interdisant toute manifestation publique à caractère politique. Le commissariat général de la PNC a rassuré faire respecter cette mesure du 22 septembre, rappelée récemment par le vice-gouverneur le 31 octobre. Dans un communiqué signé par le porte-parole de la Police, il est dit noir sur blanc qu’aucun attroupement ne sera autorisé sur les points stratégiques, carrefours et places publiques. Pour la police, aucun acte bravant les décisions de l’autorité ne sera tolérée.


Il y a de l’étincelle dans l’air. Ce que redoutent certaines personnes. Notamment le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies, Maman Sidikou. Dans un communiqué, il a mis en garde contre tous dérapages. Le représentant spécial de Ban Ki-moon est très préoccupé par le climat politique dans le pays et invite les uns et les autres à la retenue pour éviter les dérapages tels qu’enregistrés dans la capitale Kinshasa, les 19 et 20 septembre. « Nous avons été tous ici en RDC profondément touchés par les évènements tragiques des 19 et 20 septembre 2016, qui ont endeuillé sans distinction d’appartenance politique. Les Congolais, de tous bords, doivent dans un sursaut patriotique privilégier l’intérêt supérieur de la RDC en tournant le dos à la violence », a conseillé Maman Sidikou.


Lire également le communiqué du Gouvernement en rapport avec le meeting
Didier KEBONGO

Communiqué du Gouvernement de la RDC
Relativement à la controverse entre le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme et le Gouvernement de la Ville-Province de Kinshasa au sujet des manifestations publiques dans la Capitale, le Gouvernement tient à faire la mise au point suivante :
1. La Constitution de la RDC en son article 26 garantit la liberté de manifestation publique. En ce compris d’autres instruments juridiques internationaux auxquels notre pays a souscrit ;
2. Tout en se félicitant de l’exercice effectif de cette liberté par diverses forces sociales et politiques nationales, le Gouvernement de la République rappelle qu’elle est soumise par la Constitution au respect de la loi qui en détermine les conditions notamment d’ordre public, de sécurité et de bonnes mœurs ;
3. Le rôle des pouvoirs publics se situe par conséquent à la fois en amont et en aval dès lors que le droit de manifester et la sécurité publique ne sont guère antinomiques ;
4. Le Gouvernement souhaite que ses partenaires institutionnels comme le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme s’efforcent de contribuer à la stabilisation du pays par le renforcement de l’autorité de l’Etat en s’abstenant d’entretenir toute forme de confusion quant à ce.
Fait à Kinshasa, le 04 novembre 2016
Lambert MENDE OMALANGA