Assemblée nationale – Minaku : les administratifs crient au « voleur »

Depuis l’arrivée d’Aubin Minaku, les agents de l’administration de la Chambre basse du Parlement voient disparaître un à un leurs différents avantages sociaux. D’autres soutiennent même que certains fonds destinés aux administratifs sont détournés pour financer Daring Club Motema Pembe.

« Tous les avantages qu’on bénéficiait à 100% à l’époque de Kamerhe ont été réduits à 50% à l’époque de Boshab. Et maintenant, c’est à 30 ou 29% avec Aubin Minaku », se désole un des agents de l’administration de l’Assemblée nationale. Lui et ses amis ne cachent plus leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de « gestion opaque» de l’administration de la Chambre basse du Parlement sous la houlette d’Aubin Minaku. Ce, alors que leurs amis du Sénat gardent tous leurs avantages intacts.

A son arrivée à l’Assemblée nationale, Minaku avait pourtant promis monts et merveilles à ces agents. « Il a commencé par un contrôle qu’il a qualifié de « vérification de l’effectif de l’administration » pour répondre à toutes les revendications des administratifs. Ce contrôle avait pris trois mois. Jusqu’à maintenant, rien n’est fait. Il avait installé le comité syndical de l’administration de cette chambre, devant le ministre du Travail Bahati Lukwebo et le ministre de la Fonction publique de l’époque, Jean-Claude Kibala dans la salle du spectacle du palais du peuple. Mais aucune des promesses faites ce jour-là devant ces ministres n’a été tenue », rappelle un autre administrateur. Pour lui, le secrétaire général de la MP n’a fait que, depuis 2012, leur vendre l’illusion.
« Il nous avait dit : « les gens vont s’étonner de vous ». Aujourd’hui, nous nous rendons compte qu’il nous avait promis : “vous allez voir comment je veux vous faire souffrir” », pense un administrateur.
Dans cette même administration, il confie que cadres et agents de même grade ne touchent pas le même montant des primes ATB2 (Attaché de Bureau de 2ème classe). La même chose avec les directeurs et les chefs de divisions et les chefs des Bureaux. Et pourtant, les textes leur donnent les mêmes droits. Une discrimination que les travailleurs de l’Assemblée nationale dénoncent.
« Les textes nous donnent les mêmes avantages avec les administratifs du Sénat. Mais la prime d’un chef de Bureau de l’Assemblée nationale; c’est la prime d’un ATB2 du Sénat. Mais si l’on pose, la question sur ce point, le Bureau de l’Assemblée nationale prétexte que le Sénat a moins d’effectifs que l’Assemblée nationale », renchérit ce même administrateur. Et de poursuivre : « Et pourtant, chaque chambre a une enveloppe budgétaire à la taille de ses besoins. Toute chose restant égale par ailleurs». Par exemple, les subventions pour les frais scolaires 2016-2017 sont déjà payées au Sénat, mais pas à l’Assemblée nationale. « Jusqu’à présent, on ne sait même pas si ça sera payé, le avantages qui sont des droits sont devenus négociables chez Aubin Minaku », déplore ce père de famille.
Les directeurs nommés sur Ordonnance présidentielle ne bénéficieraient pas des allocations des véhicules au moment où ceux promus par Minaku ont été servis.
Les cérémonies d’échange de vœux entre l’administration et le Bureau, utile pour encourager les administratifs dans l’approbation des travaux parlementaires ne s’organisent plus sous l’ère Minaku.
D’autres soutiennent même que certains fonds destinés aux administratifs sont détournés pour financer Daring Club Motema Pembe, club de football qui a comme principal donateur Minaku. Aux dernières nouvelles, on parle de plus de 20 000 dollars qui sont sortis des caisses de la chambre basse pour appuyer cette équipe.
« Que le Président Kabila ne se trompe pas de choisir une telle personne comme. Dauphin. Si pour une petite administration de 500 personnes, il n’arrive pas à diriger, que sera-t-il de tout un pays ? », s’interroge-t-on dans les couloirs de l’Assemblée nationale.
Les administrateurs, qui crient au « voleur », regrettent également qu’aucun député ne plaide en leur faveur. D’autres, par ailleurs, font état des « menaces de relégation à la Fonction publique » à l’encontre de toute personne qui ose protester contre cette mégestion.

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