« Comme à l’accoutumée, nous avons eu droit à des injonctions comminatoires », a lancé ce jeudi 22 septembre 2016, Lambert Mende. C’est « à se demander si la RD Congo [est] devenue un nouveau département d’outre-mer issu de nouvelles conquêtes de l’Hexagone », a ajouté le porte-parole du gouvernement congolais. Il reproche au président français de s’être « permis de tirer à boulets rouges » sur le gouvernement congolais « avec des accents de maître d’école ». Le gouvernement congolais estime avoir été choqué par les propos de François Hollande. Le président français avait accusé mardi l’État congolais d’« exactions » contre son peuple après que la manifestation de lundi a été marquée par la mort d’au moins 17 personnes. Lundi et mardi, de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants de l’opposition, ont fait au moins 32 morts, selon le bilan officiel, encore provisoire. Un nombre contesté par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti d’opposition historique en République démocratique du Congo, qui fait état de  « plus de 100 morts ». Pour rappel, l’opposition avait appelé lundi à manifester pour exiger du président Joseph Kabila qu’il quitte le pouvoir à l’issue de son mandat, le 20 décembre, et convoque l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels. Mais, selon Bruno Tshibala, porte-parole de l’UDPS, principal parti d’opposition, les forces de l’ordre ont ouvert le feu avant même que tous les participants aient pu rejoindre le point de rendez-vous.

La Constitution interdit au président Kabila, au pouvoir depuis 2001, de briguer un nouveau mandat, mais le chef de l’État semble  vouloir se maintenir au pouvoir alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser avant le 20 décembre. Les violences à Kinshasa ont éclaté alors que se déroule un « dialogue national » entre la majorité au pouvoir, des représentants de la société civile et une frange minoritaire de l’opposition pour tenter d’esquisser une voie de sortie à la crise politique qui secoue le pays. Suspendus mardis, suite aux violences de la veille, les travaux de ce forum sont censés reprendre ce vendredi

Christophe SESSOU