Quand la Majorité Présidentielle mijote un coup !

En faisant semblant d’avoir cédé, la Majorité Présidentielle n’a fait que gagner du temps. En effet, face aux multiples pressions provenant tant de l’extérieur que des forces politiques internes, la MP ne pouvait pas tenir pendant longtemps. Il lui faut souffler un peu avant de récupérer de la main gauche ce qu’elle semble avoir donné de la main droite.

 On sait aujourd’hui, grâce au communiqué rendu public au début de cette semaine par le président de l’Union pour la Nation Congolaise suspendant la participation de ses amis de l’opposition aux travaux du dialogue national, que de tous les points d’achoppement il y a celui relatif aux multiples séquences électorales telles que discutées pendant les séances plénières de la semaine dernière, à savoir celle qui devrait primer. Si pour les amis de Vital Kamerhe, c’est par l’élection présidentielle que l’on devrait démarrer ce cycle électoral, il en est autrement pour la Majorité Présidentielle, dont le vœu est de lancer d’abord les élections locales.

L’Opposition qui participe à ces travaux considère que « le scrutin à la base du dérèglement constitutionnel de notre pays étant le présidentiel, c’est par ce scrutin que doit commencer la séquence  Election pour rattraper le temps constitutionnel ».
Pour ne pas ouvrir un autre front de contestation, surtout celui animé par les chancelleries occidentales et l’Eglise Catholique qui suit de près la situation actuelle en RDC, la Majorité Présidentielle mijote un coup. On croit savoir que cette plate-forme électorale et gouvernementale va souscrire au schéma préconisé par l’opposition animée par le président de l’UNC. Cette concession apparente devait mettre fin à la saute d’humeur des amis de Vital Kamerhe qui vont reprendre le chemin de la Cité de l’Union Africaine.
La MP abat ses cartes : le partage du gâteau
C’est durant cette reprise que le coup de Jarnac va tomber. La MP va surprendre l’opinion en annonçant avec pompe qu’au regard des contraintes budgétaires, l’élection présidentielle ne pourrait avoir lieu qu’en 2018. Et pour joindre l’utile à l’agréable, elle va abattre ses cartes majeures et accepter la démission de l’actuel gouvernement et probablement d’autres institutions pour enticher les ambitions à peine dissimulées de la plus grande partie des membres de cette opposition qui prend part aux travaux de la cité de l’Union Africaine.
L’opinion sera ensuite l’objet d’une vaste campagne de séduction qui partira de la baisse sensible des recettes fiscales et parafiscales due à la chute vertigineuse des prix des matières précieuses et surtout de la vétusté des outils de production au niveau des entreprises économiques paraétatiques pour justifier le manque de moyens pour financer les élections.Par ailleurs, ceux qui détiennent encore les leviers du pouvoir réel vont explorer d’autres pistes, dont entre autres, l’éventualité d’un référendum ou si possible une modification des articles verrouillés de la constitution en vigueur. Bénéficiant ainsi de l’appui massif des « débauchés » venus de cette opposition regroupée autour de Vital Kamerhe et de la frange de la société civile qui siège à la Cité de l’Union Africaine, la porte leur serait largement ouverte pour une interminable transition.
A ce stade, l’on remarquera que ces méthodes sorties récemment des laboratoires de la MP ne constituent nullement de nouveaux éléments d’analyse sociopolitique mais bien au contraire une répétition des faits historiques de notre pays depuis son accession à la souveraineté internationale.
C’est ainsi qu’en faisant semblant de vouloir partager le strapontin gouvernemental, la MP parviendra à peu des frais à mettre KO le groupe de Vital Kamerhe, ainsi que la société civile inféodée au pouvoir en place. Ce sera la fin du bal des chauves et au-delà plus rien d’autre. Il en avait été ainsi tout au long de la longue transition sous Mobutu où lorsqu’il était coincé sur le plan politique, ce dernier lançait des négociations avec l’opposition avant de la rouler dans la farine après avoir débauché de grosses légumes en son sein. Il faisait ainsi d’une pierre deux coups : d’une part, il sauvait son régime et d’autre parts, il affaiblissait l’opposition politique pacifique. L’actuel régime ne vise pas autre chose que cela.
F.M.

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire