Nord-Kivu: L’étonnant communiqué de Julien Paluku sur la peine de mort

Ça s’ appelle « réveiller un chat qui dort ».  A l’ heure où les campagnes se multiplient en faveur de l’ abolition de la peine de mort, le gouverneur du Nord-Kivu a préféré-lui, relancer le débat sur cette question qui suscite fantasme et défections.

Dans une déclaration publiée mardi dont copie est mise en fac simulé, Julien Paluku presse les parlementaires et le gouvernement de suspendre pendant 24 mois, le moratoire à l’ exécution de la peine de mort, le temps se défend t-il, que « les services de défense et sécurité maitrisent la situation sécuritaire », toujours aussi délétère qu’ imprévisible dans cette partie du pays.

Julien Paluku attribue la recrudescence de la criminalité et l’ insécurité de plus en plus persistante dans sa province au défaut d’ exécution de la peine de mort à l’ endroit des auteurs de ces actes qui ont endeuillé plus d’ une famille. Pour lui, l’ application de cette peine est une des pistes de solution à la grave crise sécuritaire qui frappe sa province de  plein fouet.

Sur la toile, le gouv  s’ est attiré une véritable pluie de réactions. Pour plusieurs internautes, la peine de mort est inutile, inefficace, inadaptée, nuisible, dépassée, impossible et qu’ elle n’ apportera pas la garantie recherchée. Beaucoup pensent que la suspension du moratoire ne pourra pas résoudre le problème sécuritaire qui prévaut au Kivu. Certains vont très loin pour redouter qu’ une erreur judiciaire puisse envoyer un innocent à l’ échafaud.

Sachez que la justice congolaise applique depuis près de 15 ans l’abolition de fait et non de droit, c’est-à-dire le moratoire sur la peine de mort. Le pays s’inscrit dans la droite ligne des pays qui, sans tuer le criminel, le neutralisent pour l’empêcher de récidiver. «  La non-exécution des assassins de feu Président Laurent-Désiré Kabila constitue la preuve péremptoire de l’application de ce moratoire », déclarait en en mars 2012, le professeur Luzolo Bambi, alors ministre de la justice.

Jean Pierre Kayembez

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