Comme d’aucuns ne l’ignorent, depuis 2013, des combats à grande échelle ont éclaté entre deux communautés luba (balubakat) et batwa (ou pygmées), suite à un conflit interethnique multiforme et séculaire, dans la nouvelle province du Tanganyika (ancien Nord-Katanga).

Ces combats violents à l’origine ont été provoqués par des tensions latentes entre les batwas ou Pygmées et les lubas dans le territoire de Manono. Puis, les deux communautés ont formé des milices et les combats se sont par la suite propagés aux territoires de Kabalo, Kalemie, et dans le sud du territoire de Nyunzu.

Les Nations Unies ont fait état de centaines de civils tués dans ces violences intercommunautaires, de dizaines de villages incendiés et de dizaines de milliers de personnes déplacées, puisque, contraintes àquitter leurs milieux d’origines (villages) et leurs foyers. Sans oublier des dizaines de femmes violées. D’où, une crise humanitaire sérieuse avec comme corollaire l’extrême pauvreté.

La Monusco propose un dialogue politique inclusif

Au mois de mai 2015, à l’issue de notre mission effectué dans cette nouvelle province de Tanganyika avec le représentant du secrétaire général des Nations Unies en Rdc et patron de la Monusco de l’époque, M. Martin Kobler, nous avons signifié que cette situation débordante des violences interethniques entre lubas et pygmées est un conflit profond et à prendre avec beaucoup de sérieux. Du fait que de janvier à mai 2015, plus de 800.000 personnes (pygmées, luba et autres) étaient contraints à se déplacer de leurs contrées d’origine, et plus de 200 avaient perdu la vie, plus d’une soixantaine de femmes avaient été violées et plus de 113 maisons incendiées.

Ce conflit n’est donc pas récent. C’est un conflit séculaire. Les deux milices s’affrontent de manière récurrente.

La Monusco a toujours travaillé pour ramener la paix dans ce coin enclavé de la Rdc. Elle y a déployé une base opérationnelle temporaire, un bataillon béninois de casques-bleus de la Force de la Monusco à Nyunzu, qui fait un travail remarquable, en dépit de son effectif réduit.

Pour la MONUSCO, le dialogue politique inclusif est donc l’unique moyen à préconiser pour une résolution durable de ce conflit, a-t-on signalé.

Des conséquences d’extrême pauvreté

Quand nous sommes arrivés dans le territoire de Nyunzu-centre, dans la nouvelle province de Tanganyika, il y avait encore plus de 4.000 personnes, femmes et enfants y compris, qui avaient fui leurs villages à cause des violences. Les conditions de vie étaient d’extrême précaires, voire inhumaines. Elles étaient entassées dans des bâtiments ruinés transformés en camp des déplacés et ne bénéficiaient que d’un peu d’aides de la part des agences humanitaires comme le HCR, le PAM, la Croix-Rouge, etc.

Cette situation a bloqué la vie économique à Nyunzu et entravé toutes les activités. Surtout que cette partie du Katanga a toujours été enclavée. La vie est donc intenable à Nyunzu. La population locale quant à elle, ne sait plus vaquer normalement à ses différentes activités par peur des représailles.

En plus de cette pauvreté extrême, la ville de Nyunzu est sans eau potable, sans électricité. La même situation s’observe dans le territoire de Mitwaba dans la future province du Haut-Katanga, qui comme Nyunzu, est également touché fortement par ce conflit entre les lubas et les pygmées, ces deux communautés qui s’entredéchirent.

Comme on le comprend, des solutions s’imposent à cette situation, et cela éprouve les autorités politico-administratives et sécuritaires, locales, tant provinciales que nationales. Il s’agit de créer des conditions pour permettre aux gouvernés de vaquer librement à leurs occupations.

(Lepetit Baende)