L’étau se resserre autour des gestionnaires du Fonds de Promotion de l’Industrie, FPI. Si les escapades du Directeur général de cette entreprise du portefeuille de l’Etat continuent de défrayer la chronique, du côté des institutions de la République, le vent semble changer de direction.

Les RD-Congolaises et RD-Congolais ne cessent de s’arracher les cheveux devant l’impunité dont jouissent de nombreux dirigeants qui se singularisent pourtant par des méthodes de gestion aux antipodes de la bonne gouvernance tant recherchée sous d’autres cieux. L’opinion se souvient du passage mouvementé du Directeur général du FPI devant la chambre basse du Parlement lors de l’examen du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur la gestion de cet établissement.
Mégestion et légèreté dans l’octroi des financements.
Les souvenirs des recommandations musclées des députés nationaux sur cette épineuse question demeurent encore vivaces dans les esprits. Tout le monde a suivi en direct sur les antennes de la chaîne officielle les mesures disciplinaires décidées par l’Assemblée nationale, notamment la suspension du Directeur général et du Directeur général adjoint du FPI pour cause de mégestion et de légèreté dans l’octroi des financements.
Force est de noter que depuis la plénière du 29 juin 2016, date à laquelle l’Assemblée nationale s’est prononcée sur ce dossier, rien ne semble bouger du côté du ministre de l’Industrie assumant la tutelle de cet établissement public. Les deux mandataires qui seraient plus costauds que Germain Kambinga dont l’apathie dans l’exécution de la sanction proposée par les députés nationaux semble inexplicable, continuent de narguer tout le monde comme s’ils évoluaient dans une République bananière.
Les services du conseiller spécial du Chef de l’Etat en charge de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme restent collés aux basques du Directeur général Mbengele sans parvenir à mettre la main sur lui, suite à certains parapluies lui ayant accordé des mesures sécuritaires excessives, du reste injustifiées.
Quand Aubin Minaku monte au créneau
C’est dans cette atmosphère assez lourde que le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku Ndjalandjoko vient de monter au créneau pour rappeler au ministre de l’Industrie les recommandations pertinentes de la chambre basse du Parlement relatives à l’examen du rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur la gestion du Fonds de Promotion de l’Industrie.
Selon l’article 200 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale : «Le rapport de la commission d’enquête assorti de recommandations ou de résolutions de l’Assemblée plénière ou du Bureau, est transmis, selon le cas, au Président de la République, au Premier ministre ou Ministre de tutelle.
«Au cas où les recommandations contiennent des propositions de sanctions et que dans les trente jours qui suivent la transmission du rapport au Président de la République, au Premier ministre ou au ministre de tutelle, ces sanctions ne sont pas prises, le Président de l’Assemblée nationale saisit l’autorité judiciaire compétente conformément à la loi».
Expiration du délai de 30 jours à dater du 29 juin 2016.
Dans le cas d’espèce, vu l’expiration du délai de 30 jours à dater du 29 juin 2016, le président de l’Assemblée nationale vient d’user de son imperium pour demander au ministre de l’Industrie de bien vouloir transmettre dans les meilleurs délais au Bureau de l’Assemblée nationale, le rapport d’exécution desdites recommandations afin de lui permettre de prendre des mesures idoines avant la rentrée parlementaire de septembre 2016.
Ainsi donc, le ministre Germain Kambinga est placé devant ses responsabilités et tenu de s’aligner sur les recommandations pertinentes de la chambre basse du Parlement. Dans tous les cas, le vent qui souffle dans le microcosme politique, n’est pas favorable à une quelconque tergiversation. La balle se trouve dans le camp de l’ancien sociétaire du MLC.
Tino MABADA