Qu’attendre du Rassemblement après Genval ? L’assistance plutôt non réservée a applaudi quelques-unes de recommandations à appliquer après Genval.  C’est la ‘’solution politique à la double crise créée par Kabila, dont le deuxième volet est le vide juridique engendré par la non tenu d’élections’’ et, la mise en application intégrale de la Résolution 2277 qui préconise un Dialogue véritable entre acteurs politiques congolais en vue de trouver un consensus sur le processus électoral apaisé, et enfin obtenir le départ de Kabila du pouvoir, dans le meilleur des cas, le 19  décembre 2016 à minuit, a expliqué le SGA de l’UDPS à ses Combattantes et Combattants.

Monsieur le Représentant, Mesdames et Messieurs du Comité fédéral, Combattantes et Combattants de l’UDPS/France Chers invités,

Avant toute chose, je tiens à vous remercier très vivement pour l’accueil combien fraternel et chaleureux que vous m’avez réservé à l’occasion de cette Conférence.

Pour toute la mobilisation et tout ce qui est fait pour rendre mon séjour agréable ici, je vous dis encore une fois merci.

Un proverbe africain dit qu’il vaut mieux voir une fois qu’entendre mille fois. Je suis aujourd’hui à Paris, devant l’UDPS/France. J’ai vu et j’en éprouve une grande satisfaction d’autant plus que jusque-là, seuls les amis de Belgique avaient le privilège de me recevoir.

Et, je ne manquerai pas de rappeler ma déconvenue lorsqu’après Genval, je n’ai pu me rendre ici à Paris alors que toutes les dispositions avaient été prises pour une rencontre que nous réussissons fort heureusement aujourd’hui.

L’organisateur de cette Conférence, le Comité Fédéral s’entend, m’a proposé de vous entretenir sur le thème: « Après Genval, qu’attendre du Rassemblement».

C’est avec plaisir que je vais m’y appesantir d’autant plus que j’ai été moi-même le modérateur des travaux de Genval.

Combattantes, Combattants,

Vous vous rappellerez qu’en novembre 2011, il y a 4 ans, dans un grand sursaut patriotique, l’écrasante majorité des Congolais avaient plébiscité Monsieur Etienne TSHISEKEDI wa Mulumba, Président de la RDC.

La contrepartie escomptée était de le voir opérer le changement tant attendu et tant espéré par notre peuple. Le Président TSHISEKEDI n’a pu accomplir cette tâche à cause du vol de la victoire du peuple. Cette usurpation a replongé le pays dans une crise qui le paralyse jusqu’à ce jour.

A la place du changement, Mr Kabila a formé un Gouvernement  qui a rabaissé le pays et accéléré la paupérisation des Congolais, aujourd’hui plus en détresse que la population d’Alep en Syrie, laquelle ploie tous les jours sous les bombes.

Kabila et ses hommes pensaient que cinq ans est une éternité. Mais dans trois mois, c’est la fin de l’aventure.

Démocrate convaincu et fervent partisan de la non-violence, le Président TSHISEKEDI a préconisé le Dialogue comme voie royale pour résoudre la crise créée par le hold-Up électoral et pour avoir un processus électoral consensuel et apaisé.

La Feuille de Route rendue publique le 15 février 2015 confortait cette conviction et contenait des propositions concrètes pour la réussite de ces assises. Ainsi s’est engagée toute la bataille pour donner un contour voulu à un véritable Dialogue et pas celui imaginé par le Pouvoir.

Considérant l’impérieuse nécessité d’impliquer toutes les forces politiques et sociales acquises au changement à la recherche de la solution à la crise, le Président Etienne TSHISEKEDI, Chef de file de l’Opposition a invité tous ceux qui se sentent l’âme de l’Opposition, et se réclament du changement à venir se joindre à lui à Bruxelles, afin de réfléchir ensemble et de proposer des solutions pour résoudre la crise et conjurer le chaos qui se profile à l’horizon. C’est le sens des travaux de Genval tenus du 08 au 10 juillet 2016. Le mérite de la Conférence de Genval a été de sceller l’unité de l’Opposition qui désormais parle d’une seule voix, unie et soudée, au sein du Rassemblement qui en est sorti.

Il importe ici de s’arrêter pour rendre un vibrant hommage à un homme, Etienne TSHISEKEDI wa Mulumba, qui, comme François Mitterrand au Congrès d’Epinay sur Seine, qui avait compris que la stratégie de l’unité est la seule capable de déclencher la dynamique de la conquête du pouvoir par les forces populaires et de gauche, a privilégié le même impératif de l’unité pour nous permettre de disposer d’un rapport des forces favorable devant nous aider à devenir plus forts pour sortir de la nasse et réussir l’alternance.

Qu’attendre du Rassemblement après Genval?

Ce questionnement revient et préoccupe plus d’un devant les multiples enjeux de l’heure.

Ce qu’il faut attendre du Rassemblement découle tout simplement de la convergence dégagée par la Conférence des Forces politiques et Sociales acquises au changement de Genval et qui se résume en sept objectifs à atteindre.

1) Nous avons convenu, et c’est une tâche que s’est assignée le Rassemblement, de faire respecter la Constitution de la République et plus spécialement : Le nombre maximal de mandats limité au maximum à deux, pas un jour de plus et, il en sera ainsi; Les délais qu’elle fixe en ce qui concerne le processus électoral, à savoir la convocation du corps électoral 90 jours avant la fin du mandat, soit le 19 septembre 2016. Si ce n’est pas le cas, nous constaterons le parjure et la haute trahison dans le chef de Mr Kabila.

A ce sujet, vous connaissez notre position. Nous sommes plus qu’intransigeants sur la question. C’est pour cela que par la voix du Président du Rassemblement, Monsieur Etienne TSHISEKEDI, nous avons rejeté l’arrêt inconstitutionnel rendu par la Cour Constitutionnelle, laquelle a tenté de prolonger le mandat de Kabila, en violation de l’article 70 de la Constitution.

2) Le Rassemblement œuvre à la mise en application intégrale de la Résolution 2277 qui préconise un Dialogue véritable entre acteurs politiques congolais en vue de trouver un consensus sur le processus électoral apaisé, dans le respect de la Constitution.

3) Il faut dire que le Dialogue aura également pour tâche, après que les préalables formulés par le Rassemblement auront été satisfaits, de trouver une solution politique à la double crise créée par Kabila, dont le deuxième volet est le vide juridique engendré par le non tenu d’élections, conformément à l’article 73 de la Constitution.

Je dois signaler que le Dialogue est aujourd’hui retardé par les maladresses du Facilitateur international qui a posé unilatéralement des actes incompréhensibles qui lui ont valu logiquement la récusation du Conseil des Sages.

Le Rassemblement s’est engagé en plus:

4) à obtenir la libération des détenus politiques et d’opinion qui croupissent injustement dans les geôles du pouvoir, dont le respect des droits humains est le dernier des soucis,

5) de faire respecter la loi sur les partis politiques en proscrivant le dédoublement des partis, opération encouragée par le pouvoir et à laquelle il recourt  pour déstabiliser les leaders de l’Opposition,

6) Obtenir la libéralisation des médias publics confisqués par le PPRD et ré-ouvrir les chaines privées injustement fermées et appartenant aux opposants,

7) et enfin obtenir le départ de Kabila du pouvoir, dans le meilleur des cas, le 19 décembre 2016 à minuit,

A ce propos, vous savez qu’aussitôt rentré au pays le 27 juillet dernier, où notre peuple lui a réservé un accueil historique qui démontre l’espoir, l’immense espoir que représente Etienne TSHISEKEDI aux yeux des masses désabusées et désenchantées, le Président a, au cours du méga-meeting organisé par le Rassemblement le 31 juillet dernier et qui a drainé plus de 3 millions de Congolais, donné à Mr Kabila un préavis prenant cours le 19 septembre 2016 et au terme duquel, il doit inévitablement et impérativement quitter le pouvoir sans une seule minute de tergiversation. Puisqu’il s’est organisé pour ne pas tenir les élections telles que prescrit par l’article 73 de la Constitution en espérant tirer avantage du fait accompli, pour le Rassemblement, il ne sera jamais question d’accorder la prime aux fossoyeurs de la Constitution et de notre jeune démocratie.

Et pour qu’il en soit ainsi et bien compris de tous, en bon tribun qu’il reste, le Président Etienne TSHISEKEDI a trouvé les mots justes pour sensibiliser notre jeunesse dont l’avenir dépend justement de l’enracinement et de l’émergence de l’Etat de droit démocratique, de la justice et de l’essor économique, lequel entraîne la création d’emplois. Il en a appelé à la conscience des forces armées congolaises qui doivent savoir qu’elles sont une armée nationale et républicaine au service du peuple et non d’un individu. Et enfin, il a aussi demandé à tout notre peuple appelé à se prendre en charge.

Se prendre en charge. On n’arrêtera pas de le ressasser. Nous ne cesserons jamais de le dire et je le dis encore ici plus fort en relayant notre Président, notre avenir dépend de ce que nous, Congolais, voulons être.

Personne ne viendra d’ailleurs faire notre bonheur si nous-mêmes, nous ne prenons pas notre destin en mains.

Pour me résumer, quatre choses essentielles sont à attendre de l’après-Genval et donc du Rassemblement:

1) Faire respecter la constitution en revenant aux fondamentaux du Pacte républicain tissé à Sun City avec sa joyeuse cohorte des valeurs de la République qui doivent être respectées par tous;

2) Faire aboutir un dialogue conformément à la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, appelé à dégager un consensus sur le processus électoral apaisé et, en cas de non tenue des élections suivant l’article 73 de la Constitution, trouver une solution au vide juridique ainsi créé, suivant la volonté et le seul intérêt du peuple.

3) Obtenir le départ du pouvoir de Mr Kabila.

4) Grâce à l’alternance, amorcer le changement qui permettra au peuple congolais de vivre aussi heureux que tous les autres peuples du monde, et non comme les damnés de la terre qu’ils sont actuellement sur le sol combien riche de leurs ancêtres.

Ces objectifs, le Rassemblement, son Président en tête, soutenu par le Conseil des Sages, entend les réaliser avec le concours de tous les Congolais soucieux et désireux de voir notre pays devenir la locomotive du développement de l’Afrique.

Je vous remercie.

Fait à Paris, le 14 Août, 2016.

Bruno Tshibala Nzenzhe,

Secrétaire Général Adjoint et Porte-parole de l’UDPS,

Membre du Conseil des Sages du Rassemblement