Au moins 42 civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans l’Est de la République démocratique du Congo, théâtre de massacres depuis 2014, portant le nombre de tués à plus de 600.

Le bilan du massacre perpétré dans la nuit de samedi à dimanche 14 août à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, s’est alourdi : on compte désormais au moins 42 civils, selon les nouveaux chiffres officiels, tués dans une attaque attribuée par l’armée congolaise à des rebelles musulmans ougandais. Un deuil national a été proclamé après cette tuerie qui a provoqué la colère de la population, intervenant après une succession de massacres qui ont déjà fait plusieurs centaines de morts en moins de deux ans.

600 à 1200 tués depuis 2014

Pour le lieutenant Hazukay, les ADF ont “contourné” les positions de l’armée congolaise “pour venir massacrer la population en guise de représailles” à des opérations militaires en cours dans la zone.

Dimanche, une centaine de personnes scandant des slogans hostiles au gouvernement et au président Kabila ont manifesté à Beni. Les manifestants portaient au moins un corps sans vie d’une des victimes de la tuerie, selon des témoins. “Les policiers viennent de nous ravir le corps (du mort), mais nous comptons continuer à manifester”, a protesté en swahili Georges Kamate, un conducteur de taxi-moto. “Notre gouvernement est incapable de nous sécuriser”, criait un autre manifestant.

Selon Jackson Kasereka, militant des droits de l’Homme à Beni, les habitants des quartiers du nord de la ville “brûlent des pneus” dans la rue en signe de protestation contre la tuerie et contre les autorités.

La ville et le territoire de Beni ont été endeuillés depuis octobre 2014 par une série de massacres qui ont coûté la vie à plus de 600 civils. Le gouvernement congolais et la mission de l’ONU dans le pays (Monusco) accusent les ADF d’être responsables de ces tueries.

Selon Gilbert Kambale, le nombre de personnes tuées est de cinquante alors que le premier bilan faisant état d’une trentaine de morts. La même indique que vingt-quatre maisons ont été incendiées.

« En tous cas, le nombre est tellement élevé. Nous avons pensé qu’il était important que les gens restent à la maison et pleurent leurs morts. Aujourd’hui, on est à plus de 1200 personnes tuées à la machette et à la hache, massacrées [depuis 2014, NDLR]. La population ne parvient plus à supporter que les gens puissent continuer à mourir », a déclaré Gilbert Kambale, lundi 15 août à Radio Okapi.