Qui bloque le Dialogue politique en RDC ?

DIRECT.CD — Près de neuf mois après un décret présidentiel convoquant le Dialogue politique en RD Congo, la situation est plus que jamais compliquée, voir confuse. Qui bloque le Dialogue initié  par le président  Joseph Kabila…? Chronique d’un couac politique.

A Kinshasa, le Groupe international de soutien au Dialogue a rencontré divers camps cette semaine, après la récusation du facilitateur  de l’Union  Africaine (UA), Edem Kodjo; qualifié de « grand Kabiliste » par Étienne Tshisekedi durant son meeting du 31 juillet dernier.

De cette rencontre, le délégué de la MP, le Sénateur Shé Okitundu, n’est pas passé par quatre chemins: « le problème vient de l’opposition, nous, on est prêts à aller au dialogue », affirme-il sur Radio France Internationale.

La majorité reste ferme

she-okitundu-735x400La première demande du Rassemblement, que le Groupe de soutien a rencontré  à huis-clos au domicile d’Etienne Tshisekedi à Kinshasa, peut avant de rencontrer les représentants de la Majorité, était l’élargissement de la facilitation et le remplacement d’Edem Kodjo, le facilitateur de l’Union africaine.

« Hors de question », répond la Majorité. She Okitundu rappelle que la demande d’une facilitation internationale venait de l’UDPS, qu’il a été choisi par la communauté internationale. « Pas question de revenir là-dessus », dit-il.

Pas question non plus d’aller au dialogue sans comité préparatoire.  « On ne peut pas décider de l’ordre du jour le premier jour du dialogue », estime l’émissaire de la Majorité sur RFI. Les mesures de décrispation ? La libération de tous les prisonniers politiques ? Le président a déjà fait un geste important en libérant des militants du mouvement citoyen la Lucha et un opposant.

« Des mesures de liberté provisoire sont envisagées, tout comme la réouverture de certains médias », assure le sénateur She Okitundu. Le rassemblement doit arrêter ses appels au soulèvement, dit en substance She Okitundu. Quant à expliquer pourquoi la majorité a tergiversé à rencontrer le groupe de soutien, « c’est l’opposition qui a un problème avec le dialogue, pas nous », conclut l’émissaire de la majorité.

L’opposition aussi

CpBjdMwWAAAFyWKDe l’autre côté,  la position de l’opposition ne bouge pas. Elle exige toujours le remplacement d’Edem Kodjo. Mais aussi, l’association « du panel d’Experts à la facilitation ».

Par ailleurs, le Rassemblement a affirmé avoir remis à ses hôtes une liste actualisée des prisonniers politiques. Une qui reprend les noms d’Eugene Diomi Ndongala, Christopher Ngoy, les militants des filimbi, la Lucha ou encore, les membres de l’UNAFEC de Kyungu Wa Kumwanza arrêtés ces derniers jours.

Même si les positions d’un camp comme de l’autre tendent à se concilier, les populations congolaises sont grandes perdantes de ce bras de fer.  Un Franc congolais toujours en souffrance par rapport aux devises étrangères et venu compliquer le quotidien difficile de milliers de congolais qui ne demandent pas plus qu’un consensus au sein de la classe politique.

Epinglé sur cette question durant un meeting, le 27 juillet dernier à Kinshasa,  Aubin Minaku, Secrétaire Général de la Majorité présidentielle, affirmait « avoir entendu le message ». Attendons donc voir.

Qui bloque le Dialogue ? C’était la chronique d’un couac politique.