Pierre-Jacques Chalupa : quand la République dévore ses enfants

Il était une fois, un congolais trop blanc pour l’être. Pierre-Jacques Chalupa, le mal-aimé de la République.

Pierre-Jacques Chalupa n’a plus goût à la vie. Il est dans l’embarras total. Celui qui a été élu en 2006 puis, invalidé une année après passe des moments les plus pénibles de sa vie, traverse, depuis un mois, des ennuis de santé qui nécessitent une expertise médicale à l’étranger. Le ‘‘Congolais à la peau blanche’’ éprouve d’énormes difficultés pour prendre de la nourriture et assouvir sa soif de n’importe quelle boisson.

Il est victime d’une tumeur cancéreuse à la gorge. Préoccupés par l’état de santé cet opposant politique,  Prince Epenge, président intérimaire de ADD, parti cher à Chalupa et l’épouse de l’infortuné en ont fait largement échos dans les médias dans le souci d’obtenir une évacuation rapide à l’étranger pour des soins appropriés de leur proche.

Prince Epenge a indiqué que les difficultés de santé dont souffre Pierre-Jacques Chalupa sont consécutives à sa longue détention en prison, et qui n’ont pu être traités de manière appropriée depuis sa remise en liberté.

S’appuyant sur un rapport médical du Centre d’Anatomie Pathologique établi en début de l’année en Belgique, Epenge a plaidé en faveur de la victime de la tumeur cancéreuse à la gorge.

Malheureusement, l’homme du slogan ‘‘Pourquoi pas moi’ lors de sa campagne électorale de 2006, ne peut pas effectuer ce déplacement pour guérir sa maladie. Pour cause, son passeport qui devait lui permettre d’effectuer ce déplacement lui a été retiré depuis son interpellation par la justice.

Sexagénaire, Chalupa a été mis en prison de Makala en 2012 avant d’être libéré par grâce Présidentielle. Il a été poursuivi pour détention d’une fausse attestation d’acquisition de la nationalité congolaise, d’une fausse carte d’électeur et d’un faux passeport congolais. Pendant ce temps, l’intéressé et ses proches affirme qu’il était Congolais, né en RDC de parents congolais et n’a jamais contracté une double nationalité.

Des multiples démarches entreprises du coté de Chalupa pour la restitution de ce document se sont révélées improductives.

Le ton de l’UE

La détérioration de la santé de Chalupa a fait aussi l’objet d’une déclaration de l’Union Interparlementaire. Se référant à une décision adoptée par le comité des droits de l’homme des parlementaires lors de sa 149me session tenue à Genève du 15 au 25 janvier 2016, cette institution européenne a demandé aux autorités congolaises de prendre, pour des raisons humanitaires, les dispositions nécessaires pour lui délivrer, de toute urgence, des documents pouvant lui permettre de se rendre à l’étranger à des fins médicales. Un élément de plus qui a poussé les autorités congolaises à remettre le passeport à l’intéressé.

Depuis une semaine, Pierre-Jacques Chalupa est en possession de son passeport congolais, mais n’a toujours pas, du moins officiellement,  la nationalité congolaise.

Commerçant né dans l’est du pays avant l’indépendance, de parents portugais et grecs, Pierre-Jacques Chalupa a entamé il y a vingt ans sa naturalisation – zaïroise à l’époque. Pour cela il renonce à la nationalité portugaise.

« Je suis né au Congo-Belge Rwanda Urundi en 1948. Mon père est né en 1927 à Matadi. Ma grand-mère est née en 1899 à Boma. Je suis sur le même diapason que Yerodia Abdoulaye Ndombasi [de la Majorité présidentielle] », a affirmé le président d’Action pour la démocratie et le développement au Congo, parti politique qu’il dirige.#

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire