Le maire d’une commune de Seine-Maritime est victime d’un chantage à la sextape sur laquelle on le voit se caresser. Ses rançonneurs lui réclament la somme de 30 000 €, payable en deux fois. Il semblerait que l’ancien vice-ministre Enock Sebineza ait été victime du même réseau.
Seine-Maritime : un maire victime d’un chantage à la sextape, les « brouteurs africains » lui réclament 30 000 €

L’édile normand s’est laissé séduire sur Internet par une certaine Anne-Marie avant d’être contacté par les « brouteurs africains » (photo d’illustration)

En relation avec une femme sur Internet depuis trois mois, le maire d’une ville de plusieurs milliers d’habitants de Seine-Maritime pensait avoir trouvé l’amour… Finalement, c’est la désillusion : l’édile est en réalité victime d’un odieux chantage à la sextape. Ses rançonneurs lui réclament la somme de 30 000 €, payable en deux fois, pour éviter la diffusion de vidéos sur lesquelles on le voit en train de se caresser.

L’élu explique les circonstances de sa mésaventure : « Je suis aujourd’hui célibataire, j’ai envie de refaire ma vie. Alors, quand cette femme est entrée en contact avec moi il y a quelque temps sur Skype, j’ai accepté. Nous avons entretenu une relation virtuelle. Et puis parfois, c’est vrai j’assume totalement ce que j’ai fait, nous nous sommes laissés aller à des jeux (sexuels, ndlr) par caméras interposées. » Jusqu’au jour où, début avril, l’élu a souhaité aller plus loin dans cette relation avec celle qui se faisait appeler Anne-Marie et disait habiter à Dijon. « Je lui ai proposé d’aller la rencontrer, elle m’a expliqué que c’était trop compliqué. Elle m’a alors dit qu’elle voulait venir me voir en Normandie, mais qu’elle avait besoin d’argent ». Mais le maire, devenu suspicieux, a refusé et pris ses distances avec sa belle blonde.

Le maire : « Je suis déçu par la nature humaine »

C’est à ce moment précis que l’affaire a pris une autre tournure : « J’ai alors reçu des coups de téléphone de Côte d’Ivoire, des mails, des messages avec des photos truquées et des menaces m’ordonnant de verser une importante somme d’argent si je ne voulais pas voir les vidéos de nos jeux être diffusées sur Internet. J’ai immédiatement contacté la police et n’ai rien payé. » Depuis, les aigrefins ne voyant pas l’argent arriver n’ont pas hésité à contacter, par mails ou par les réseaux sociaux, des membres de l’entourage professionnel du maire et des associations de sa ville pour leur transmettre les vidéos intimes. « Il y en a quatre ou cinq qui circulent. La police et un informaticien ont fait le nécessaire pour « nettoyer » les plateformes sur lesquelles j’apparais. Mais nous restons vigilants car certaines sont supprimées et réapparaissent sur d’autres plateformes », confie le maire, qui se dit « déçu par la nature humaine ».

Le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen est chargé de mener les investigations pour tenter de remonter la piste des escrocs dans le cadre d’une enquête préliminaire. Des adresses IP (Internet protocol) ont été relevées et renvoient vers la Côte d’Ivoire. « Ce n’est pas une surprise, précise un spécialiste policier. L’arnaque à la webcam est bien connue. Ces escrocs du web, qui incitent les gens à se dénuder devant leur webcam avant de les faire chanter, sont appelés les « brouteurs africains ». Malheureusement, ce type de faits a tendance à se multiplier de manière importante ces derniers temps. ».

Un autre élu déjà victime des « brouteurs africains »

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un élu de la République est victime « des brouteurs africains ». En octobre dernier, le maire d’une ville de Charente, vice-président du conseil départemental, s’était vu réclamer 8 000 € par des maîtres chanteurs en échange de la non-diffusion d’une vidéo sur laquelle on le voyait se masturber. L’élu charentais n’a jamais payé. « Il ne faut surtout pas payer et rester droit dans ses bottes, confie l’édile normand. Les gens qui se sont fait piéger comme moi sont des victimes. J’invite les gens à la plus grande prudence, et je conseille aussi à ceux qui seraient mal intentionnés en relayant ces vidéos sur les réseaux sociaux à ne pas le faire, c’est pénalement répréhensible. Si j’ai accepté de témoigner dans votre journal c’est pour que mon histoire serve d’exemple. »