Alors que l’on a souvent mis l’accent sur la pendemie du SIDA dans le milieu universitaire, les écoles secondaires sont toutes aussi victimes de ce fléau qui touche essentiellement  les jeunes qui représentent 60 % de la population en République démocratique du Congo, elle-même estimée à plus de 80 millions d’habitants.

Lorsqu’on leur demande s’ils ont connaissance de maladies sexuellement transmissibles, les jeunes Congolais disent généralement connaître très bien les MST y compris le Sida.

Les spécialistes du monde entier sont unanimes : l’arme la plus efficace pour combattre le Sida, c’est l’information et la communication, du fait qu’il n’existe point de médicament à ce jour.

L’accès à une information complète faisant partie des droits inaliénables de l’homme, au Congo-Kinshasa, les spécialistes plaident désormais pour la sensibilisation tous azimut des jeunes en milieux scolaires, afin de prévenir le Sida.

Il ne s’agira pas simplement d’axer les campagnes de sensibilisation sur le port du préservatif, mais d’agir constamment auprès des jeunes en essayant de briser le mur du silence qui fait de la sexualité un sujet tabou, affirme le Docteur François Lepira, médecin-directeur du Programme national de lutte contre le Sida et les maladies sexuellement transmissibles.

Lui autant que d’autres spécialistes en la matière, sont d’avis que les programmes scolaires doivent réserver une place prépondérante à l’éducation sexuelle des jeunes en leur permettant d’avoir toutes les informations nécessaires à la prise en charge de leur sexualité. A ce titre, l’école contribuerait à la lutte contre l’infection à VIH/Sida, vue sous l’angle de lutte pour la réduction de la pauvreté: un défi à relever pour ainsi dire.

En effet, soutient Dr Lepira, la pauvreté aggrave la vulnérabilité. \”Et les jeunes, qui constituent ce que nous appelons la cuvette de l’espoir, font partie de la tranche de la population exposée à la pandémie du Sida. D’oů la nécessité de descendre en milieux scolaires pour sensibiliser les jeunes aux méfaits du Sida afin de les amener à changer de comportement.

De fait, les jeunes représentent 60% de la population en République Démocratique du Congo, elle-même estimée à 60 millions d’habitants. Lorsqu’on leur demande s’ils ont connaissance de maladies sexuellement transmissibles, les jeunes Congolais disent généralement connaître très bien les MST y compris le Sida.

Mais ont-ils pour autant changé le comportement? Pour le directeur du Programme national de lutte contre te Sida et les MST, la réponse à cette question est négative. Une enquête menée dans ce sens le prouve; les jeunes de 15 à 24 ans ont des rapports sexuels non protégés. L’utilisation du préservatif dans les milieux des jeunes butent à plusieurs barrières, entre autres, beaucoup de fausses informations, soutient le médecin -directeur. Telle la rumeur selon laquelle le lubrifiant contenu dans le préservatif provoquerait le cancer de matrice.

Responsabilisation

Réduire les risques d’infection des couches les plus vulnérables, dont les jeunes, et contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté exige la responsabilisation de tous. Aussi la mobilisation communautaire constitue-t-elle l’un des piliers de la réponse nationale contre le Sida.

A ce titre, en République Démocratique du Congo, comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique, les jeunes se sont organisés en association et mènent aussi des campagnes d’information et d’éducation visant une large sensibilisation sur ce grave problème de santé publique, devenu un phénomène social.

Appuyés dans cette lutte par les pouvoirs publics, les organisations non gouvernementales et les organismes internationaux, les jeunes de plusieurs institutions d’enseignement supérieur et universitaire sont impliqués dans l’organisation de conférences-débats et la projection de films fournissant les informations nécessaires sur la pandémie du Sida.

Reste que pour contribuer effectivement à réduire l’ampleur de ce phénomène, le suivi des toutes les activités entreprises aussi bien par les jeunes que par les institutions s’avère nécessaire, pense Mlle Solange Elenge, étudiante en Droit à l’Université protestante du Congo, présidente de la section congolaise de l’AFARD (Association des femmes congolaises africaines pour la recherche et le développement) et membre de l’association « Priorité jeunesse ».