Alors que le flou règne sur la tenue des élections présidentielle et législatives l’an prochain, l’Église catholique congolaise se veut vigilante.

À moins d’un an des élections législatives et présidentielles, les évêques de République démocratique du Congo ont annoncé la création d’un comité de surveillance pour suivre les évolutions politiques, inquiets d’une situation qu’ils qualifient de « très préoccupante ».

Formé par les six archevêques métropolitains de l’Église de RDC, et par le président et le vice-président de la Cenco, la Conférence épiscopale de la République démocratique du Congo, la mission du comité sera de « conserver le contact avec tous les protagonistes, de susciter et de consolider la confiance réciproque, et d’encourager les initiatives visant à relancer le processus électoral », a annoncé la Cenco dans un communiqué.

Cette annonce fait suite à leur rencontre avec le président de la République Joseph Kabila. Dans le cadre d’une série de consultation avec des membres de l’opposition et de la société civile, le chef de l’État a reçu une commission ad hoc de la conférence épiscopale. Cette dernière avait elle-même entamé des consultations avec différents acteurs, comme Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la coalition de partis qui soutiennent le président, et les représentants de l’opposition.

UNE SITUATION POLITIQUE INCERTAINE

La situation politique est tendue en RDC, au commencement d’une année d’échéances électorales. Des élections présidentielles et législatives devraient se tenir en novembre 2016, mais de fortes incertitudes demeurent sur la bonne tenue de ces scrutins. Alors que la Cour constitutionnelle a invalidé en septembre le calendrier électoral, l’opposition accuse le président Joseph Kabila de vouloir se représenter pour un nouveau mandat, en modifiant la constitution qui le lui interdit. Président depuis 2001, il avait été réélu en 2006 puis en 2011, lors de scrutins marqués par des fraudes massives.

L’ÉGLISE EN PREMIÈRE LIGNE

L’Église catholique congolaise s’inquiète depuis plusieurs mois de la situation politique. Acteur majeur de l’ouverture démocratique du pays dans les années 1990, sa voix porte au-delà des catholiques. Courant décembre, les évêques avaient dénoncé le manque de moyens alloués à la Commission électorale et nationale indépendante, pour l’organisation du scrutin. Ils avaient appelé le 24 novembre, dans un message « pour la réussite du processus électoral », les chrétiens à se mobiliser autour « d’initiatives spirituelles pour implorer la grâce de la paix et de la miséricorde sur notre pays ».

A.T.