Le Rwanda n’est pas une monarchie. Mais un successeur digne de ce nom doit émerger naturellement pour poursuivre les progrès réalisés par le président Kagame ces 10 dernières années. Autrement, la démocratie, à l’occidentale, pourrait bien avoir un goût amer pour les rwandais.

Le débat sur ​​le changement ou la continuité au Rwanda – en particulier si la Constitution devrait être modifiée pour permettre au président Paul Kagame de se présenter pour un troisième mandat en 2017- continue.

Dans un article publié au  Mail & Guardian en Afrique du Syd, Charles Onyango-Obbo, le rédacteur, abordait notamment le respect de la constitution en Afrique.  Affirmant que le président Kagame devrait se retirer pour “donner une chance à la démocratie”. Mais il faudra, cependant, tenir compte de l’environnement politique très particulier du Rwanda, et, surtout, celui de la région des Grands Lacs.

La région sort à peine d’une période de guerres et d’instabilités politiques. Auxquelles, le Président Kagame a réussit, avec brio, à y mettre un terme. Faisant du Rwanda l’un des pays les plus développés de la région. Et ce, même s’il s’est appuyé à déstabiliser largement le Congo voisin.

Les institutions rwandaises sont stables. Il ont fait leurs preuves: le bureau de l’Audite Général, le Parlement, le Sénat et toutes les institutions judiciaires, ainsi que beaucoup d’autres ont fait un travail formidable, et sont internationalement respectées pour cela.

Suicide national

016311390_30300 Néanmoins, les mêmes institutions sont trop jeunes pour que leur efficacité  devienne une culture enracinée dans les pratiques de la société rwandaise. Loin de là. Elles ont besoin de plus de temps pour évoluer et se développer en des institutions plus fortes, stables et durables.

Dans un pays en développement comme le Rwanda, soit vous avez un pouvoir fort ou des institutions fortes. Et  le président Kagame incarne ce leadership fort, une rareté parmi les nombreux pays africains; ce qui conduirait à conclure qu’en absence claire d’alternative, le changement à la tête de ce pays d’Afrique centrale, pourrait s’avéré être un suicide national pour les rwandais.

Sans remettre en cause les biens fondés de la démocratie, et surtout dans le contexte global africain, il sied cependant d’en reconnaître les spécificités du continent.

Les pays du Maghreb nous en donne largement l’exemple. En voulant à tout prix démocratiser les pays comme la Libye ou l’Egypte, la communauté internationale a fait plonger ces deux pays dans une instabilité institutionnelle et économique profonde et chronique.

Ce qui pourrait bien arriver au Rwanda, si jamais Kagame acceptait de quitter le pouvoir en 2017. Ou s’il ne préparait par une alternative claire.

Néanmoins, ce sujet divise autant.

Benjamin Litsani Choukran