SIDA en RDC: les professionnels du sexe se protègent mieux que les élèves et les étudiants!

En République démocratique du Congo, les professionnels du sexe sont plus prudents lorsqu’ils s’engagent dans les rapports sexuels. S’estimant très exposés au sida et à d’autres maladies vénériennes, ils prennent plus de précautions au moindre contact que les élèves et les étudiants. C’est du moins ce que démontre une enquête menée récemment par une équipe des jeunes congolais, dans le cadre d’un programme américain soutenu par le président Barack Obama.

Les résultats de ces études ont été rendus publics la semaine dernière, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA. Organisées par l’ambassade des Etats-Unis, à travers le Plan d’urgence du Président Américain pour Lutter Contre le VIH/SIDA (PEPFAR), ces activités se sont déroulées du 30 novembre au 3 décembre dernier sur quatre sites disséminés à travers la capitale, dans l’objectif de sensibiliser les jeunes au dépistage du VIH/SIDA et à une sexualité responsable.
Lancées le lundi 30 novembre, ces activités ont démarré à l’American Corner de Limete et se sont poursuivies à l’Université protestante du Congo (UPC) (mardi 1er décembre), à l’IRC (mercredi 2 décembre) et à Congo Americain Language Institute (CALI), dans la commune de Ngaliema, où s’est tenue la dernière conférence-débat le jeudi 3 décembre.
Ces activités ont consisté en une série de conférences-débat organisées à l’issue de la projection du film documentaire intitulé ’’Nos parents de demain, tous victimes du VIH/SIDA ?’’. Une réalisation des jeunes congolais, axée sur les modes de protection les plus usités à Kinshasa face à cette pandémie.
DES JEUNES DE 15 A 24 ANS, CIBLES DU SIDA
D’après les enquêtes menées, le documentaire montre que ce sont les jeunes, dont l’âge varie entre 15 et 24 ans, qui sont les plus atteints par le VIH/SIDA. Partant de ce constat, les réalisateurs du film ont cherché à comprendre pourquoi ces jeunes sont les plus atteints. Ils ont ainsi enquêté dans les universités et écoles de la capitale.
Ces milieux avec leurs réalités, les mauvais entourages, les points sexuellement transmissibles, le phénomène ’’Muchina’’, l’accessibilité facile pour les jeunes aux films pornographiques semblent, selon les enquêteurs, être à la base du taux croissant du VIH auprès des jeunes. « Les élèves et les étudiants sont les personnes les plus exposées à cette maladie, mais ils semblent encore inconscients de l’existence du VIH ou font la politique de l’autruche », rapporte l’un des enquêteurs.
Paradoxalement, les professionnels du sexe, les homosexuels comme les hétérosexuels, sont plus conscients du danger, de l’existence de la maladie. Abordés dans le documentaire, ils ont reconnu à l’unanimité qu’ils recourent généralement à des relations protégées, faisant des préservatifs leurs compagnons quotidiens. Ce qui n’est pas le cas d’étudiants et d’élèves qui ne voient pas pourquoi s’en servir lors de leurs rapports occasionnels. Certains affirment même qu’ils n’aiment pas du tout s’en servir.

RESISTANCE AU DEPISTAGE VOLONTAIRE
Composé en majorité d’étudiants, le public de CALI tout comme de l’UPC, s’est senti interpellé par ce film. Informés davantage sur les modes de contagions et des moyens de protection, appuyés par des témoignages des personnes vivant avec le VIH/SIDA, les jeunes ont fini par prendre conscience du danger en vue.
Pourtant, quand les organisateurs leur ont lancé l’invitation pour un dépistage volontaire sur place, l’appel n’a produit aucun effet. Visiblement dubitatifs, ces jeunes ont trouvé ’’la pilule difficile à avaler’’. Si, à l’UPC, aucun étudiant n’a voulu se faire dépister gratuitement séance tenante, deux candidats ont cependant accepté de le faire à CALI, sous des applaudissements frénétiques de leurs collègues présents sur le lieu.

DEBATS ET ECHANGES
L’assistance a eu droit à un échange avec les organisateurs afin de soulever toutes les zones d’ombre, liées à cette maladie. « Cet atelier m’a ouvert les yeux sur l’existence réelle de la maladie. Il m’a permis de savoir pourquoi il faut se protéger et ne pas avoir une confiance aveugle en son partenaire », explique Ornella K., étudiante en G1 Economie à l’UPC.
« Je comprends maintenant pourquoi il ne faut pas se laisser influencer par son entourage et pourquoi il est nécessaire d’éviter les films à caractère pornographique », ajoute-t-elle.
« Ça peut aussi m’arriver ! Pas seulement aux autres ! C’est en gros ce que j’ai retenu au cours de cet échange. Nous les filles, nous sommes parfois naïves, et cela peut avoir des conséquences graves. Je m’en rends compte aujourd’hui. Il faut également parler du Sida en famille. Communiquer avec nos parents est essentiel pour ne pas tomber dans les pièges », estime pour sa part Ange P., une participante d’une vingtaine d’année.
A l’issue de ces séances de sensibilisation, l’équipe PEPFAR a tiré la sonnette d’alarme. Elle a convié les jeunes des milieux scolaires et estudiantins au dépistage précoce afin de connaître à temps leur état sérologique pour une meilleure prise en charge. Membre de l’équipe organisatrice. Mme Miriam a invité les parents à aider les jeunes à mieux réaliser l’existence de la maladie.
Aux nombreux étudiants qui ont pris part aux journées de sensibilisation,

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