L’extradiction (im)possible de Ladislas Ntaganzwa vers le Rwanda

DIRECT.CD — Alors que le Rwanda n’a jamais extradé des suspects congolais arrêtés sur son sol, le gouvernement congolais non plus ne se presserait à extrader Ladislas Ntaganzwa, l’un des neuf accusés encore recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) chargé de juger les responsables du génocide de 1994.

Maire de la localité de Nyakizu, dans le sud du Rwanda, au moment des massacres de 1994, Ladislas Ntaganzwa faisait partie des 9 génocidaires rwandais présumés encore recherchés par le TPIR. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP.

Dans un communiqué, également publié jeudi, le Mécanisme pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI) prie les autorités de Kinshasa d’extrader immédiatement Ladislas Ntaganzwa au Rwanda pour qu’il y soit jugé. Dans l’exécution de ce plan, M. Ntaganzwa aurait organisé, ordonné et participé aux massacres de milliers de Tutsi.

 » Nous avons lancé l’offensive vendredi contre une position des FDLR (…) où se trouve la résidence du général (Sylvestre) Mudacumura », chef militaire de ce mouvement, a assuré le capitaine Guillaume Djike, joint par téléphone de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Ladislas Ntaganzwa est en effet poursuivi pour entente en vue de commettre le génocide, génocide, complicité de génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide, crimes contre l’humanité et violations des conventions de Genève.

S’ils sont arrêtés, le MPTI se chargera de juger Félicien Kabuga, surnommé le « financier du génocide », Augustin Bizimana, ministre de la Défense lors du génocide, et Protais Mpiranya, alors chef de la garde présidentielle, considérés comme les trois fugitifs les plus importants.

Déclenché après l’assassinat le 6 avril 1994 du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, dont l’avion avait été abattu au dessus de Kigali, le génocide rwandais a fait 800.000 morts selon l’ONU, essentiellement parmi la minorité tutsi, entre avril et juillet 1994.

Cette affaire, très complexe, implique notamment la seule femme mise en accusation par le TPIR, l’ex-ministre de la Famille Pauline Nyiramasuhuko, et son fils Arsène Shalom Ntahobali, tous deux condamnés à la perpétuité en première instance.

Sauf que la coopération judiciaire n’a jamais été effective entre la RDC et le Rwanda. Laurent Nkunda ou encore plusieurs chefs rebelles du M23 arrêtés sur le territoire rwandais n’ont jamais été extradé vers la RDc, malgré les multiples insistances des autorités congolaises.

Le Rwanda justifie son refus de renvoyer en RDC le Général Laurent Nkunda et les officiers supérieurs du M23 qui ont trouvé refuge dans ce pays par le fait que la RDC maintient la peine capitale dans sa législation. La déclaration est de la ministre rwandaise des affaires étrangères Louise Mushikiwabo lors d’une conférence de presse à Kigali en Aout 2013.

Les autorités judiciaires congolaises n’ont pas souhaité réagir  « pour l’instant » à cette question posée par la rédaction de Direct.cd

Il s’agit ici toutefois d’un cap totalement différent puis que s’agissant d’un tribunal de paix international.

Le Rwanda avait, en son temps, accepté d’extrader Bosco Ntaganda vers la CPI, à la demande de cette dernière et des autorités congolaises.

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