Le parlement rwandais a approuvé ce jeudi 29 octobre 2015 un amendement de la Constitution du pays permettant ainsi à l’actuel président, Paul Kagamé, de rester un pouvoir jusqu’en 2034

Au Rwanda, le règne de Paul Kagamé en tant que président de la république semble interminable. Les législateurs rwandais ont en effet supprimé la durée des mandats présidentiels de Paul Kagamé, ce qui permet à ce dernier de rester à la tête du pays pour 19 ans jusqu’en 2034, s’il décide de se représenter en 2017.

La chambre basse du parlement a approuvé ce jeudi un amendement de la constitution donnant ainsi le feu-vert à Paul Kagamé, au pouvoir depuis 2000, de briguer un troisième mandat qui lui ouvrira la voix à deux mandats de 5 ans. De source proche, les parlementaires rwandais ont voté en faveur de l’Article 172 de la Constitution qui permet à Paul Kagamé de diriger le pays autant qu’il le souhaitera.

« Répondre à la demande du peuple »

Selon cet article (172) de la Constitution rwandaise : « le Président de la République au pouvoir au moment de la révision de la Constitution (en l’occurrence Paul Kagamé) devrait continuer à assumer son mandat présidentiel et les dispositions de l’Article 101 de la Constitution amendée devraient s’appliquer au-delà de son mandat de sept ans ». La fin du mandat présidentiel est prévue pour 2017.

Selon Donatille Mukabalisa, porte-parole des députés de la Chambre basse, les dispositions de l’article 172 ont été élaborées pour répondre à la « demande du peuple » qui, dans une pétition adressée au parlement en ce début d’année, avait exigé la suppression des limites du mandat présidentiel afin de permettre à Paul Kagamé de rester président au-delà de 2017.

Les amendements devraient être approuvés par le Sénat avant même l’organisation d’un référendum sur la question. Paul Kagamé, aujourd’hui âgé de 58 ans, a toujours maintenu le flou sur ses ambitions de briguer un troisième mandat à la tête du pays. Toutefois, ce petit jeu politique ne l’empêchera pas de rejoindre la liste des présidents africains « ivres de pouvoir ».