L‘exécutif central de la RDC vient d’interdire l’adoption internationale des enfants congolais. Jusqu’à la promulgation de la nouvelle loi. Selon le gouvernement, ils subissent des « actes qui blessent la conscience ».

La commission interministérielle ayant statué sur le dossier « Adoption des enfants congolais à l’Etranger a décidé momentanément de mettre un terme à l’adoption internationale de ces enfants. Cela jusqu’à nouvel avis, c’est-à-dire jusqu’au vote par le parlement de la nouvelle loi relative à ce dossier. Le porte-parole de cette commission, le ministre de la Justice et des Droits humains, Alexis Thambwe Mwamba, l’a fait savoir à la presse dans sa communication faite après la réunion que la commission a eue avec les diplomates des pays occidentaux concernés.

Pour justifier cette mesure de suspension, la commission interministérielle a constaté que, sur un dossier de plus de mille cas, la plupart ont été traités en violation de la loi. Et après avoir fait le suivi du cheminement des enfants adoptés pour voir comment ils sont traités, a fait valoir le ministre de la Justice, un constat malheureux a été fait: « un certain nombre d’actes qui blessent la conscience». Une certaine opinion congolaise invoque souvent le trafic d’êtres humains et ces enfants congolais feraient l’objet d’un traitement inhumain dans les pays d’adoption.

En dépit de cette situation, la commission a quand même passé au crible les quelque mille dossiers pour n’en retenir que soixante-neuf, éligibles à l’adoption. « Nous avons également autorisé la sortie de trois enfants atteints de maladies graves », a aussi indiqué le ministre Thambwe Mwamba; qui l’a notifié aux ambassadeurs des pays concernés. Il a signalé que ces 72 cas concernent huit pays : les Etats-Unis (14), la Belgique (12), les Pays-Bas (11), le Canada (10), la France (10), l’Italie (10), l’Allemagne (1) et la Suisse (1). «Nous avons autorisé la sortie de ces enfants à partir d’aujourd’hui », a-t-il signalé.

Il a finalement relevé le fait que «d’aucuns pensaient qu’il était impossible pour le gouvernement de faire le suivi des enfants adoptés ». Ils se sont donc trompés. Et d’insister sur le fait que « lorsque la nouvelle loi, en débat à l’assemblée nationale, sera votée, tous les dossiers pourront passer, conformément à la loi.

A noter que la commission a été composée de représentants de la Primature, des ministères de l‘Intérieur, de la Justice, de la Défense, du Genre, de la Famille et de l’Enfant ainsi que de la Direction générale de migration et de l’Agence nationale de renseignements.

 

Par Olivier DIOSO,
Le Potentiel