L’arrêt de la Cour constitutionnelle du mardi 8 septembre enjoignant le gouvernement à organiser l’élection des gouverneurs avant tout autre scrutin et en plus, de trouver les moyens nécessaires à la réalisation de cette opération, est à la base de plusieurs insomnies. Le Premier ministre se bat comme un diable dans le bénitier pour dégager rapidement les moyens financiers à mettre à la disposition de la commission électorale pour l’organisation de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces nouvellement créées.

C’est dans ce cadre que le chef du Gouvernement a tenu à initier, dans les prochains jours à Kinshasa, une rencontre entre les experts de la République démocratique du Congo et ceux du Katanga Mining, filiale congolaise du groupe de négoce de matières premières suisse Glencore pour discuter dé l’annonce par le géant des matières premières de la suspension de sa production de cuivre au Katanga. De l’entourage du Premier ministre, nous apprenons que le Gouvernement veut obliger Glencore de respecter ses engagements en matières d’investissement et d’emploi pour préparer la prochaine reprise de production.
Il sied de rappeler que Katanga Mining, filiale congolaise du groupe de négoce de matières premières suisse Glencore, avait annoncé la semaine dernière la suspension de ses activités de traitement de cobalt. Cette société exploite la mine de Kamoto, près de Kolwezi, dans la province du Katanga.

La suspension du traitement du cuivre et du cobalt, à partir d’une date non communiquée, “est prévue pour une durée pouvant aller jusqu’à 18 mois” pendant la durée de ces travaux. “La société cherche. à minimiser les effets de cette suspension sur ses employés et conservera au moins 80% de la main-d’œuvre existante », affirme le communiqué.

Elle a fait, à cet effet, qu’elle maintient son plan d’investissement prévu de “880 millions de dollars” destiné à améliorer ses infrastructures de production et sa rentabilité.
Frappée par la chute des cours des métaux, Glencore a dévoilé une série de mesures pour réduire son endettement parmi lesquelles la suspension de sa production de cuivre à Kamoto. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et dispute à la Zambie la place de sixième producteur mondial de cuivre.

Katanga Mining affirme avoir produit plus de 77.000 tonnes de feuilles de cuivre (cathodes) et près de 1.800 tonnes de cobalt au premier semestre, soit respectivement 16% et 5% de la production nationale de ces deux métaux estimée par Chambre des mines congolaise pour la même période.

Selon l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), dont la RDC est membre, la mine de Kamoto a représenté 20% des recettes perçues par l’État congolais en provenance du secteur minier en 2013. Les mines sont le moteur principal de la forte croissance économique que connaît depuis quelques années la RDC. Katanga Mining’ ambitionne de devenir la première société productrice de cobalt au monde et de cuivre en Afrique mais, tarde répondre aux avances du Gouvernement.
LP