Washington s’oppose de nouveau à un troisème mandat de Kagame

Les Etats-Unis ont de nouveau exprimé leur opposition à un éventuel troisième mandat du président rwandais Paul Kagame à l’issue de la présidentielle de 2017, environ trois mois après le feu vert accordé par le Parlement à une réforme constitutionnelle.

Dans un communiqué publié le 4 septembre, le département d’Etat américain, qui était déjà monté au créneau en juin sur cette question, a fait part de sa «préoccupation» devant «la décision du Parlement rwandais et du président Paul Kagame de mettre sur pied une commission de réforme constitutionnelle qui pourrait amender ou supprimer les limites du mandat présidentiel et permettre au président Kagame de concourir pour un troisième mandat en 2017».

«Nous ne soutenons pas ceux qui, à des postes de pouvoir, changent les constitutions uniquement pour leurs propres intérêts politiques», a déploré le porte-parole de la diplomatie américaine John Kirby, cité dans le communiqué.

Appelée  désormais «doctrine Obama», la position américaine qui impose aux présidents africains une limite à deux mandats et interdit d’amender les Lois fondamentales a été détaillée avec vigueur  par le président américain à la tribune de l’Union africaine (UA) en juillet dernier. Les Américains l’ont rappelée aux Burundais et aux Congolais de RDC à plusieurs reprises ces derniers mois.

«Nous demeurons pour des transitions démocratiques du pouvoir dans tous les pays, par le biais d’élections libres, justes et crédibles, conformément aux Constitutions et à leurs dispositions limitant les mandats» présidentiels, a insisté M. Kirby.

Les deux chambres du Parlement rwandais, toutes deux dominées par le Front patriotique rwandais (FPR, le parti de M. Kagame), se sont prononcées sans surprises le 11 août en  faveur d’une réforme constitutionnelle. Mais des amendements devront cependant encore être votés, puis une nouvelle Constitution formellement soumise à un référendum populaire.

Autrefois soutenu par les Etats-Unis, Paul Kagame est depuis 2012 regardé avec une certaine méfiance par Washington, en raison du rôle jugé «déstabilisateur» de Kigali dans l’Est de la République démocratique du Congo voisine.

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