Le navire qui doit embarquer les acteurs politiques qui soutiennent la tenue du dialogue politique en République Démocratique du Congo (RDC) baigne encore dans les eaux douces du fleuve Congo. A quel port et à quelle heure va accoster ce « navire » qui embarque les acteurs politiques de la République Démocratique du Congo (RDC) ? Pour l’instant, personne ne peut répondre à cette question avec exactitude.

La guerre des idées que se livraient les acteurs politiques congolais à travers les médias a gagné les rues en Europe où les pro et anti-dialogue se sont affrontés dans certaines villes notamment à Bruxelles (Belgique) et à Paris (France). Pendant ce temps, la presse tant nationale qu’internationale faisait état des contacts directs entre les délégués du pouvoir et ceux de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) envoyés par Etienne Tshisekedi.
Journal coté proche d’Etienne Tshisekedi, Le Phare a même parlé, dans son édition de mardi dernier «d’une offre des postes ministériels qui aurait été faite aux délégués de Tshisekedi en Italie». Certes, le quotidien de l’avenue Lukusa a mis du bémol pour affirmer que les émissaires ont rejeté cette ligné qu’ils n’ont pas reçu mandat de la part de leur leader.

En attendant, Me Joseph Mukendi wa Mulumba qui a fait partie de la délégation de l’UDPS a confirmé les contacts directs avec les émissaires envoyé par le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila. «Plusieurs points de convergence ont apparu entre les deux parties, notamment au sujet de la nécessité de revisiter le calendrier électoral, d’auditer le fichier électoral, d’enrôler les nouveaux majeurs, de libérer les prisonniers politiques et d’opinion, de rouvrir les médias fermes, de respecter les droits de l’homme, de refonder l’Etat de droit, etc… », rapporte Le Phare, qui cite Me Mukendi.
Ce dernier a même indiqué que sa délégation a sollicité la suspension des travaux, le temps pour eux de faire rapport à Etienne Tshisekedi de l’état d’avancement des convergences et de la situation des divergences.

Ambitions bloquées

Lorsque dans l’une de ses dernières éditions Congo Nouveau parlait de la probable désignation de Me Joseph Mukendi wa Mulumba en qualité de Premier ministre de Transition, d’aucuns nous avaient traité de tous les noms. Mais des sources indiquent que l’UDPS ne serait pas contre la proposition lui faite par l’autre camp pour diriger un probable Gouvernement de Transition.

A en croire des analystes, c’est le refus des autres forces politiques de l’Opposition qui refroidit les «ambitions» politiques d’Etienne Tshisekedi et de son parti pour prendre la perche lui tendue par le camp présidentiel. «Si les dirigeants du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) avaient pris position pour la tenue du dialogue politique proposé par le chef de l’Etat l’UDPS aurait pu accepter les postes lui proposés par le camp en face », affirme un cadre de la Majorité Présidentielle.

Seule à soutenir la convocation du dialogue, l’UDPS semble voir son périmètre des manœuvres réduit quant à son «plan » par rapport à ces assises. Car, malgré la volonté manifeste affichée du lider maximo et de son parti de ne pas négocier le partage du pouvoir, l’histoire nous renseigne que toutes les négociations politiques entre le Pouvoir et l’Opposition ont toujours «accouché » des Gouvernements dits d’union nationale en RDC.
Certains acteurs politiques qui soutiennent la démarche d’Etienne Tshisekedi ne crient pour rien. Car, beaucoup parmi eux se voient déjà dans des fauteuils ministériels.

Par CONGO NOUVEAU