La RD Congo connaît une vague sans précédant d’assassinats par coup de feu et par empoisonnement depuis le parachutage de Joseph Kabila au pouvoir en 2001, suite à l’assassinat violent de Laurent Désiré Kabila (son père biologique ou adoptif ? ). Nous allons tenter d’apporter notre éclairage sur cette tuerie en série ou cette méthode d’élimination des membres de sa (supposée) famille biologique ; des adversaires politiques ; des défenseurs des droits de l’homme ; des journalistes ; ainsi que ses propres collaborateurs.

En effet, sans rentrer dans une énumération détaillée des noms des Congolais morts de manière mystérieuse ou violente, nous prendrons le cas de Laurent Désiré Kabila l’ancien Président de la RD Congo. Les présumés coupables furent condamnés à mort après un simulacre de procès devant la cour d’ordre militaire. L’opinion se demande toujours s’il n’existe pas un lien direct entre cet assassinat et d’une part la volonté affichée de LD Kabila de revoir tous les contrats miniers léonins, sans exception, signés par l’AFDL ; la découverte , six mois plus tôt, d’armes de guerre dans le bâtiment du consulat de la Belgique à Lubumbashi, par les agents de l’ANR ; d’autre part, la présence de Joseph Kabila à Lubumbashi après sa trahison lors de la défaite spectaculaire de l’armée nationale congolaise à Pwéto face aux hommes de Paul Kagamé ; ainsi que l’annonce précipitée de la mort de LD Kabila par le Ministre Belge des Affaires Etrangère de l’époque (une figure bien connue pour sa main mise dans les affaires intérieures congolaises), celui-ci n’avait pas hésité à annoncer, sourire aux lèvres, le décès de LD Kabila quelles que heures seulement après le coup de feu fatal . L’opinion n’a pas oublié son activisme dans l’organisation, la sécurisation et le financement par la communauté internationale, du hold-up électoral en faveur de son protégé. Les officiels congolais annoncèrent cette triste nouvelle à la population 48 heures après.

Les membres de la famille biologique de LD Kabila n’ont pas été épargnés. Il est intéressant de se rappeler l’assassinat de Madame Espérance Taritibu Kabila, la sœur de LD Kabila. Cette mère de famille fut assassinée en 2005 de manière violence à Lubumbashi, selon le même mode opératoire que son défunt frère. Selon ses proches, cette dame ne supportait plus de garder le silence sur l’assassinat de son frère et sur la filiation de Joseph Kabila. Certains enfants de LD Kabila vivent curieusement en exil, au moment ou leur supposé frère est au pouvoir !

D’autres parts, nous constatons avec stupéfaction une série de décès probablement par ingestion des substances toxiques, les symptômes et la vitesse de la survenue des décès renforcent cette hypothèse. Sans être limitatif, voici quels que noms qui nous viennent à l’esprit : le parlementaire Kanga Boongo ; Vangu Mambueni ; le chef d’état major de l’armée terrestre le général Sylvain Buki ; Madame Mungalu de la maison civile du chef de l’état congolais; le colonel Nzalel ; le conseiller spécial de la présidence en matière de sécurité le Professeur Guillaume Samba Kaputo ; le conseiller principal des affaires juridiques de la présidence le Professeur Gaston Nawej Katok, pour ne citer que ceux-là. Certains officiels sont en observation ou en soins intensifs à Kinshasa ou à l’étranger, dont l’ancien vice-président de la transition Monsieur Zahidi Ngoma, celui qui a osé traiter publiquement Laurent Kundabatware de « Rwandais de son Etat ! », mais il fut très vite rappelé à l’ordre par Joseph Kabila !

L’argentier personnel du Raïs, Monsieur Augustin Katumba Mwanke, connaît aussi des sérieux problèmes de santé. Pour rappel, ce dernier est cité dans tous les rapports d’enquêtes sur le pillage des richesses de la RDC et les contrats léonins. Nous ne pouvons passer sous silence l’assassinat violent du journaliste Frank Ngyke Kangundu et son épouse ; celui de François Bapa Mwamba et Serge Mayeshe. Dans ce registre, l’opinion se souvient de l’assassinat sauvage du défenseur des droits de l’homme Pascal Kabungulu Kimbembi le secrétaire Exécutif de l’ONG Héritiers de la Justice… Sans oublier les trois tentatives d’assassinats à l’arme lourde contre la personne de Jean Pierre Bemba Gombo. Attentats qui ont coûté la vie à plusieurs civils Kinois. Que les âmes tourmentées de tous les compatriotes, lâchement massacrés, reposent en paix. Nous profitons de cette occasion pour présenter nos condoléances les plus attristées à toutes les familles éprouvées.

En examinant la liste des personnes récemment décédées dans l’entourage présidentiel, nous nous rendons bien compte qu’il s’agit des personnalités (les Katangais Guillaume Samba Kaputo et Gaston Nawej Katok, décédés à moins d’un mois d’intervalle seulement) qui ont pris une part active lors des négociations secrètes à Kigali, afin d’opérer le mixage illégal des soldats dissidents rwandophones, du renégat Laurent Kundabatware, dans l’armée nationale congolaise, malgré qu’ils continuent à porter les uniformes de l’armée nationale rwandaise en tout impunité sur le territoire congolais, information confirmée par la MONUC. Nous sommes en droit de nous inquiéter sur la santé du Général John Numbi et celle du conseiller principal en charge des affaires politiques Monsieur Marcellin Tshisambo, qui ont aussi pris une part non négligeable dans ce dossier brûlant, dont les contours cachent mal une haute trahison à l’actif du président congolais.

Les récentes déclarations fracassantes du général dissident Laurent Kundabatware, face à la presse nationale et internationale, démontrent à suffisance la complicité existante entre lui et Joseph Kabila, son ancien compagnon d’arme au sein du Front Patriotique Rwandaise de Paul Kagamé. Aucun proche de Joseph Kabila n’est sorti pour contredire les affirmations de Kundabatware sur son rôle dans le succès électoral de Joseph Kabila dans les territoires occupés par ses hommes, les origines Tustis de Joseph Kabila, le soutien de Joseph Kabila aux rebelles du FDLR, ainsi que son enrôlement comme un «enfant soldat » dans l’armée rebelle de Paul Kagamé (cfr l’interview de Kundabatware dans le journal Le soir, Le soft, Jeune Afrique et BBC afrique).

Par ailleurs, bien d’autres proches du chef de l’Etat congolais doivent redoubler de vigilance. En l’occurrence : sa propre mère (ou supposée mère) Maman Sifa Mahanya. Cette dernière se sentant en insécurité a dû renvoyer les agents de la GSSP commis à sa garde rapprochée par «son fils », afin de les remplacer par environs 2000 hommes venus tout droit de son Maniema natal ; son épouse Olive Lembe di Sita ; son porte- parole Kudura Kasongo ; l’ancien Ministre de l’intérieur le Professeur Théophile Mbemba (architecte de l’exclusion de l’UDPS du processus électoral), il figure actuellement en bonne place sur la liste noire du Raïs ; le frère de l’opposant Katebe Katoto, l’actuel gouverneur du Katanga Monsieur Moïse Katumbi, dont la popularité dans la province du Katanga fait perdre la tête à Joseph Kabila.

 

Le cas le plus alarmant est celui du président du parlement congolais, Monsieur Vital Kamheré dont les dernières sorties médiatiques, affirmant que Joseph Kabila lui doit tout, n’ont pas du tout plu au chef de l’Etat congolais. Vital Kamheré n’a certainement pas oublié qu’il a miraculeusement survécu à un empoisonnement en 2002 ! Au siège du parti politique du Raïs le PPRD, les effets personnels du secrétaire général Vital Kamheré furent jetés dans la rue au mois de juillet 2007, juste après sa dernière interview sur Jeune Afrique et sur Radio Okapi. Nous attirons aussi l’attention de l’opinion sur le risque encouru par l’Abbé Apollinaire Muholongu Malu-Malu le président de la commission électorale indépendante, une pièce maîtresse dans la mascarade électorale qui a conduit à l’élection de son ancien patron. Ces dernières décisions politiques (contestation de l’éligibilité aux postes de gouverneur pour cause de double nationalité en défaveur de Monsieur Alex Kande Mupompa et Dominique Kanku) ont débouchés à l’ouverture de la boîte de pandore, dont l’épilogue au niveau de parlement s’est soldée par la mise en quarantaine (ou moratoire) pure et simple de la constitution fraîchement voté au référendum populaire. La question de la double nationalité en RD Congo, concerne non seulement le Raïs, mais aussi toutes les institutions de l’Etat congolais. Merci Monsieur l’Abbé !

 

Nous devons souligner le fait que les familles des tous les officiels congolais décédés ont été soudoyées afin qu’elles ne demandent pas d’autopsie, seul moyen médico-légal pour élucider la cause exacte de ces morts subites. Le cas le plus parlant est celui du feu Général Sylvain Buki, officiellement mort de la « malaria », dont le corps fut littéralement kidnappé par les éléments de la garde présidentielle.

 

Nonobstant la scandaleuse aisance matérielle des officiels congolais, le risque de mourir en étant un collaborateur de Joseph Kabila, ou un membre de sa famille (ou supposée) biologique, est plus élevé que le risque de mourir du SIDA ou de la famine au sein de la population générale. L’existence du lien de causalité entre les décès décrits précédemment et la personne de Joseph Kabila ne fait aucun doute. Il est facile d’en déduire la valeur de prédictivité. Etant donné que Joseph Kabila est le seul bénéficiaire direct de tous ces crimes supposés, la population congolaise est en droit de se poser des sérieuses questions sur la nature réelle du régime en place en RD Congo. Tout porte à croire que le président congolais opère un nettoyage impitoyable de son écurie. Il s’agit bien d’une élimination physique des tous ceux qui en savent un peu trop sur certains dossiers privés, nationaux ou internationaux, très embarrassants pour le Raïs. D’autres naïfs, futurs candidats à la mort, se bousculent déjà à la mangeoire afin d’occuper les postes laissées vacantes par les défunts !

 

Vu le nombre impressionnant de collaborateurs du Raïs, les Congolais doivent se préparer à célébrer d’autres obsèques pharaoniques aux frais du pauvre contribuable, et à jouir bien malgré eux des jours fériés chômés et payés sur décision du gouvernement Mammouth de Gizenga I, dont le maigre budget 2007 fond comme neige au soleil rien qu’en frais d’hospitalisation et frais funéraires au profit des proches du régime, ainsi que le payement des fonctionnaires de l’Etat pour les jours fériés supplémentaires. A Dieu les accords de Mbudi et ses infranchissables paliers! L’usage des substances toxiques étant une spécialité des « services » de nos voisins de l’Est, à chacun d’y réfléchir à deux fois avant de signer un contrat « fatal » d’embauche chez le Raïs ! A qui le prochain tour ?

 

En conclusion, cette tragi-comédie à la Congolaise nous rappelle, malheureusement, la fameuse fable  ‘’Les animaux malades de la peste’’ de Jean de La Fontaine : « Un mal qui répand la terreur, Mal que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom), Capable d’enrichir en un jour l’Achéron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés : On n’en voyait point d’occupés À chercher le soutien d’une mourante vie ; Nul mets n’excitait leur envie, Ni loups ni renards n’épiaient La douce et l’innocente proie  »  Jean de La Fontaine, Fable II, Livre VII ( http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Animaux_malades_de_la_Peste )

 

 

 

Benjamin Stanis Kalombo

Président de l’Association pour la Promotion de la Démocratie et du Développement de la RD Congo, APRODEC asbl

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