Triphon Kin-Kiey Mulumba, l’éloge du ridicule

Puisque le ridicule ne semble pas tuer, conformément à l’annonce de l’adage populaire, on peut penser que beaucoup y survivent. Le ridicule va se loger partout où se manifeste un attachement aux choses futiles. Il prête à rire , en effet, et donne à penser. Celui qui prend une distance d’avec les choses et leur vanité, et ironise, est sauvé.

Chaque jour qui passe apporte sa part de situations incongrues, son lot d’incohérences en vertu d’un ordre supposé. L’”actualité “la plus connue et qui parle de gens connus, appelle notre sens de l’humour, sur fond de mort hélas, et le réactive. Et l’on se demande surtout comment et pourquoi, ceux qui en sont les protagonistes, ont affiché des figures de rigueur, de moralité. Leur charité a bon dos , il semblerait que dans ce cas, “charité bien ordonnée commence par soi-même “.

Leurs raisons propres les regardent mais à bien regarder ce qu’ils sont et ce qu’ils font, raison devient folie. J’en veux pour preuve , d’après ce que l’on sait et comme j’ai cru le comprendre, le Professeur Kin-Kiey Mulumba, entre autres, Ministre des Relations avec le Parlement, a cru bon et juste récemment, paraît-il, du haut de son costume trois pièces, probablement hors de prix, de réclamer un troisième mandat pour le Président Joseph Kabila. Allant jusqu’à entonner :«Nous n’avons pas un stock de compétences….  »  aussi horrible à citer qu’à reprendre ne entièreté.

Prêt à tuer ou faire tuer pour de l’argent ? Il le semblerait. On sait que la volonté de la “Majorité Présidentielle” de se maintenir au pouvoir est secret à polichinelle; elle ne cesse pour autant d’alimenter la vie de certains dont on ne soupçonnait pas qu’ils en fussent capables.Tant ils ont gagné de deniers. Apparemment “bien sous tous rapports ” et ayant, en leur temps, certainement des exigences avec les autres tout en les récusant pour eux-mêmes, comme l’on voit, ils cachent bien leur jeu. Pauvres d’eux ! En occurrence , l’histoire s’est mal terminée. Elle n’est qu’un malheureux fait divers, sordide .

Epicure, l’homme du Jardin, doit se retourner plus d’une fois dans sa tombe. Lui, nous rappelle que les besoins fondamentaux sont peu nombreux et leur satisfaction facile et apaisante. Cette philosophie du Jardin n’a pas franchi le seuil de bien des esprits, ne serait-ce qu’un instant. Sa Lettre à Ménécée est un petit bijou, qui ramène à quelques fondamentaux. Non point à l’extraction coûteuse en vies humaines d’un diamant. L’attachement aux biens matériels frise alors l’indécence et la vulgarité. Que l’Argent soit hélas devenu l’unique monnaie d’échange est en soi une catastrophe. Que l’on soit tenu d’en user, certes, mais que par l’argent l’humain perde l’humain quand il en abuse, est autrement triste. Avilissant , si l’on se place d’un point vue hautement noble de l’Homme mais qui s’avère dans l’ordre des choses si l’on considère les hommes du point de vue humain “trop humain”.Ils en ont fait voir d’autres !

Mais, parfois, le masque tombe et sous l’apparent maintien de l’ordre, du ridicule, quel qu’il soit, se cachent souvent les plus grands désordres, les plus grands ridicules.

Alors, en effet, éloge du désordre bien compris, éloge du ridicule bien dissimilé.
Pourvu que l’on s’y retrouve .

Benjamin Litsani Choukran.
Direct.cd

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