Au lendemain de son discours solennel contre la révision constitutionnelle, prononcé à l’ouverture de cette session parlementaire, le président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, avait été pris à partie par les sénateurs de la Majorité présidentielle fâchés par ses propos. « Tu as confondu de tribune au lieu de parlement de matières de la session actuelle, tu as personnalisé le débat avec la question de la révision constitutionnelle » était le reproche qu’embouchaient tous les membres de la Majorité présidentielle.
Tu as personnalisé la tribune lui avait-on reproché aussi. Kengo, en gentleman, avait concédé que la tribune n’était peut-être pas appropriée mais sans renier ses propos anti-révision. S’en était suivi une mini fronde qui avait poussé l’ancien premier ministre de Mobutu de convoquer une réunion à huis clos quelques jours aprèsavec tous les sénateurs pour tirer cette affaire au clair. Loin de se dédire, Léon Kengo s’est assumé davantage en réitérant sa position anti-révision. Il a dit qu’il ne soutiendra jamais la révision de la Constitution car ayant déjà vécu en exil, une expérience qu’il ne souhaite à personne.

« L’exil c’est très dur » avait dit Léon aux sénateurs. Et d’ajouter qu’il n’a aucunement l’intention de rentrer en exil pour une deuxième fois. Droit dans ses bottes donc, Kengo a redit aux sénateurs que la révision de la constitution ne passera pas, en prenant à témoin Edouard Mokolo Wa Pombo, un de ses adjoints. Ce qui a dit poussé Kengo à le dire ainsi aux sénateurs sur un ton péremptoire, c’est la rencontre à laquelle il avait été convié par une personnalité politique internationale de premier plan, rencontre à laquelle avait pris part Mokolo, qu’il s’est entendu dire par cette personnalité que « la révision ne passera pas ».Au lieu de s’en prendre à lui, Kengo a demandé aux membres de la Majorité présidentielle de se tourner vers Edouard Mokolo, membre de la Majorité, pour s’enquérir en détails de ce que cette importante personnalité de la communauté internationale leur avait dit à propos de la révision de la Constitution.

Kengo a donc demandé aux sénateurs de la Majorité présidentielle d’aller chez Mokolo pour avoir le nom de cette personnalité de la communauté internationale. Les propos de Kengo rappellent un peu, voire beaucoup, ceux du ministre des sports et de la Culture Baudouin Banza Mukalayi qui parlant à Kabila à la ferme Kingakati avait suggéré que la Majorité prenne en compte les avis de la communauté internationale sur la révision constitutionnelle. Baudouin Banza Mukalayi avait aussi évoqué le souvenir amer de l’exil comme L. Kengo pour amener son camp à réfléchir à deux fois avant de se lancer dans l’aventure révision ou changement de la Constitution.

C-News a tenté en vain de connaitre l’identité de cette personnalité de la politique qui a fait prendre à Kengo la mesure de tous les dangers qui guettaient la RDC si jamais elle s’aventurait à réviser la Constitution. C-News poursuit ses investigations et promet à ses lecteurs l’identité de cette importante personnalité. Kengo lui au cours de ce huis clos s’est plus que assumé. Et d’ailleurs dans la foulée, il a écrit à la Majorité pour retirer sa liste des ministrables. Si quelqu’un de sa plateforme venait à figurer dans le gouvernement de cohésion nationale, ce serait à titre personnel lui s’étant déjà désolidariser des résolutions Concertations nationales. A l’instar de Kengo, le Cardinal Mosengwo a demandé aussi à Kabila d’être attentif et réceptif par rapport à la communauté internationale sur la question de la révision. Et lorsque Kabila a sollicité son aide, lors d’un face à face secret, Monsegwo lui a dit qu’il ne peut lui venir en aide sur ce dossier car la position de l’Eglise contre la révision traduit l’aspiration populaire des rd-congolais. Décidemment la révision est vraiment une aventure périlleuse avec les derniers développementspolitiques du Burkina Faso où un « président réviseur » goutte aux délices de l’exil et vient de se rendre compte qu’il n’est jamais sorti de la cuisse de Jupiter comme ses courtisans le lui suggéraient et comme il se trompait à lui-même. Du président de la République au congolais le plus simple, tous des mortels.

Matthieu Kepa