Où il est question de Djambala qui aurait disparu des écrans radar quand Sassou a voulu aller rendre un dernier hommage à Charles David Ganao inhumé dans son village natal. Attention, cet article qui défie la raison humaine, pourrait être classé au registre “insolite”. A lire donc avec un esprit critique. Hallucinant !

Voulant rendre un ultime hommage à David Charles Ganao, roi Téké décédé à Paris (sa dépouille rapatriée au Congo), il se raconte à Brazzaville, que Sassou, à bord d’un hélIcoptère, n’a pas pu accomplir ce geste solennel pour une raison métaphysique et, peut-être même, pataphysique.

L’hélicoptère a bord duquel la délégation présidentielle aurait pris place n’a pas réussi, dit-on, à localiser, depuis les cieux, Djambala où le chef Téké a été inhumé. Disons que l’aéronef présidentiel s’y est rendu, mais en survolant la région de Djambala, la localité natale de feu Ganao n’a pu être détectée au radar. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme.

Et les spéculations les plus folles de voler dans tous les sens, parfois à un niveau très élevé du délire mystique. Quand la science n’a pas d’explication, la magie prend le relai, c’est connu. Le pilote de l’hélico présidentiel n’aurait pas, on ne sait pour quelles raisons météorologiques, localisé la ville de Djambala qui se serait, alors, soustrait au regard sagace de son GPS.

“Le pilote aurait confondu l’abscisse et l’ordonné dans le repérage” nous a dit simplement un spécialiste de la navigation aérienne. Voilà pour l’explication scientifique. “Trop facile” ont dit les Congolais. Il y a une autre explication, typique de la “pensée sauvage” celle-là.

Vol au dessus d’un no man’s land

Désobligés par l’attitude du Mbochi envers le peuple Téké, par exemple dans la très fraîche affaire des explosions du 4 mars à Mpila, les mânes des ancêtres de Ganao auraient brouillé instruments et plan de vol de l’avion présidentiel. En survolant la région, le malheureux pilote n’y a vu que du feu ou plutôt sa vue a été brouillée par un phénomène dont on ignore la nature. Djambala est resté introuvable. Après avoir cherché en vain la capitale des Plateaux, le pilote fut sommé de rentrer à Brazzaville.

Selon la rumeur qui plane sur Brazzaville, les passagers de l’hélico de Sassou voyaient un immense lac à la place de la ville de Djambala. Le pilote, un rôdé du manche à balai et un habitué de la ligne, n’en est pas revenu.

Après avoir survolé plusieurs fois la région des Plateaux sans apercevoir la capitale Djambala, le mécanicien de bord, soucieux de la capacité limitée des réservoirs de son appareil, jugera prudent de rentrer sur Brazzaville. Sage décision : il ne manquerait plus qu’une panne sèche pour corser le tout !

Magie noire

Il était écrit dans les légendes Téké que Sassou ne verra jamais comment serait inhumé le Makoko des temps modernes que fut David Charles Ganao. En effet, dans son oraison funèbre, Henri Lopes, tentant d’imiter André Malraux, les trémolos dans la voix, Henri Lopes s’écriera en téké “Mpfoumou me fwo – Le chef est mort”.

Ganao était réellement un grand “Mpfoumou” auquel la diaspora Téké (Gabon, RDC, RC) est venue rendre hommage à Brazzaville. Dans les us et coutumes téké, la dépouille du chef doit reposer dans son village natal. Voilà pourquoi après les pompes funèbres officielles à Brazza, les restes mortuaires du Mpfoumou téké furent rapatriées là-bas chez les Makoko du Royaume d’Anzico.

Crash protocolaire

Sassou n’a pas de bol. Ce crash protocolaire est une injustice du destin envers un homme qui a pourtant donné une sépulture digne de ce nom à De Brazza dont il n’est pas le contemporain. Ironie du sort, les Dieux Téké n’ont pas voulu que Sassou assistât aux obsèques de Ganao, un Nga Ntsié des temps modernes entré dans la politique dès son plus jeune âge et, ayant exercé le pouvoir, sans interruption, jusqu’à son dernier souffle.

“Zo mpandou za ba Téké” ont commenté, stupéfaits, les Brazzavillois, peuple très superstitieux.

Les deux logiques

Malheureusement, la logique mystique Téké a triomphé de la logique mystique Mbochi. « Même les Téké veulent commander ce pays  » se lâcha Jacques Okoko dépassé par un procès, celui de Ngouabi en 1978, où il était, à la fois, juge et partie. Si sa connaissance de l’histoire volait très haut, Okoko aurait compris que Makoko fut le premier dirigeant du Congo précolonial. Désormais, nous savons, après l’épisode du vol mystérieux de Sassou au-dessus de Djambala, que les Téké commandent également la terre et le ciel congolais.

Situation socioéconomique de la région

Un immense magma idéologique déterminé par une économie régionale pauvre : c’est le statut anthropologique du pays Téké. Ce ne sont pas les néo-marxistes qui diraient le contraire. Le nuage magico-religieux qui couvre la région des Plateaux est en relation empirique avec une base infrastructurelle faible. D’où cette maîtrise des forces de la nature des Téké que leur envient les chercheurs en sciences ésotériques. En règle générale, la société Téké repose sur de puissants garants métaphysiques dont, du reste, De Brazza, très fonctionnaliste, mesura le parti qu’il pouvait en tirer en tant que franc-maçon. il signa le Traité de Mbé pus mena les autres signataires du traité en bateau. Au lieu de fonder la capitale à Mbé, il le fit à Mfoa, signant à jamais l’arrêt de mort des projets de développement locaux.

Paradoxalement, grâce à cette rupture, Djambala a conservé intact sa superstructure magico-religieuse chère à nos ancêtres du Congo précolonial. Par exemple, la météorologie de la région a toujours été un cas de figure où la logique mystique le dispute au rationnel. Qui n’a jamais entendu parler des coups de tonnerre chez les Téké dans un ciel serein ? Ce sont des duels au sommet dont les protagonistes semblent maîtriser à merveille ce que le mathématicien congolais, *Alain Kounzilat, désigne par “Modèle k-Kundu”. Les défis en question sont de véritables raids dont les effets sont foudroyants, cela, dans une région où le système climatologique accuse pourtant une très rare pluviométrie. En modélisant la sorcellerie, Alain Kounzilat, montre que le kundu (magie congolaise) est une fonction qui a la même allure qu’une courbe linéaire dans un espace orthonormé. La dynamique de la courbe asymptotique reproduit le mouvement du serpent de feu (kundalini) dans la représentation magique hindou. Ce serpent loge au bas de la colonne vertébrale de chaque individu. A titre instructif, les linguistes congolais devraient méditer sur l’identité radicale de notrekundu et de la kundalini indo-asiatique. En passant, Alain Koundilat parle decroisement K- kundu. Comme Freud qui détermine les rapports sociaux par la sexualité, Kounzilat fait le lien entre nkundu (poils pubiens) et kundu (sorcellerie), c’est-à-dire entre sexualité et magie. Tout serait question de totem et de transgression du tabou sexuel. Serait-ce pour cette raison que boulimie sexuelle (assortie d’inceste), domination politique et crise économique font bon ménage chez nos agents du Chemin d’Avenir ?

La dichotomie Téké/Embosi

Entre Embosi et Téké, les contradictions ne datent pas d’aujourd’hui. Depuis les temps anciens, le contact Téké/Mbochi (à en croire l’historien Jérôme Ollandet) a été aussi un conflit de compétences magico-religieux. Et ça continue.
Prenons l’exemple de la vague d’arrestations consécutives aux explosions du 4 mars 2012 à Mpila-Brazzaville.
Allez savoir quels enjeux recouvrent les explosions du 4 mars 2012 où des coupables (tous d’origine Téké) ont été désignés sans preuves matérielles tangibles par des accusateurs (tous d’origine Embosi) !

Serait-ce l’alibi pour régler de vieux contentieux entre les deux sociétés ? Les Téké ont eu bon dos dans cette tragédie urbaine.

Les vraies causes se trouvent-elles dans le monde parallèle de l’invisible ? C’est à se demander pourquoi Sassou s’est mis à accuser tout azimut les cadres Téké, raisonnant sur le mode suivant : « si moi, Sassou, je ne sais pas pourquoi je les arrête, eux, au moins, savent pourquoi  » ?

Quand les Congolais ne savent pas pourquoi le brouillard a empêché le vol de Djambala, Sassou, lui, doit le savoir. Sa première réaction a été de privilégier la“logique mystique” lorsque son hélicoptère a… perdu le nord. Visiblement le pilote naviguait à vue, se fiant uniquement à son compas dans l’oeil.

Les plans parallèles

On se souvient tous du célèbre avion de Makana II, une belle illustration du modèle K-kundu. Le plus petit initié sait que ce type de vol (Makana II ) se déroule dans la troisième dimension de l’espace vectoriel.

Mais, restons dans la logique mystique (celle dont parla Mgr Kombo- paix à son âme). Il est évident que, comme dans la théorie de la relativité, Djambala avait simplement changé de plan. La localité avait basculé dans la 3ème, voire la 5ème dimension, à moins que ce ne soit l’inverse (l’hélico ayant dépassé les limites des dimensions parallèles aux nôtres). Voilà qui a dérouté les plans de L’homme de Mpila.

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