Pourquoi Hollande n’a pas adminsitré « sa leçon » de démocratie à Dos Santos?

L’arrivée du président français, François Hollande, le 2 juillet à Cotonou, aux alentours de minuit et demi, marque le début d’une mini-tournée africaine qui le conduira ensuite en Angola puis au Cameroun. Une visite éclair de 48 heures, aux enjeux multiples sur le continent, où il sera essentiellement et respectivement question de démocratie, d’économie et de sécurité.

A la première étape de son périple, le premier des Français a eu droit à un accueil chaleureux, malgré l’heure tardive de son arrivée au pays du Vaudou qui n’avait pas vu un locataire de l’Elysée fouler son sol, en visite officielle, depuis celle du président Jacques Chirac en 1995.

Pour cette première sortie, Hollande a saisi l’occasion, aux côtés de son hôte et devant un parterre de personnalités, pour saluer l’expérience démocratique béninoise qui est un exemple sur le continent, notamment à travers la force de ses institutions. En cela, le président français ne pouvait pas mieux choisir que le Bénin pour tenir un tel discours, d’autant plus que son hôte est actuellement l’un des rares chefs d’Etat du continent à affirmer haut et fort, son intention de ne pas briguer un troisième mandat et de quitter le pouvoir dans le strict respect de la Constitution de son pays, au terme de son deuxième et dernier mandat en 2016. A Cotonou, le moins que l’on puisse dire, c’est que Holande était très à l’aise en parlant de démocratie. Au-delà du président Yayi Boni, le discours de François Hollande est un hommage à tout un pays, dans la mesure où le comportement du président actuel s’inscrit en droite ligne de celui de ses prédécesseurs qui ont, chacun à sa façon, joué le jeu démocratique, au point de hisser ce petit pays de l’Afrique de l’Ouest au rang des démocraties les mieux avancées du continent, avec trois alternances rondement menées depuis ces 25 dernières années. En tout cas, l’alternance est bien une réalité au Bénin et le président français est venu saluer un bon élève de la démocratie sur le continent. Surtout au moment où plusieurs de ses pairs africains, à l’image du Burundais Pierre Nkurunziza, du Rwandais Paul Kagamé, des Congolais Denis Sassou N’guesso et Joseph Kabila, s’illustrent négativement par des velléités de tripatouillage de la loi fondamentale de leur pays, aux fins de s’éterniser au pouvoir. A leur endroit et à l’endroit de bien d’autres encore qui nourrissent les mêmes ambitions, le président français s’est clairement prononcé contre les changements de Constitution ; ces changements qui ont toujours des conséquences désastreuses sur la stabilité du continent.

Nkurunziza n’est pas un cas isolé sur le continent

Aussi, en faisant allusion à l’insurrection populaire burkinabè d’octobre 2014, le président français n’a pas manqué de faire une piqûre de rappel aux bricoleurs de Constitutions qui foisonnent sur le continent, tout en faisant remarquer les dangers de tels comportements. Le cas le plus actuel étant celui du président burundais qui est, en ce moment, en train de marcher sur les cadavres de

ses compatriotes pour s’offrir un troisième mandat, en violation de la Constitution de son pays et des accords d’Arusha.

Si le président français a évoqué le cas burundais qui n’est pas sans écorner l’image du continent, l’on se demande ce qu’il compte faire des dictateurs endurcis et impénitents comme ses prochains hôtes, l’Angolais Dos Santos et le Camerounais Paul Biya. Car Nkurunziza n’est pas un cas isolé sur le continent. Et ils sont nombreux les satrapes qui attendent avec beaucoup d’intérêt de voir l’issue de son bras de fer avec son peuple, pour lui emboîter le pas, au cas où il viendrait à triompher.

Même si Hollande dit qu’il ne changera pas de discours selon le pays, l’on est porté à croire qu’en ne prévoyant que ce seul discours au cours de sa tournée éclair, le président français s’est préparé un agenda qui lui permettra d’être à l’aise à chacune de ses étapes, sans risquer d’indisposer ses deux autres hôtes. Pourtant, ils sont certainement nombreux les Africains qui attendaient du« grand chef blanc » qu’il répétât aussi ses leçons aux mauvais élèves que sont Dos Santos et Biya, deux grands fossoyeurs de la démocratie sur le continent.

Outélé KEITA

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