Guerre sans merci entre Kagame et Sassou dans le dossier Burundais

Burundi : Kagame demande à Sassou Nguesso de ne plus financer Nkurunziza, menacé d’un 2e putsch. Entrée en action d’une guérilla dans le nord-ouest du pays.

Le président congolais, Denis Sassou Nguesso suit au jour le jour, le dossier burundais. Il fait parti des chefs d’État africains qui demandent à Pierre Nkurunziza de tenir bon pour son 3emandat et de ne rien lâcher. Pour l’y aider, il lui a fait don de 20 milliards de F CFA ( 130 millions d’euros ) afin que le président du Burundi ait de quoi soudoyer les membres de la Commission électorale, son armée, sa police, les dirigeants du CNDD-FDD, son parti politique, et les membres du parlement.

C’est grâce en partie, à cet argent que Nkurunziza a pu déjouer le coup d’État du mai dernier. Une partie des officier ayant touché ce pactole, a tout fait pour sauver le régime alors que le président était en sommet à Dar es Salaam.

Mais l’effet du don de Sassou commence à s’estomper, certains partisans de Nkurunziza estimant qu’ils ont, déjà, payé la dette en repoussant le coup. Sassou va-t-il envoyer une rallonge à Nkurunziza? Car ce dernier risque d’être affaibli du côté de son principal bailleur de fonds, le Congo-Brazzaville, affecté, ces derniers jours, par des ennuis de trésorerie.

En effet pour la troisième fois, le budget de 2015 a été revu à la baisse de près 300 milliards de F CFA, mi juin dernier. C’est plus de 20% de baisse sur le budget total que le gouvernement a corrigé en l’espace de six mois. Une autre baisse sera apportée vraisemblablement après les Jeux Africains de septembre, entièrement, financés par les Chinois pour plus de 500 milliards de F CFA. Dans ces conditions, Sassou n’est plus en mesure de soutenir financièrement Nkurunziza, comme il l’aurait souhaité.

Dimanche, 21 juin, Paul Kagamé a envoyé un pli fermé à Sassou pour lui demander de ne plus attiser le feu qui couve au Burundi, en continuant de financer Nkurunziza. Ce message remis, en plein dimanche, soir, par la ministre rwandais des Affaires étrangères, Louis Mushikiwabo, au dictateur, était tellement pressant que l’envoyée spéciale de Kagame n’a même pas pu attendre le lendemain matin, pour rencontrer le dictateur de Mpila. C’est dire que ça bouge dans la région des Grands Lacs.

Les leaders du putsch raté de mai menacent encore

Le général burundais Léonard Ngenda-Kumana | BBC

Un des leaders du coup d’Etat raté au Burundi en mai a déclaré à la BBC qu’ils sont toujours en train de préparer le renversement du président Pierre Nkurunziza.

Le général Léonard Ngenda-Kumana,en exil, a dit qu’ils ont des soutiens au sein des forces de sécurité qui sont prêts à mettre leur équipement à sa disposition pour le projet de coup d’Etat.

« Nous organisons des opérations militaires et nous recevons tous ceux qui veulent nous rejoindre dans la guerre contre Nkurunziza et son équipe », a dit le Général.

Les autorités burundaise ont annoncé le report de la présidentielle initialement prévue le 15 juillet sans pour autant fixer de nouvelle date.

L’Union Africaine, l’Union Européenne, les Etats-Unis et la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est avaient tous appelé à un décalage de ces élections que l’opposition prévoit de boycotter.

Les législatives et les communales se sont déjà tenues dans un climat tendu le 29 juin dernier.

Des affrontements armés éclatent dans la forêt de la Kibira au nord ouest du pays

Toute la journée ce vendredi 10 juillet, des combats ont opposé l’armée burundaise à un groupe armé non identifié dans la province de Kayanza, à une centaine de kilomètres de Bujumbura. Certains membres du groupe auraient été tués et d’autres interpellés.

Tout a commencé ce matin, lorsque les habitants d’une commune de Kabarore, située à quelque 140 kilomètres au nord de Bujumbura, ont constaté la présence d’un important groupe armé qui plantait ses tentes dans le coin. L’armée burundaise est intervenue rapidement, déployant de nombreux soldats en provenance des camps de Kayanza et Ngozi. Les affrontements ont commencé dès six heures du matin.

Qui sont ces assaillants ? D’où viennent-ils ? Quel est leur nombre ? De nombreuses questions se posent autour de ces combats mais aucune réponse claire n’a encore été apportée d’autant que l’armée et l’administration confirment ces affrontements mais assurent ne pas disposer d’informations complémentaires pour le moment.

A l’heure qu’il est, ces combats se sont déplacés dans la forêt de la Kibira loin de toute habitation. Un responsable des services de sécurité contacté par RFI assure qu’un membre de ce groupe a été arrêté et de nombreux autres tués. « La situation est sous contrôle », ajoute-t-il. Une source indépendante parle, quant à elle, d’au moins un soldat tué et un autre blessé.

De nombreux soldats burundais ont fui le pays à cause de la crise

Cette attaque a lieu à la jonction de la forêt de la Kibira au Burundi et de celle de Nyungwe auRwanda voisin. Elle survient au moment où le Burundi est secoué par une grave crise politique, ce qui a fortement dégradé les relations avec l’Etat rwandais. Depuis la tentative de coup d’Etat qui a échoué, mi-mai, de nombreux soldats ont fui le pays. Des rumeurs insistantes parlaient depuis plusieurs semaines d’une attaque imminente d’un groupe armé qui se serait formé au Rwanda. Mais pour le moment, personne au Burundi n’accuse ce pays.

Par ailleurs, les autorités burundaises ont demandé à la Commission électorale de reporter la présidentielle prévue le 15 juillet, mais pas au-delà du 26 juillet. Lundi, les chefs d’Etat de la communauté est-africaine avaient demandé un report du scrutin au 30 juillet.

Crise politique

Depuis fin avril, le Burundi traverse une grave crise politique née de la décision de Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010 de briguer un troisième mandat.

Ses opposants jugent la démarche anticonstitutionnelle et contraire à l’accord d’Arusha qui avait mis fin à la longue guerre civile burundaise (1993-2006).

Un mouvement de contestation populaire a été violemment réprimé par la police, et a donné lieu à des heurts parfois meurtriers impliquant les Imbonakure, les jeunes du parti au pouvoir, CNDD-FDD.

Plus de 70 personnes sont mortes dans ces violences, et plus de 140.000 Burundais ont fui dans les pays voisins.

Source : [10/07/2015] Agence Bujumbura New + BBC Afrique + RFI +27avril

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