Une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, vidéo dans laquelle on y voyait une jeune femme dénudée être violemment agressée par d’autres femmes, le 4 juillet dernier, à l’intérieur de son appartement et dans le logement de ses assaillantes dont une qui avait citée à plusieurs reprises du nom de « Chouchou Ilunga ». Ces images, qui ont fait le tour du monde, ont indigné la diaspora congolaise partout sur le globe.

Quelques membres de la communauté congolaise d’Ottawa ont pu reconnaitre la victime et celle qui l’abusait car, elles résident à Ottawa. Et ils n’ont pas trainé pour alerter la police de cette jurisdiction.

Cette dernière, après avoir reçu plusieurs appels, emails et même vidéos de l’agression de la jeune dame, a fait une enquête et, avec l’aide de la communauté congolaise du Canada, a pu mettre aux arrêts l’auteure principale de cet acte ignoble, une certaine Eunice Ilunga, 40 ans, communément connue sous le nom de Chouchou Ilunga.

Dans la vidéo dégradante postée sur Facebook, on pouvait entendre et voir Eunice Ilunga ainsi que ses « coéquippières » abuser de la jeune femme de 21 ans, connue sous le nom d’Hélène, en lui parlant en lingala, langue parlée dans les deux Congo (RDC et Congo-Brazzaville ), deux pays d’Afrique Centrale.

Selon plusieurs sources et d’après les propos d’Eunice « Chouchou » Ilunga dans la vidéo qu’elle et ses co-agresseuses ont filmée et mise en ligne, cette agresse sauvage serait un règlement de comptes pour une affaire de triangle amoureux et de jalousie. Eunice « Chouchou » Ilunga accusait Hélène d’avoir couché avec son mari. Et pour ça, Hélène, a été rasée, humiliée, filmée et exposée à la face du monde.

Dans la vidéo publiée sur Facebook, on voit la femme âgée d’une vingtaine d’années subir la violence physique et psychologique de ses assaillantes pendant plus de 14 heures. Nue et épuisée, la victime a été agressée de 14h à 4h, le 4 juillet dernier.

Plusieurs Congolais d’Ottawa et de Toronto ont également confirmé que la victime a été séquestrée pendant plus de 12 heures, questionnée, battue, rasée, et agressée sexuellement par divers objets durant tout ce temps. Elle a été hospitalisée après l’agression et serait maintenant aux cotés de sa mère, mais elle ne serait pas dans un bon état sur le plan psychologique. Selon une amie de la victime, celle-ci est aujourd’hui incapable de manger et dormir sans se réveiller en criant.

Madame Henriette Yakibonge, une conseillère en matière d’agressions sexuelles à Ottawa, et amie de la famille de la victime, a déclaré à Radio Canada : « La victime n’est pas OK. Elle ne mange pas, elle ne dort pas. Elle pleure tout le temps. Sa mère est très en colère contre les gens qui lui ont fait subir ces atrocités et surtout  parce que ce sont des gens que la victime connaissait »

« Nous sommes inquiètes parce qu’il y a beaucoup de cas qui n’ont pas été signalés à la police. Les jeunes filles de cet âge-là ont peur d’aller se plaindre à la police pour raconter ce que ce groupe de personnes font », indique-t-elle.

Hélène a rencontré un homme de 26 ans au printemps. Ce même homme, dont nous tairons le nom pour le moment, avait préalablement fréquenté une femme de 40 ans. Cette femme, Eunice Ilunga, est la principale bourreau dans cette affaire.

Eunice Ilunga alias Chouchou Ilunga, a été arrêtée jeudi et incarcérée par la police d’Ottawa, alors qu’elle tentait de prendre quelques affaires chez elle. Elle fait face à des accusations d’agression sexuelle, de séquestration, de voies de fait armées, d’intimidation et de méfait. La police lui reproche également d’avoir proféré des menaces et volé moins de 5000 $. Eunice Ilunga, elle comparaitra le 16 juillet 2015 à 9H00 au Palais de Justice d’Ottawa.

Hèlène, la jeune congolaise de 21 ans agressée par Eunice Ilunga, Nina Raul et autres femmes à Ottawa, Canada | Photos : Direct

« Pendant cette torture, Eunice Ilunga appelait des gens pour dire qu’elle allait la tuer », raconte l’amie d’Hélène. « Un jeune monsieur est venu prendre des photos et des vidéos, et tout cela a été mis sur Facebook. »

Selon cette amie, « trois autres hommes » ont participé au sordide projet. Le groupe a surgi chez la victime, où les agressions ont débuté.

Des images insoutenables

La vidéo montre d’abord la victime nue. Une femme étend de la crème à raser sur son pubis. « Elles l’ont rasée », dit-elle, encore dégoûtée. Une deuxième vidéo met en scène la victime assise sur une toilette, toujours nue et visiblement épuisée. Une femme lui lance des injures en langue lingala, dans des propos qualifiés de « grossiers et sans pudeur » par Jean David E’ngazi, un membre de la communauté congolaise, aussi choqué par cette histoire.

Selon la traduction de M. E’ngazi, l’assaillante aurait dit: «J’enlève ces poils sales parce que les démons de la prostitution te hantent. Je te les enlève pour que tu te prostitues bien en étant propre.»

« Ensuite, [la victime] a été emmenée chez une autre femme pour être torturée jusqu’à 4h du matin, poursuit l’amie d’Hélène. Ce cauchemar s’est terminé lorsque Hélène a été ramenée chez elle. Pendant tout ce temps, elle était nue.»

Non seulement le groupe d’assaillants s’en est pris à la jeune femme, mais il a détruit ses meubles, a déchiré son fauteuil et s’est emparé de son téléphone, de sa tablette et de son ordinateur.

Chez elle, Hélène a alerté la sécurité de son édifice à logements. L’amie, mise au courant dans l’heure, a appelé la mère de la femme éplorée.

Menacée depuis mai

Selon la proche, Marie était la cible de menaces et d’intimidation depuis le mois de mai. «Elle se disait menacée, mais elle me dit aujourd’hui que la police n’a rien fait après qu’elle se soit plainte.»

Le Service de police d’Ottawa (SPO) n’a pas voulu commenter ce dossier jeudi. Dans un courriel, le SPO a expliqué qu’il n’avait pas publié de communiqué, car il ne cherchait pas d’autres victimes potentiels, que la sécurité du public n’était pas directement menacée et que l’affaire était aujourd’hui devant la justice.

Une de ses complices, Nina Raul, 32 ans, a néanmoins été arrêtée vendredi, après s’être présentée à la police d’Ottawa pour un interrogatoire, selon la chaîne anglaise de Radio Canada, la CBC. Nina Raul est accusée d’agression sexuelle, agression, agression avec une arme, menaces de mort et d’intimidation par la violence. Elle a comparu, vendredi après-midi, au palais de justice d’Ottawa.

Plusieurs autres complices de ce crime brutal sont encore en fuite, et la police d’Ottawa demande à toute personne ayant plus des informations à ce sujet, d’appeler le 911.

Les membres de la communauté congolaise d’Ottawa et de Toronto, outrés par la sauvagerie de cette agression, réclament justice. L’Association « Les oubliés de la Planète » demande aussi que justice soit faite afin que de pareille chose ne se répète plus dans la communauté congolaise; une communauté qui devrait être très loin de pareilles actes, compte tenu des viols et des abus des Droits de l’homme qui se vivent chaque jour en RDC.