Manucure, pédicure, négligence: un triol mortel!

Les longs week-end à Abidjan et dans les villes de Côte d’Ivoire sont l’occasion choisie par de nombreux ivoiriens et ivoiriennes pour se refaire une beauté. Les salons de coiffure sont pris d’assaut pour des soins divers et c’est pendant ces moments que de nombreuses personnes prennent...

Les longs week-end à Abidjan et dans les villes de Côte d’Ivoire sont l’occasion choisie par de nombreux ivoiriens et ivoiriennes pour se refaire une beauté. Les salons de coiffure sont pris d’assaut pour des soins divers et c’est pendant ces moments que de nombreuses personnes prennent rendez-vous avec le SIDA !

Il serait terriblement faux de croire que toutes les infections au VIH se limitent à la transmission par voie sexuelle. A ce premier mode, s’ajoute la transmission mère-enfant et celle par voie sanguine. Le dernier mode de transmission cité n’attire généralement pas l’attention des populations. Pourtant, on peut attraper le SIDA juste à cause d’une piqûre d’aiguille ou d’une entaille à la lame ! C’est bien souvent ce qui arrive dans certains salons de coiffure et de soins corporels.

Pour un pied d’athlète, un ongle incarné ou cassé, une pose de vernis ou de faux ongles, nous avons tous recours à des soins spéciaux pour nos mains et nos pieds. Or les outils utilisés pour nous débarrasser des chairs mortes et autres pousses sont des objets tranchants. Ceux-ci sont utilisés dans les instituts de beauté et autres salons pour les soins de plusieurs individus au cours d’une journée. Le statut sérologique de toutes ces personnes étant inconnu, il s’agit d’une porte ouverte à la contamination si certains gestes ne sont pas correctement effectués.

Attention à ne pas être négligeant !

Exclusivement pratiqués il y a quelques années par les instituts de beauté et salons de coiffure, la manucure et la pédicure se pratiquent désormais à tous les carrefours. En lieu et place de soins à 3000 ou 5000 f CFA, de nombreux Ivoiriens préfèrent les services d’un « tailleur d’ongles » ambulant à 100 ou 200 f CFA. Dans les deux cas, les outils utilisés peuvent provoquer un écoulement accidentel de sang qui généralement est pris à la légère. Une grossière erreur !

Le taux de transmission du VIH par voie sanguine (même accidentel) reste élevé. Mais le caractère éphémère de l’acte à l’origine de la contamination ne nous poussera jamais à nous poser certaines questions. Comment pouvons-nous nous rappeler que nous avons été contaminés après une séance de pédicure où l’esthéticienne, envahie par des clientes les unes plus pressées que les autres, a oublié de désinfecter son matériel ? Il est pratiquement impossible de nous rappeler de ce moment tant il y a eu ces dix dernières années un nombre incalculable de séance de pédicure dans notre vie. Est-il possible pour nous de nous rappeler du jour où le jeune« tailleur d’ongles » nous a nettoyé les mains et les pieds à tour de rôle lors de notre pause café ? Impossible, mais c’est probablement ce jour-là que le sang infecté de l’un d’entre nous est entré en contact avec celui des autres.

Les causes de toutes ces contaminations dites « accidentelles » sont simplement le manque d’informations sur les règles élémentaires d’hygiène, la négligence et pour certains l’oubli !

Juste un peu d’hygiène

De la même manière qu’un geste tout à fait anodin peut vous conduire à une rencontre mortelle avec le SIDA, un autre geste tout aussi simple peut vous protéger. Il se résume en une seule phrase : le respect des règles d’hygiène. Que l’on soit professionnel ou esthéticienne amateur voire uniquement pour les copines du quartier, détenteur d’un salon ou exerçant de façon ambulante, nous sommes tenus d’avoir comme premier réflexe le geste d’hygiène qui sauve.

En amont, les ONG et associations inter-professionnelles du domaine de l’esthétique doivent multiplier les campagnes auprès des tenanciers et tenancières des salons de coiffures et autres instituts de beauté. Insister sur le port obligatoire de gants pour les soins non sans prendre le soin de rappeler qu’il faut désinfecter le matériel à l’eau de javel à 12% et surtout renouveler celui-ci quand il présente des signes de fatigue.

La lutte contre le SIDA étant l’affaire de tous, les clients doivent veiller et exiger que les ciseaux, pinces et crochets soient désinfectés en leur présence quelle que soit la renommée du salon de beauté. La lucidité étant mère de la maîtrise de soi, clients et esthéticiens doivent éviter l’alcool, le tabac, la drogue et les excitants avant les séances de pédicure et de manucure.

Au-delà de toutes ses précautions, celle qui à notre avis vous protège le mieux est l’achat d’un kit de soins personnel, à usage strictement personnel à l’image d’une lame de rasoir ou des pinces à épiler. Ni vos enfants, ni même votre époux (se) ou un ami intime n’a le droit de l’utiliser ! Ces kits bon marché se trouvent plutôt facilement dans les grandes surfaces. Lors de vos rendez-vous chez l’esthéticienne imposez votre matériel car votre santé voir votre vie en dépend. Bien qu’à usage personnel, n’oubliez pas de désinfecter votre kit à l’eau de javel après usage.

On ne le dira jamais assez, la lutte contre le SIDA est l’affaire de tous. Au-delà d’un simple slogan nous devons pousser la réflexion plus loin par des comportements qui freinent la progression de la maladie. Parmi ces comportements figure le changement de mentalité qui doit nous pousser à nous dire que « le SIDA ne s’attrape pas seulement par voie sexuelle ». Informons-nous, protégeons-nous pour ne pas être les prochaines victimes !

SUY Kahofi

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