C’est un ballon d’essai dans le pur style du pouvoir en place observant un silence à prendre au sérieux.

Comme les médias nationaux ont eu à lerappeler récemment encore, Ne Muanda Nsemi, qui a longtemps milité dansun mouvement politico-religieux alors dénommé Bundu dia Kongo avant de devenir par la suite Bundu dia Mayala est passé comme par enchantement à une nouvelle organisation politique appelée » CONGO-PAX » !

D’après des sources concordantes dignes de foi, c’est en sa qualité de co-leader de cette nouvelle organisation que Ne Muanda Nsemi, désormais acquises aux thèses défendues par le régime, a été admis dans le cercle de chefs de confessions religieuses aux consultations récemment menées à Kinshasa par Joseph Kabila.

Au sortir de la rencontre de son groupe avec Joseph Kabila Ne Muanda Nsemi s’était illustré par une déclaration qui n’a pas arrêté de consterner, voire de scandaliser, des milliers de Congolais qui n’en reviennent pas.

Il s’agit plus précisément de sa proposition réitérée d’organiser une transition de trois ans en RDC sous la conduite d’un membre de la Majorité présidentielle qui ne pourrait être, naturellement que Joseph Kabila, assisté d’un Vice-Président de la République désigné consensuellement par l’opposition, l’équipe de l’exécutif national devant être conduite par un Premier ministre issu de la société civile !

Il devient le chouchou du régime…

Depuis le lancement de sa proposition, Ne Muanda Nsemi est devenu le chouchou du régime en place et ses propos reviennent en rengaine sur les antennes de radios et de télévisions étroitement contrôlées par le gouvernement.

Une preuve comme une autre du soutien tacite de celui-ci à l’idée de Ne Muanda Nsemi qui va sans nul doute dans le sens du désir intime entretenu par la Majorité présidentielle à la fin du mandat de Joseph Kabila !

Comme on peut le constater, l’information qui véhicule les propos de Ne Muanda Nsemi continue à être répandue par les mêmes médias sans que le pouvoir y oppose la moindre oppositionet ce dernierapparaît de plus en plus comme le rédacteur en chef de la constitution appelée à régirla énième transition qu’il prône pour le compte de ses nouvelles options politiques et idéologiques.

En définitive, Ne Muanda Nsemi n’aura été pour ainsi dire qu’un simple véhicule pour transporter un projet rondement préparé en dehors de lui.

Le silence jalousement observé sur la diffusion répétée de ses propos dans le grand public est donc à prendre au sérieux à cause de sa valeur indicative sur un complot politique dont la mise,en œuvre le moment venu,pourrait surprendre tout le monde.

La Majorité présidentielle et la transition de trois ans proposée par Ne Muanda Nsemi ne sont pas inséparables. Les forces acquises au changement sont appelées à ne pas baisser la garde. Car l’avenir politique du pays est sérieusement menacé!

Par Kambale Mutogherwa