A en croire son dernier discours, le président de la République, Joseph Kabila, rejetterait l’option de faire appel à une médiation internationale pour conduire le dialogue politique qu’il compte convoquer incessamment. Ce qui disqualifie automatiquement le vieil opposant Etienne Tshisekedi, le président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Celui-ci conditionne sa participation à une médiation internationale.

«Même si les consultations se poursuivent encore, j’ai retenu avec intérêt que l’écrasante majorité de délégations qui se sont déjà exprimées, tant à Kinshasa que dans l’arrière-pays, souhaite que dans l’éventualité du dialogue, celui-ci soit mené sans ingérence étrangère, à travers un nombre limité de participants et pour une durée relativement courte», a déclaré le chef de l’Etat, Joseph Kabila, dans son discours à l’occasion du 55ème anniversaire de l’indépendance de la RDC.

Si jamais le président de la République, qui a promis de prendre bientôt une «disposition pertinente et qui s’impose» par rapport à l’organisation de ce dialogue, décide que tout soit «mené sans ingérence étrangère», cela voudrait signifier une chose que le «Raïs» ne va pas autoriser une médiation internationale. Cette éventuelle décision balayerait d’un revers de la main l’unique raison qui pouvait convaincre l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de prendre part à ce dialogue.
Le parti d’Etienne Tsbisekedi, qui n’a pas pris part aux consultations menées par Joseph Kabila, fait de la médiation internationale une condition sine qua non de sa participation à la table d’échanges politiques qui sera bientôt dressée. Selon cette première force politique de l’Opposition, la deuxième du pays, cette exigence est motivée par l‘Accord-cadre d’Addis-Abeba de 2013.
Cet engagement international pris par le gouvernement encourage des discussions internes entre Congolais pour résoudre leurs différends. Ce document appelle ainsi les parties prenantes à recourir, -si elles le souhaitent-, à un arbitrage international.

Dans le cas d’espèce, la Majorité présidentielle, qui depuis quelque temps, affronte de plus en plus un discours de «souveraineté» contre celui d’«ingérence internationale», semble s’inscrire contre l’idée d’une médiation internationale chantant qu’il «appartient aux Congolais de régler, seuls, leurs problèmes». En face, l’UDPS soutient la thèse d’une personnalité neutre qui convient pour départager deux parties en conflit. Et cette personnalité ne saurait être un Congolais.

Quand, le 27 juin à Bruxelles, dans un message à l’occasion de la fête nationale, Etienne Tshisekedi réaffirme la nécessité d’organiser un dialogue, beaucoup voyaient l’UDPS comme participante au dialogue. Mais le derniers discours de Kabila est venu, dans une certaine mesure, enterrer cet espoir.

Pour une des rares fois que le pouvoir en place et l’UDPS s’accordent sur un point, voilà un préalable lié à la médiation du dialogue est sur le point de tout gâcher.

Par CN