Tshisekedi et Kabila dans le même bateau!

Plus rien ne s’opposerait désormais à la tenue de ce forum, voie de sortie à la crise actuelle.
Les deux discours les plus attendus pour fixer les uns et les autres ont enfin eu lieu. D’un côté, le chef de l’Etat qui, comme le veut la tradition, s’adresse à la nation à l’occasion de la fête de l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale. A la seule différence que, cette fois-ci, son speech coïncide avec les consultations organisées depuis le 1er juin en vue de la tenue du dialogue et, par ce fait, sa réponse était très attendue. De l’autre, le leader de l’Opposition, Etienne Tshisekedi, habitué lui aussi à s’adresser au peuple chaque année lors de la fête du 30 juin. Sa réaction par rapport au dialogue était tout aussi attendue. Ce qui devrait donc contribuer à faciliter la tenue du dialogue.

Comme à l’époque du maréchal Mobutu, la scène politique congolaise est bipolarisée. Deux camps politiques seront aux prises lors du dialogue national. Il s’agit de la Majorité, famille politique du chef de l’Etat, et de l’Opposition. C’est dans ce cadre que l’on souhaite souvent, même si cela n’a jamais été le cas, que la Société civile s’interpose entre les deux. Mais, depuis plusieurs années, la Société civile a coutume, même si on ne le dit pas officiellement, de se ranger derrière l’un et l’autre camp. Mais, politiquement, tous les partis et regroupements se retrouvent dans les deux compartiments, le centre ou le milieu n’étant en réalité que théoriques ou encore servant à certains de ne pas s’afficher publiquement.

LE DIALOGUE, VOIE ROYALE POUR LE RAIS COMME POUR« YA TSHITSHI »

Premier à adresser ses vœux au peuple congolais, Etienne Tshisekedi n’a fait aucun mystère sur sa position par rapport au dialogue en gestation. Allant même au-delà de toutes les estimations, le leader de l’Opposition congolaise a indiqué que  » la culture du dialogue est inscrite dans notre ADN « . Parlant du dialogue, le  » lider maximo  » de l’UDPS a déclaré :  » … le devoir m’impose de lancer un appel pressant aux parties en présence … de se retrouver rapidement sous la médiation internationale … en vue de se parler et de trouver ensemble une solution durable à l’actuelle crise politique « . C’est dire que le leader de l’Opposition congolaise est d’accord pour la tenue du dialogue.

Le chef de l’Etat a lancé les consultations justement pour se déterminer par rapport au dialogue. Or, à la lumière de différentes déclarations des consultés, on se rend vite compte que la majorité des Congolais soutiennent le dialogue. Ce qui pousse donc Joseph Kabila, même si les consultations ne sont pas encore terminées, à appréhender à sa juste valeur la pertinence du dialogue. « Bientôt, je mettrai fin aux consultations entamées et prendrai une disposition pertinente et qui s’impose en vue de matérialiser notre vision commune et sauvegarder ce qui nous est cher : la paix, la stabilité et l’unité de notre pays « . Même s’il ne l’a pas dit clairement, le Raïs manifeste sa détermination à organiser le dialogue.

IL NE RESTERAIT QUE QUELQUES DIVERGENCES A APLANIR

Si réellement les deux principaux acteurs de la scène politique congolaise, c’est-à-dire Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, sont d’accord sur le dialogue, qu’est-ce qui les divise finalement ? A première vue juste quelques divergences qui restent à aplanir. D’ailleurs, essentiellement, la divergence se situe autour du fait que, pour le pouvoir, le dialogue constitue une initiative du chef de l’Etat. Là où, du côté de l’Opposition, il est bel et bien question d’une disposition de l’Accord-cadre sign‘); »>sign’); »>sign’); »>signé à Addis-Abeba par onze chefs d’Etat africains sous la caution de l’Organisation des Nations unies. Or, l’Accord-cadre est d’abord un traité international avec un volet national. Et à ce titre, on ne peut pas seulement mettre l’accent sur l’ingérence extérieure pour récuser la caution internationale.

Tout comme on ne peut négliger l’aspect national de l’Accord-cadre dont s’occupe le Mécanisme national de suivi. Il est bien possible de s’accorder sur les deux aspects (national et international) à travers un modus vivendi qui faciliterait la tenue du dialogue. Les deux protagonistes devraient se retrouver ensemble pour évacuer ou surmonter leurs divergences. Car, seul le dialogue peut sauver la RDC d’un « chaos » qui résulterait de la persistance de la crise. Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi en sont conscients et l’ont évoqué. Avec un peu de volonté, il est possible de se mettre d’accord sur l’essentiel et de tenir un dialogue ouvrant la voie aux élections apaisées. Mais, cela nécessite d’abord et avant tout, l’implication de Kabila et de Tshisekedi.

L’AVENIR DE LA RDC REPOSE SUR KABILA ET TSHISEKEDI

Les divergences sont inhérentes à toute négociation en politique et chaque dialogue pousse souvent stratégiquement les uns et les autres à faire monter les enchères. Mais, généralement, la solution passe par la capacité des protagonistes à surmonter leurs divergences. Pour le cas sous examen, l’avenir de la RDC repose actuellement sur Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi. Le premier cité en sa double qualité d’autorité morale de la Majorité et surtout en tant que chef de l’Etat et donc de celui qui incarne les institutions de la République. Pour sa part, Etienne Tshisekedi dirige ce qui est considéré comme le plus grand parti de l’Opposition tant en termes d’assise réelle et donc d’ancrage dans la population qu’en nombre de sièges au Parlement.

Il y a donc politiquement en RDC deux géants sur la scène politique. Il revient désormais aux deux personnalités de mettre, chacun un peu d’eau dans leurs vins en vue de baliser la voie vers la tenue du dialogue. D’ailleurs, juste question de régler quelques formalités et toutes les conditions seront aussitôt réunies pour la tenue effective du dialogue.

Le souhait, c’est que les deux personnalités surmontent leurs divergences et entraînent, ipso facto, leurs légions politiques pour que toutes les questions faisant office de divergences soient réglées à travers le dialogue en vue de garantir l’avenir de la RDC à travers un processus électoral apaisé.

M. M.

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