Affaire Katumbi et consorts : des ONGDH réclament une justice indépendante

Le collectif des organisations non gouvernementales des droits de l’homme et de bonne gouvernance (ACAJ, LICOF, NSCC, ONJ …) demandent à la justice de faire preuve d’indépendance et d’impartialité dans le dossier relatif à la plainte articulée par le Chef de l’Etat contre le gouverneur de la province du Katanga, Moise Katumbi Chapwe et consorts. C’était au cours d’une conférence de presse tenue le samedi 27 juin 2015. Elles ont dénoncé toute démarche tendant à « organiser des procès spectaculaires dans le but déclaré de combattre la corruption, mais qui en réalité viseraient des opposants, concurrents ou adversaires politiques ».

Elles ont rappelé que plusieurs leaders de l’opposition et de la société civile croupissent à la prison de Makala à cause de leurs opinions et n’ont pas eu droit à des procès équitables. Pour rassurer l’opinion publique de son indépendance et impartialité, le Parquet Général de la République devrait, selon euxl, étendre son enquête à tous les cas lui soumis antérieurement par les parlementaires et ONG des droits de l’homme et de bonne gouvernance impliquant d’anciens collaborateurs du président de la république, d’anciens premiers Ministres et ministres, mandataires publics, des sociétés privées des secteurs minier, forestier et pétrolier.

Ces ONGD ont également relevé que l’inféodation de hauts magistrats au gouvernement ne garantit pas des enquêtes indépendantes et impartiales. Et le fait que des sources fiables aient évoqué notamment le nom de Moise Katumbi, qui s’était publiquement opposé, me la majorité des Congolais, à la modification de la Constitution, poussent à craindre une éventuelle instrumentalisation de la justice à des fins purement politiques à la veille de l’élection présidentielle de 2016.

Selon elles, la RDC est classée depuis plusieurs décennies dans la tranche variant entre 75 et 100% de corruption étatiques au monde, sans que le Parquet Général de la République n’engage des enquêtes sérieuses et efficaces pouvant déboucher sur des poursuites judicaires, et ce, malgré de multiples dénonciations des parlementaires et des ONG tant nationales et qu’internationales au sujet des cas de corruption, de détournement des deniers publics et de blanchiment des capitaux.

Ces ONGDH considèrent qu’à dix mois des législatives nationales et de la présidentielle de 2016, le Président de la République a la responsabilité principale de faire libérer tous les prisonniers politiques et d’opinions et de faire conclure un consensus national pour l’organisation d’élections transparentes et équitables, dans les délais constitutionnels.

Dialogue national : ne pas violer la Constitution

En ce qui concerne le dialogue, ces ONGDH sont préoccupées par l’agitation au sein de l’opinion autour des consultations présidentielles, qu’elles jugent sélectives, et s’interrogent sur l’intérêt et la volonté politique réelle du gouvernement et de la classe politique congolaise à organiser de nouvelles discussions nationales franches et sincères, sans violer la Constitution. Tout en réaffirmant leur attachement au dialogue permanent en démocratie, elles estiment qu’un dialogue réellement sincère ne peut nullement se tenir dans un environnement politique vicié.

Aussi invitent-elles le Chef de l’Etat à décrisper au préalable ledit environnement socio-politique en envoyant des signaux forts à ce sujet, en adressant un message à la Nation relatif à sa ferme volonté de respecter les délais constitutionnels d’organisation des élections présidentielle et législatives nationales avant décembre 2016, de souscrire à la tenue du dialogue national dans l’esprit de l’Accord Cadre signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de faire libérer tous les militants de la démocratie et des droits de l’homme et les prisonniers d’opinions et politiques.

En attendant le dépôt de son aide-mémoire au président de la République à ce sujet, le collectif de ces ONGDH condamne le comportement des certains acteurs politiques, partisans du statu quo, infiltrés dans la société civile, qui s’arrogent le pouvoir de porte-parole de celle-ci et sèment la confusion par leurs prises de position.

Murka

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