L’horizon politique s’annonce sombre au regard de la confusion qui règne actuellement autour de la question relative au processus électoral. Chacun campe sur sa position sans forcément accorder une place à la raison.

Où allons-nous dans ce contexte où tout ce qui intéresse chacun, c’est le fait de tirer le drap de son côté ? Dans moins de deux ans, la République Démocratique du Congo s’apprête à organiser un marathon d’élections. Au total, sept scrutins sont prévus par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) dans son calendrier global. La vie électorale en abondance, c’est tout ce qu’un pays en démocratie naissance me la RDC peut souhaiter. Mais seulement, il faut disposer des moyens de ses ambitions, notamment financiers. Or, avec des scrutins dont le coût global de financement se situe à 1 milliard 200 millions de dollars, 1epays n’est pas en mesure de supporter, seul et même avec un appui, cette lourde charge économique. L’argent, c’est encore et toujours cette contrainte des contraintes qui bloque sérieusement la machine. Ce qui appelle au réalisme.

L’opposition politique « radicale » elle, qui redoute nuit et jour le glissement, signe pour un ajournement des élections locales, municipales et urbaines pour libérer l’espace et surtout le temps à la très attendue présidentielle 2016. La Communauté internationale partage, à demi-mot, la même idée. Ce qui est hors de question pour le Majorité présidentielle qui tient mordicus au respect du calendrier global de la CENI. Pour le camp présidentiel, il faut d’abord vider les arriérés électoraux avant de poursuivre avec le reste. «Toutes les élections seront organisées malgré les contraintes financières », selon Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire exécutif de la Majorité présidentielle.

Les élections 1ocales, municipales et urbaines n’ont jamais été organisées dans le pays à cause du manque d’argent. Cette fois-ci, le pouvoir tient coute que cou- te à les organiser en priorité, alors que le même problème financier demeure, surtout que les partenaires internationaux disent clairement qu’ils ne peuvent pas les financer. Quand Minaku admet l’existence des contraintes financières et, au même moment, ne jure que par hi tenue des locales en priorité, l’intention parait clair pour cet analyste politique : « Cette fois-ci, à cause du manque d’argent, on veut sacrifier les élections présidentielle et législatives. me on avait sacrifié, en 2006 et en 2011, les locales pour la présidentielle ». Pure coïncidence ou calcul politique ? Cette option de la Majorité présidentielle est prise au moment où Joseph Kabila ne pourra plus se représenter pour un troisième mandat en 2016, selon la Constitution.

Cette embrouille politique dirige inéluctablement le pays vers un horizon incertain. Le dialogue, qui devrait permettre à chacun de mettre un peu d’eau dans le vin, est sur le point de devenir un rendez-vous manqué. Les partis p1ares de l’opposition politique ayant boycotté cette démarche.

Par CN