Ainsi, il préconise la formule « 1+4 » comme autrefois, c’est-à-dire, un président de la République assisté de quatre vice-présidents.

Il se présente comme chef suprême de Bundu dia Kongo et chef saint de l’Afrique centrale. Lui, c’est Ne Muanda Nsemi, député national élu sur la liste du parti politique « Congo Pax » de Me Marie-Thérèse Nlandu. Est-il qu’il à son propre parti baptisé « Bundu dia Mayala ». Mais ici. Il est question du penseur, du philosophe qui se fait une autre idée sur l’avenir de la République du Congo. En bref, le « Nlongi a Kongo » semble voguer à contre-courant de l’histoire.

« Kongo Dieto 1833 ». Telle est la référence de la dernière publication de l’ancien chef de « Bundu dia Kongo ». Après avoir été reçu par le chef de l’Etat, dans le cadre des consultations au Palais de la nation, le député Ne Muanda Nsemi largue sa formule pour sortir de la crise politique actuelle. Car, pour ce leader Kongo, il n’y a pas mille manières pour sortir de cette crise. Sa recette demeure loin de plaire à ses pairs de l’Opposition politique et à la communauté internationale. Le « grand maître de la sagesse Kongo » ne redoute nullement le glissement. A ses yeux, « la crainte du glissement n’est pas un talisman qui va améliorer tous les paramètres déficients du moment ». Que faire alors, s’interroge-t-il à travers son dépliant intitulé « le retour au un plus quatre ». Et de répondre : « Il faut réfléchir et décider ».

Le député Ne Muanda Nsemi prend ses responsabilités. « Votre crainte d’aboutir à un glissement est compréhensible. Mais, c’est à nous de choisir ou bien nous voulons organiser des élections crédibles, ou simplement des élections de mascarade ». C’est par ces mots qu’il débute sa réflexion profonde dans son dernier dépliant. Il propose donc sa formule pour sortir de la crise actuelle en allant au-delà des clivages Majorité-Opposition. Car, poursuit-il, « si nous voulons organiser des élections crédibles, alors nous sommes obligés de satisfaire certains préalables, notamment, le recensement de la population et le renouvellement du fichier électoral ». Et d’ajouter comme pour trancher : « Je le répète trois fois que, dans les conditions d’aujourd’hui, nous sommes en RDC incapables d’organiser des élections crédibles. Alors, il faut choisir, car notre crainte morbide du glissement n’est pas un talisman qui va améliorer tous les paramètres déficients du moment ».

UNE TRANSITION DE TROIS ANS MAXIMUM AVEC LA FORMULE « 1+4 »

Comme les conditions pour des élections crédibles ne sont pas réunies, Ne Muanda Nsemi propose une transition de trois ans maximum. Pendant cette période, préconise-t-il, « nous allons tout faire pour remplir ces conditions ». Mais alors, de quel type de transition politique s’agira-t-il ? « Pour cette période de transition, nous revenons à la formule un plus quatre. Ainsi, la RDC sera dirigée par un président de la République, secondé par quatre vice-présidents », indique-t-il. Une proposition qui n’est pas du goût de ses pairs de l’Opposition, et de la communauté internationale parce qu’elle fait la part belle au fameux glissement tant redouté en ce que Joseph Kabila pourrait rester à la tête de la RDC jusque 2017 et même bien au-delà. Contrairement à la thèse défendue.

D’après la proposition de Ne Muanda Nsemi, sur les quatre vice-présidents de la République, le premier représentera la Zone Ouest de la RDC (Kongo Central, Bandundu, la Mongoli et la Mongala) le second représentera la Zone du Nord (Province Orientale, Nord-Kivu et Sud-Kivu), le troisième représentera la Zone du Sud-Est (Maniema et Katanga) et, enfin, le quatrième représentera le Centre du pays (Kasaï et le Sankuru). La Zone Ouest, tient à préciser l’ancien chef de « Bundu dia Kongo », est représentée par Ne Muanda Nsemi et Jean-Pierre Bemba. « Ce dernier étant en prison à la CPI, il ne reste que Ne Muanda Nsemi sur cette zone », souligne l’auteur de « Kongo Dieto 1833 ».

Avant de lancer : « C’est pourquoi, les Bakongo préfèrent Ne Muanda Nsemi qui est le grand défenseur du Kongo Central et son peuple ».
UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION ET DES DEPUTES PROVINCIAUX COOPTES

Qui représentera chaque zone à la vice-présidence ? S’il se place en bonne place pour la Zone Ouest, en dehors de JP Bemba, Ne Muanda Nsemi soutient que, pour la Zone du Centre, le choix devra se faire entre Etienne Tshisekedi et Beltchika. « Tshisekedi étant devenu trop vieux et malade, il reste Beltchika ». En ce qui concerne la Zone du Sud-est, il propose un choix entre Thambwe Mwamba, Gabriel Kyungu, Henri Mova et Lunda Bululu. S’agissant de la Zone du Nord-est, il aligne Azarias Ruberwa, Vital Kamerhe, Julien Paluku et Anzuluni Bembe. Le Gouvernement, durant cette nouvelle transition de trois ans, sera dirigé par un Premier ministre et les ministres seront nommés en accord avec le vice-président représentant sa zone d’origine. Mais, Ne Muanda Nsemi ne dit rien à propos du choix du Premier ministre, s’il sera de la Majorité ou de l’Opposition.

Les assemblées provinciales seront aussi de la partie durant cette transition, explique Ne Muanda Nsemi. « L’Assemblée provinciale sera composée par des députés provinciaux cooptés à raison d’un quota qui représentera le pourcentage de popularité du leader qui le représente dans la province. Cette assemblée provinciale désignera les sénateurs qui vont représenter la province au niveau national ». Mais, rien n’a été dit sur les députés nationaux, peut-être que l‘Assemblée nationale bénéficiera d’une prolongation, dictée par la nouvelle transition politique souhaitée par le député national Ne Muanda Nsemi. C’est donc la formule que propose l’homme de Luozi pour sortir de la crise actuelle et ainsi préparer l’organisation des élections crédibles en RDC.