Dialogue politique: Kabila face à l’équation UDPS

La mayonnaise du président de la République a encore du mal à prendre. Le dialogue politique envisagé risque de ne pas atteindre des résultats escomptés, à l’instar des concertations nationales.

Car, l’exigence d’un format conforme aux prescrits de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba est toujours de mise à 1’UDPS, principale interlocutrice politique du Raïs après le refus des autres partis d’opposition. Pas question de prendre part û un dialogue proposé par Joseph Kabila et ses affidés. C’est du moins la substance de la position de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Pourtant, ce parti d’opposition était le premier à réclamer ce dialogue. Au Palais de la Nation où le président de la République consulte les différents groupes confessions religieuses, partis politiques…).

l’UDPS, elle, répond aux abonnés absents. Pour cause ? « Comment peut-on parler de consultations et au même moment, parler d’un dialogue ? Je ne sais pas si les deux choses sont interchangeables. Mais en tout cas à l’UDPS, nous nous en tenons à l’Accord- cadre et à la feuille de route telle que définie par le Président Tshisekedi », a déclaré hier, jeudi 4 juin, un des porte-paroles du parti sur les antennes de Top Congo.FM.

Pour l’UDPS, le promoteur du dialogue c’est l’Accord-cadre et non le président de la République. Une position qui est également soutenue par le Secrétaire national chargé des relations extérieures du parti. Félix Tshisekedi. « Le dialogue que nous prônons doit se faire sous ‘égide de la Communauté internationale, sinon nous n’y participerons pas », avait-il affirmé à Jeune Afrique. Avec qui donc Kabila va-t-il dialoguer ? Même l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, qui s’était déclaré favorable à ce dialogue est sur le point de faire, volte- face. Les dernières déclarations de son parti laissent désormais planer le doute sur son éventuelle participation à ces discussions. L’on se souviendra que lors de son dernier discours sur l’état de la Nation, Joseph Kabila avait stigmatisé l’attitude de l‘opposition qui a tendance «à recourir systématiquement à l’étranger pour régler » des différends. S’il faut s’en tenir à cette position du Raïs, un dialogue dans le goût de l’UDPS ne serait donc pas convoqué.

Et de facto, l’UDPS risquerait d’être à nouveau hors jeu. Ce qui pousse à dire que le vrai problème qui fait appel à ce dialogue ne sera donc pas résolu. A l’instar des concertations nationales qui aux yeux de certains observateurs, n’ont accouché que d’une petite souris. De la même manière, le dialogue tant entendu risque de produire les mêmes effets, si les gros poissons de l’opposition continuent à nager à contre courant.
A moins que Kabila, dans sa façon légendaire de faire des concessions, accepte finalement le format exigé par l’UDPS. Cela, comme il en avait été le cas à Sun City (Afrique du Sud) où pour retrouver la paix, l’homme avait accepté une formule politique atypique : (1+4).

Par Dido Nsapu

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