Sept mois après sa chute, l’ex-locataire du Palais de Kosyam, Blaise Compaoré séjourne toujours sur les bords de la lagune Ébrié en compagnie de son épouse Chantal. Mais l’histoire d’amour scellée au mois de Juin 1985 aurait désormais du plomb dans les ailes. De l’entourage proche de l’ex-couple présidentiel, Chantal Compaoré vivrait très mal la perte du pouvoir par le « beau Blaise » au point de faire d’une reconquête du pouvoir une hantise que ne partage pas son époux.

La métisse Chantal Compaoré est une native de Dabou, cité lagunaire de l’ouest d’Abidjan ou résidait sa mère Simone décédée en 2011. « Chantou » est née Terrasson de Fourgères, et fut autrefois majorette émérite et handballeuse de talent.

Les faits qui accablent l’ex-Première dame du Faso.

Une semaine après l’arrivée du couple à Yamoussoukro dans l’imposante Villa des Hôtes, ceinte d’une verte pelouse et surnommée « le Giscardium » pour avoir eu comme premier locataire, dans les années 1970, un certain Valérie Giscard D’Estain, Chantal Compaoré aurait durement manœuvré, sans véritablement en informer son époux, selon les sources proches du dossier, pour obtenir le virement de Ouagadougou vers Abidjan d’un montant de 3 millions d’euros ( 1,8 milliards CFA) auprès de la Banque UBA. Un transfert qui n’est pas passé inaperçu et qui a eu pour conséquence immédiate le gel des comptes de tous les ex-dignitaires du régime Compaoré.

Mais l’histoire était trop belle pour s’arrêter là pour celle qui n’avait jamais caché son goût pour les plaisirs mondains. Accrochée à son téléphone à longueur de journée elle tente par tous les moyens de faire revenir le « Beau Blaise » au pouvoir en mettant au travail son réseau : hommes d’affaires, banquiers, hommes politiques africains, Premières dames et même certains marabouts béninois..
Selon des propos rapportés par un visiteur nocturne du couple, Blaise Compaoré n’aurait de cesse de répéter à son épouse :

« est-ce que je t’ai dit que je souhaite reprendre le pouvoir? »

Succession d’événements

Décembre 2014, alors que toute la famille s’est réunie à Abidjan pour célébrer le nouvel an, en plein dîner Blaise Compaoré aurait pris la parole pour revenir sur les événements qui ont entraîné sa chute et en assumer l’entière responsabilité. Mais c’était sans compter sur le soutien sans faille de sa fille Djamila qui aura eu des mots très durs envers sa mère Chantal Compaoré, montrée du doigt en grande partie comme celle qui aurait, entre autres faits, conduit au départ du pouvoir de son père par notamment son goût immodéré pour le champagne, cigare, en somme, les soirées arrosées. Cet épisode aura été vécu comme un véritable drame familial.

Mais dans la longue liste de reproches faits à l’ex-Première dame se trouve sa tendance à collaborer avec les opposants à son époux notamment la famille Kaboré. En effet avant les événements d’octobre 2014, alors que Rock Marc Christian Kaboré s’était officiellement opposé à la révision de la constitution dès les premières semaines du mois de Janvier de la même année, « Chantou » recevait toujours à dîner et ou déjeuner la famille Kaboré dans l’une de ses somptueuses villas de Ouagadougou, et ne s’en cachait point.
Réaction d’un proche de la famille sous anonymat :

« Chantal a commis l’erreur monumentale de continuer à collaborer avec les opposants à son époux avant et après la chute de ce dernier ».

30 ans !

À quelques jours de la célébration du 30e anniversaire de mariage du couple, les époux Compaoré qui ont choisi comme terre d’asile et d’exil la Côte d’Ivoire traversent une véritable ,zone de turbulence. Tout un symbole ! Puisque ce serait sur les bords de la lagune Ébrié – selon la thèse la plus répandue, qui n’est pas forcément la vraie, rapportée par notre confrère Vincent Hugeux – que < Blaise, ministre d’Etat chargé de la Justice en ce temps-là, « flasha » sur sa future lors d’un banquet donné en l’honneur de sa délégation à l’Hôtel Ivoire. Il se murmure même que Chantal avait été infiltrée au sein de la cohorte des hôtesses. Et que le visiteur, conquis, lui aurait fait porter une lettre assortie de sa carte de visite> La suite est connue de tous.

Ce qui est une évidence, la situation critique que traverse le couple Blaise et Chantal Compaoré n’est en rien comparable à celle vécue par Nicolas et Cécilia Sarkozy, ou François Hollande et Valérie Trieweller ou encore Patience Dabany et Omar Bongo, et n’apparaît évidemment pas comme une priorité aux yeux des Burkinabés dont les regards sont tournés vers le 11 Octobre, date annoncée pour la tenue de la présidentielle au pays des hommes intègres.

Alex FARNOLLE
Source: afrikatv