Le Front populaire de Jean-Pierre Lisanga Bonganga a déjà fait son choix sur le candidat président de la République à soutenir en 2016.

Ce sera Etienne Tshisekedi de l’UDPS.  Depuis la paroisse Notre Dame de Fatima, où il a animé un point de presse hier, mardi 5 mai 2015, Lisanga Bonganga a lancé un appel au rassemblement autour de Tshisekedi, le seul, à ses yeux, capable d’incarner l’alternance. Avant tout, le Front populaire insiste sur la nécessité de la tenue d’un dialogue inclusif avec pour ordre du jour, les conditions d’organisation des élections.
Il se signale à nouveau, après une période d’observation de la scène politique congolaise. Lisanga Bonganga s’est, en effet, réalisé que l’élite congolaise a failli à sa mission depuis l’indépendance du pays en 1960. Une élite incapable, selon lui, à assumer les responsabilités historiques. Dans moins de deux ans, une élection présidentielle est prévue en RDC. Le Front populaire s’y projette déjà. La perspective d’une alternance républicaine, après plus d’un demi-siècle du surplace, pousse Lisanga Bonganga à se placer, d’après ses propres termes, du bon côté de l’histoire. L’occasion tant rêvée pour mettre fin à la crise de légitimité qui a longtemps caractérisé le pays. Conséquence de cette crise, la RDC a raté son décollage économique. Voici, ainsi, un pays potentiellement très riche qui se retrouve parmi les plus pauvres du continent. Etablissant les responsabilités, le leader du Front populaire  estime que, comme le colonisateur belge, l’élite congolaise est autant comptable de la déliquescence du pays.
Pacte brisé
Il regrette que le pacte républicain, conclu à l’issue du Dialogue inter-Congolais de Sun City,  ait été brisé. Pourtant, le consensus dégagé à Sun City avait permis au pays de se doter d’une Constitution adoptée par référendum. Quand bien même, par la suite, ajoute-t-il, les élections de 2006 et 2011 n’ont pas résolu la question fondamentale de la crise de légitimité. Pour convaincre, Lisanga Bonganga s’appuie notamment,  sur l’alinéa 2 de l’Exposé des motifs de la nouvelle loi électorale modifiant et complétant la loi du 25 juin 2011. Il fait remarquer qu’il est consigné en noir : « Ce processus a donné lieu à diverses critiques de la part des parties prenantes et des observateurs à différents degrés, qui ont stigmatisé notamment, le manque de transparence dans les opérations de vote et de compilation des résultats ainsi que la probité des agents commis à l’organisation des élections ».
Dialogue inclusif
Lisanga en tire la conclusion selon laquelle la RDC est ramenée à la case départ. Alors que la résolution de la crise de légitimité est vue par le Front populaire,  comme un préalable pour stabiliser, administrer et donc,  gouverner correctement ce ‘‘véritable sous-continent’’ qu’est la RDC. De la même manière que le Front populaire s’est battu contre la révision de la Constitution en 2014 et en janvier 2015, il s’opposera avec l’énergie du désespoir à toute tentative de glissement des mandats. Dans l’entre-temps, Lisanga Bonganga conditionne la tenue des élections crédibles et apaisées en RDC à l’ouverture d’un dialogue inclusif. Un dialogue à la recherche du consensus national portant sur les conditions d’organisation des élections.