Le Rwanda « préoccupé » par la sécurité de la population du Burundi

Le Rwanda, qui accueille le plus grand nombre de réfugiés fuyant la crise actuelle au Burundi, affirme que « la sécurité de la population innocente » dans ce pays voisin est « une responsabilité régionale et internationale ».
L’opposition et la société civile burundaises manifestent depuis le 26 avril contre un troisième mandat pour le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza.

Dans une déclaration rendue publique lundi, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, indique : « Nous prenons au sérieux les rapports (faisant état) de liens (de la crise en cours au Burundi) avec les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) ainsi que les centaines de réfugiés traversant quotidiennement la frontière rwandaise, mais surtout l’impératif de la protection des civils ».

Considérés comme l’une des principales sources de l’insécurité devenue récurrente dans la région des Grands lacs africains, les rebelles hutus des FDLR sont basés depuis plusieurs années dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine du Rwanda et du Burundi.

Certains de leurs membres sont accusés par Kigali d’avoir pris part au génocide des Tutsis de 1994, dans leur pays d’origine.

« Nous lançons un appel aux dirigeants Burundais à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour ramener le pays à une situation pacifique. Nous allons continuer à travailler avec la région et la communauté internationale pour soutenir la paix », poursuit la chef de la diplomatie rwandaise sans préciser la nature de la contribution de son pays.

«Bien que nous respections la souveraineté du Burundi dans le traitement des questions internes, le Rwanda considère la sécurité de la population innocente comme une responsabilité régionale et internationale», insiste Mme Mushikiwabo.

Dans une interview publiée par le magazine Jeune Afrique début avril dernier, le président Paul Kagame avait dit craindre que la situation au Burundi ne soit exploitée par les FDLR.

« Si j’en crois ce que l’on nous rapporte de différentes sources, nous avons, en tant que voisins, quelques motifs sérieux d’inquiétude. Le climat politique est tendu, des risques d’explosion existent, et nous craignons que cette spirale potentielle de violence soit exploitée contre nous par les forces négatives qui opèrent dans l’est de la RD Congo », avait déclaré Kagame.

Quelques jours plus tard, le président burundais, Pierre Nkurunziza avait rencontré son homologue rwandais à Huye, dans le sud du Rwanda.

Selon des sources, l’entretien avait été largement dominé par les tensions au Burundi à l’approche de la présidentielle de juin prochain.

Pendant ce temps, des Burundais continuent d’affluer au Rwanda. Et pas des moindres. Selon le quotidien privé rwandais, New Times, qui cite des sources administratives rwandaises, le vice-président de la Cour constitutionnelle du Burundi, Sylvère Nimpagaritse est arrivé lundi dans le district rwandais de Rusizi. Le juge burundais a fui son pays alors que la Cour constitutionnelle, saisie par un groupe de sénateurs, doit encore se prononcer sur la légalité ou non d’un nouveau mandat du président Pierre Nkuzunziza.

Parmi les autres responsables burundais qui ont déjà franchi la frontière avec le Rwanda, figurent le député Thomas Bukuru et deux maires de communes.
Signature : APA

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