Un soldat blessé après une incursion de troupes rwandaises dans l’Est de la RDC

Kinshasa – Un soldat congolais a été blessé après une incursion de troupes rwandaises dans l’Est de la République démocratique du Congo qui a provoqué des tirs, a-t-on appris jeudi auprès de l’armée congolaise.

L’incident frontalier a eu lieu mercredi au Nord-Kivu, dans la zone de Chanzu, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Goma, la capitale de cette province voisine du Rwanda et de l’Ouganda, a déclaré à l’AFP le général Léon-Richard Kasonga, porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC).

Un groupe assez important de soldats rwandais a fait une incursion sur le versant (ouest) de la montagne et a établi une position défensive à 900 mètres à l’intérieur du territoire congolais, a affirmé l’officier.

Deux compagnies de l’armée congolaise en patrouille ont découvert la position, a-t-il ajouté.

On a ouvert le feu et les Rwandais sont partis, mais un de nos éléments a été blessé, a encore dit le général.

Interrogée à Kigali par l’AFP, l’armée rwandaise a refusé de faire le moindre commentaire sur cette affaire.

Joint par téléphone, un officier congolais ayant participé aux opérations a affirmé pour sa part que la position rwandaise, sur la colline de Sabinyo, avait été découverte dans l’après-midi par deux pelotons et qu’elle était tenue par une quinzaine d’hommes.

Après les échanges de tirs, a-t-il ajouté, les soldats congolais se sont repliés, mais non les Rwandais qui semblaient toujours présents jeudi matin au vu de la fumée provenant de l’endroit.

Chanzu, est le dernier bastion a avoir été évacué par le Mouvement du 23 Mars (M23), rébellion congolaise à dominante tutsi soutenue par le Rwanda, au moment de sa défaite en novembre 2013.

Le territoire de Rutshuru, dans lequel se trouve Chanzu, abrite des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), opposés au président rwandais Paul Kagame.

L’armée congolaise a lancé fin février une opération contre cette milice dont certains des dirigeants et des membres les plus anciens sont présents dans l’est du Congo depuis la fin du génocide rwandais de 1994, auquel ils sont accusés d’avoir participé.

L’armée congolaise, qui a décidé de mener cette opération sans l’aide des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), dit vouloir obtenir la reddition des quelques 1.500 combattants que compteraient encore les FDLR.

M. Kagame, qui ne cesse de réclamer la mise hors d’état de nuire de ces rebelles, a déclaré fin mars à l’hebdomadaire Jeune Afrique qu’il croirait à cette opération quand les résultats […] seront là.

L’absence de la Monusco ne fait que renforcer notre détermination à ne compter que sur nos propres forces, avait-il ajouté.

Les incidents frontaliers sont fréquents entre le Rwanda et la RDC : il n’est pas rare que des patrouilles des deux armées se rencontrent, sans forcément s’affronter, autour de cette frontière bornée à la suite d’un accord entre la Belgique et l’Allemagne en 1910 et aujourd’hui plutôt mal délimitée.

En juin néanmoins, les choses avaient dégénéré. Une incursion de troupes rwandaises ayant établi des positions à environ 1 km de la frontière avait donné lieu à deux jours d’affrontements, incluant des duels d’artillerie lourde.

Les relations entre le Congo et son petit voisin sont tendues. La RDC a été envahie par les troupes rwandaises pendant les deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003) et, jusqu’à la chute du M23, Kigali a soutenu plusieurs milices congolaises à dominante tutsi qui se sont succédé au Nord-Kivu.

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire